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 Face à face ; Rachel

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MessageSujet: Face à face ; Rachel Mar 26 Aoû - 12:01

Un tintement strident perce les méandres de l’appart’. Un œil, puis deux. Sous l’effet de l’alarme mal réglée, Robb ouvre difficilement les paupières, l’extirpant aussi d’une torpeur qui l’aurait certainement fait basculer vers un sommeil quasi profond. Chose qu’il n’avait pas vécu depuis bien trop longtemps. Force est de constater que Morphée l’avait bel et bien abandonné, il délaissa avec raideur son canapé, et propulsa un regard brouillé vers le cadran de son réveil. 23.14 PM. Une nuit blanche de plus, à éplucher des rapports, des témoignages, des dossiers, les yeux rivés sur des clichés sordides qu’il n’arrivait plus à éliminer de son esprit, à somnoler pour finalement se réveiller brutalement, souvent rattrapé par son quotidien macabre. Le cul vissé sur son sofa, il se débarbouilla le visage d’une main ferme, et alluma une cigarette, premier reflexe du flic. Il surplombait tout un tas de paperasse qui s’accumulait depuis plusieurs jours sur sa table de salon. Un amas d’informations sur une dénommée Emy Childs, strip-teaseuse et escort. Une photo d’elle se démarquait très nettement du reste ; le visage boursouflé, parsemé d’hématomes, de cicatrices béantes, le nez écrasé : La jeune femme n’était plus qu’un corps, sans identité, sans âme. D’après les témoignages, elle tapinait pour le compte de Papy S. En sondant l’image, l’aigreur de Flynn envers cet enfant de salaud ne faisait que s’amplifier. Mettre le maq’ derrière les barreaux était devenu son cheval de bataille, depuis bien longtemps. La dépouille d’Emy a été retrouvée il y a deux jours, jonchant une ruelle d’Old Gotham. Violée, et battue à mort. L’autopsie avait révélée la présence de cocaïne dans le sang, aux proportions qui ne faisaient pas de doutes sur la fréquence de ses shoots. Une véritable camée. Il resta un moment figé devant les photographies, puis se décida finalement à décoller, incapable de resté inactif. Un café, une douche, un café, en guise de petit déjeuner, et le voila parti. Direction : l’inconnue.

Le vieux Gotham, l’apocalyptique, les tréfonds où se mêle avec une symbiose inquiétante toute la pourriture de la ville. Calfeutré dans son blouson noir, l’incandescence de sa cigarette laissait sur son passage une fumée épaisse. Sa cadence est assurée, et rapide : inutile de s’éterniser dans les rues du quartier. Une fois à destination, l’Homme avise l’immeuble quelques instants, jette son mégot sur le trottoir et pénètre dans l’antre. En gravissant les marches, il sent le holster de mon arme se frotter à son abdomen ; contact rassurant. Arrivé devant la porte, il toque trois fois, et attends que la locataire daigne ouvrir.

Andersen. L’évocation du nom soulève en lui une lourde sensation, pesante. Son palpitant s’emballe alors. Dès lors, il songe à toutes ces fois où son nom est apparu dans des affaires, à ces fois où, comme un paria dicté par d’étranges convictions, il effaçait toutes ces preuves l’incriminant.

Selon le témoignage d’une strip-teaseuse, collègue d’Emy Childs, son dealeur était aussi son petit-ami. Un certain Ike Sullivan. Déjà lourdement fiché dans les services de police, son nom était déjà apparu dans une affaire de dope. Le nom de Rachel Anderssen y figurait également …

« Bonsoir Rachel … » Un temps, il cherche ses mots. La revoir semblait le déstabiliser bien plus que il ne l’aurait voulu. Pourtant, il tente de ne rien montrer, et feint l’indifférence des retrouvailles. Son regard cerne le sien, la cible. Il joue son rôle de flic, et essaie d’omettre leur passé.
« Désolé pour l’heure, et cette visite certainement inatendue.J’aimerais te poser quelques questions ; c’est urgent … » Lache-t-il, d'un ton sec, sans détachement. Robb était flic, Andersen une témoin. Rien de plus.
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Mer 27 Aoû - 16:00

    Allongée dans un bain brûlant, Rachel laissait le poids de ses responsabilités s'envoler dans les volutes formés par la vapeur d'eau. Malgré un été chaud et moite, la jeune femme avait ressenti le besoin de se plonger dans l'eau bouillante, de se laisser ainsi engourdir. D'une main molle et approximative, l'anglaise essaya d'atteindre le joint et la boîte d'allumettes qu'elle avait disposé sur un monte-pied à côté de la baignoire. Elle passa bien une minute à tourner autour, ne les rencontrant que brièvement du bout des doigts. Finalement, sa patience étant limitée, elle finit par se lever et se servir directement, abandonnant un instant sa vacuité. Vacuité vite reprise. Tout en le laissant glisser dans la baignoire, Rachel se coinça le joint entre ses lèvres encore maquillées de la journée et l'alluma. La première bouffée lui tira une moue vaguement écœurée. Elle n'avait pas fumé d'herbe depuis des années, préférant altérer son état de conscience à l'aide d'alcool. Et elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait voulu retenter l'expérience. Le goût amer de l'herbe, pourtant dite de bonne qualité, lui rappela pourquoi elle avait écarté le joint de ses vices annihilant le stress et la pression. Finalement, au bout de quelques taffes, la jeune femme se détendit, ne sentant non plus son corps couler dans l'eau mais flotter au-dessus, gracieux et léger, comme en apesanteur.

    Trois coups frappés à la porte la tirèrent de sa torpeur. Sortie de l'eau à présent froide du bain il y avait de cela une dizaine de minutes, Rachel s'était entourée la poitrine dans une serviette qui peinait à lui cacher les fesses. Les cheveux tirés en arrière, tenus par le poids de l'eau, la jeune femme resta un instant absente, se demandant qui cela pouvait bien être. Engourdie et distraite, l'anglaise finit par sortir de sa salle de bain et s'avança vers la porte. Cela devait-être Madame Gordon, sa voisine de palier. La vieille lui avait emprunter trois plats afin de pouvoir cuisiner : elle recevait de la famille et n'avait pas assez de plat pour mener à bien son orgie culinaire. Sans regarder dans le judas, Rachel ouvrit, prête à affronter sa voisine.

    Lorsque ses yeux se posèrent sur Robb, son sang se glaça. Toute la léthargie engendrée par la chaleur de l'eau et l'herbe disparut, comme balayée par une violente baffe. Rachel manqua de lui claquer la porte au nez pour aller s'enfermer dans sa salle de bain et ainsi recréer la bulle dans laquelle elle s'était perdue l'heure précédente. Finalement, Robb s'annonça en tant que flic. Succéda alors à la surprise la colère. Putain, il se foutait de sa gueule ? Lui poser quelques questions ? Le visage de la jeune femme se durcit, et le ton glacial, elle rétorqua :

    Urgent ? Franchement, j'ai pas envie de répondre encore à tes questions...

    Le double sens était évident, et pensé. Néanmoins, elle l'invita d'un coup de menton à entrer. Son appartement était vierge de toutes ses activités illicites, il pouvait donc y fourrer son nez le temps qu'elle se passe quelque chose. Après lui avoir demandé de l'attendre cinq minutes, Rachel fila jusque dans sa chambre, laissant tout le loisir à son ex de l'observer de dos, les fesses à peine voilées. Un débardeur et un slim plus tard, Andersen revint. Elle posa nonchalamment un morceau de cul sur l'accoudoir de son canapé et interrogea son visiteur :

    Que me vaut ce plaisir ?

    Oui, elle avait envie de jouer la connasse. On ne pouvait pas dire qu'ils s'étaient quittés en mauvais terme, mais Rachel avait été blessée par la manière dont Robb l'avait soudainement rejeté. Il avait pourtant vécu très heureux avec ce secret durant bien un an... Mais savoir changeait tout. Cela changeait toujours tout avec Robb. Rien n'avait plus de valeur que la vérité à ses yeux. Il n'avait pas su comprendre qu'elle avait menti pour le protéger, pour se protéger, et pour protéger ce qu'ils formaient.
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Jeu 28 Aoû - 10:13


    Quelle idée. Les secondes s’égrènent, un regard qui sonde l’autre, une ambiance électrique. Flynn ne tarde pas à remettre en cause sa démarche, sa présence ici-même au seuil de son appartement. Il était venu sur cette terre hostile dans l’espoir de puiser de précieuses informations sur son enquête, mais, au fond, que cherchait-il réellement ? L’affaire Childs n’était-elle pas juste un prétexte, une excuse pour pouvoir la retrouver ? La question lui avait brièvement traversé l’esprit, c’est vrai. Mais en aucun cas il ne pouvait se résoudre à laisser une emprunte de fragilité débrider son enquête ; et surtout, il ne voulait pas dévoiler une quelconque trace d’émotion à l’égard de la jeune femme. C’était du passé.

    Il récolta l’accueil glacial qu’il méritait sans doute, mais peu importe. Robb la connaissait, et avait conscience du potentiel de son caractère. Il s’immisça dès lors au cœur de son appartement. Les mains fourrées dans les poches, il progressait à tâtons, filant des yeux l’univers d’Andersen ; une soudaine impression de transgresser son intimité le saisissait alors. C’était vraiment étrange de se retrouver ici, pensa t-il. Silencieux, James observait le séjour, avant de laisser ses yeux dérivés sur les courbes de la jeune femme qui s’en allait, enroulée d’une serviette, vers une pièce adjacente. Des monceaux d’un souvenir commun lui revinrent alors en tête ; un souvenir où il se souvient avoir été véritablement heureux, avec elle. La voir ainsi le surprenait même à ressentir un réel désir à son égard. Pour ne rien laisser paraître il redirigea ses pensées vers les bribes de son enquête, et fit quelques pas dans les quatre coins de la pièce. Rien à signaler.

    Rachel revînt quelques minutes plus tard, dans une tenue qu’elle semblait probablement plus appropriée. Robb n’avait pas décidé d’amorcer la conversation, il préférait confier la tâche à la jeune brune. N’étant pas dans une position propice à la récolte de réponses, il fallait mieux qu’il ne précipite pas les choses.

    Que me vaut ce plaisir ? Déclare t-elle, tranchante et expéditive. Son comportement n’étonna pas le flic. Il n’en attendait pas moins. Cependant, désireux de faire avancer ses recherches, il ne se laissa pas démonter. Ca n’était de toute façon pas dans ses habitudes.
    Je vais être bref, Rachel. Il fallait l’être, de toute manière. Le flic plonge une main dans la poche intérieure de son blouson en cuir, pour en sortir deux clichés de la défunte prostituée, une de son vivant, et l’autre montrant un corps inerte et souillé. Emy Childs. Strip-teaseuse, et tapineuse à ses heures. Son corps a été retrouvé à Old Gotham, il y a deux jours, dans un conteneur. Violée  à plusieurs reprises, et sauvagement torturée ; un calvaire qui aurait duré une bonne heure, d’après nos analyses. Il marque un temps. Ses yeux se décollent enfin des photos, pour attrapés ceux de Rachel, afin d’y lire quelque chose. Debout face à elle, il la surplombait nettement. Il reprend, finalement. Le labo a détecté la présence de stup’ dans son sang. Beaucoup, en fait. C’était une camé, et d’après un témoin, c’était son petit-ami qui lui fournissait sa merde. Un certain Ike Sullivan, ça t’parle ? Robb était intiment convaincu que oui. Il le savait, Andersen possédait un réseau conséquent dans le milieu ; oui, à son plus grand désarroi, il le savait même très bien.

    Il était conscient de l’étrangeté de la situation ; lui en tant que flic, elle en tant que témoin d’affaire, alors que tant de fois il l’imaginait encore nichée dans le sillon de ses bras.
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Ven 29 Aoû - 13:50

    Rachel était incapable de rester indifférente à la présence inattendue de Robb. D'ailleurs, ne pouvant la feindre, la jeune femme s'était laissée emporter par une hostilité marquée et massive. Elle lui en voulait. Elle lui en voulait de débarquer ainsi dans sa vie, de tout foutre en l'air sous prétexte d'une enquête dont tout le monde se foutait. Ok, c'était bien malheureux pour cette Emy Childs, mais la vie était ainsi mal faite : des innocents crevaient tandis que leurs bourreaux survivaient.
    Malgré cette agressivité palpable, l'anglaise n'avait aucun mal à se rappeler des moments, si ce n'était heureux, sereins passés ensemble. Elle se souvenait parfaitement de leur première rencontre. Rachel fêtait à peine ses vingt-deux ans, après quatre ans passés à essayer de se faire une place à Gotham. Robb avait été sa bouffée d'oxygène, le seul capable de lui sortir la tête de l'eau trouble de la criminalité. A ses côtés, elle avait presque eu l'impression d'être normale. Il l'avait prise tel quel, sans plus poser de question. C'était pour cela que leur séparation avait été des plus douloureuses : il avait toujours respecté ce qu'elle était, et si elle ne lui avait pas menti, peut-être qu'ils seraient encore ensemble. Peut-être aurait-il même réussi à la sortir de la rue... Or, aujourd'hui, ils se faisaient face, lui flic, et elle criminelle.

    Sa manie de l'appeler constamment par son prénom agaça la jeune femme. Qu'avait-il à prononcer ainsi son prénom ? Se délectait-il du nectar d'une époque où les sentiments animés l'évocation de ce prénom ? Ou jouait-il les pères autoritaires qui la forçaient à se sentir concernée en lui rabattant les oreilles avec son patronyme ? C'était tout bonnement insupportable.

    D'un regard morne, la jeune femme balaya les deux clichés présentés. La pute n'était plus très belle à voir. Mais Rachel ne s'en émeut pas. Elle ne pouvait se permettre de plaindre cette pauvre fille, même si elle aurait pu suivre le même chemin qu'elle. Seule sa persévérance et sa perspicacité avaient sorti Rachel de la misère. Même si elle se refusait à se la rappeler, elle était passé sous quelques bureaux avant de pouvoir être la femme qu'elle était. Mais le passé appartient au passé, non ? A présent elle était une femme de pouvoir, associée du cartel à Gotham. Les cadavres allaient se multiplier, et la mort ne devait plus l'émouvoir.

    L'anglaise écouta le discours du flic, impassible et inexpressive. Essayait-il de susciter une quelconque émotion chez elle ? Encore une fois, c'était malheureux pour cette pauvre gosse, mais concrètement, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Au mieux, elle s'indignait de savoir des hommes encore capables de violer et de torturer. La nature humaine est sombre et sauvage. Rachel ne s'en étonnait plus, s'en scandalisant juste à travers de tristes constats. Des vies entières étaient ainsi balayées, mais que pouvait-elle y faire ?

    Ike Sullivan. Rachel réprima un rictus. Ce petit con avait rejoint le cartel, et donc faisait à présent partie de la famille. Andersen se devait de le protéger : ce connard pouvait baver aux flics. D'ailleurs, elle aurait certainement à s'occuper de lui et sa capacité à garder son claque merde fermé. Sullivan état un petit dealer de maigre envergure mais possédait un territoire intéressant. Rachel l'avait elle-même contraint à rejoindre les rangs d'Esteban Alvarez. Sullivan avait protesté pour la forme avant de se rallier au cartel. Une vraie couille molle. Et là était le danger : ce con risquait de les balancer aux flics. Bien évidemment, ce toquard ne connaissait pas son prénom ni celui du grand patron, mais il pouvait quand même faire des dégâts.

    Pour une fois que ma vie de criminelle t'arrange bien... cracha t-elle, toujours aussi agressive.

    Marquant une pause, Rachel toisa l'homme qui la surplombait. Elle comprenait très bien ce qui l'avait poussé dans ses bras à une autre époque de sa vie. Robb avait un charme fou auquel l'anglaise était très sensible. Ses traits étaient marqués par la fatigue, lui conférant une sévérité qui le rendait presque inaccessible. Et pourtant, quand il se laissait aller à un sourire, il était le plus beau des hommes. Andersen se rappelait le nombre de fois où elle lui avait céder, à raison de ce sourire si rare et si éclatant de vie. Son regard s'arrêta sur cette bouche qu'elle avait autant désiré que détesté. Elle avait aimé son contact humide et chaud, réconfortant et aimant. Or, elle avait haï toutes les conneries qu'elle avait pu débiter, au nom de la vérité.

    Tu me prends pour une balance ? demanda t-elle, glaciale. C'est triste pour c'tte nana mais je ne peux pas t'aider James. Rachel l'avait toujours surnommé Robb, réservant les James aux crises conjugales. Je peux seulement te dire que ce type ne serait pas capable de faire ça à une mouche, alors à sa poule...
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Sam 13 Déc - 12:18

[Désolé pour cette longue attente. Cette fois j'ai vraiment de la stabilité et du temps pour me poser.]

    Son job n’en était pas vraiment un, au final. Etre flic, pour James, c’était juste une façon de vivre, de penser. Il vouait son quotidien à traquer des ombres, à cultiver des cauchemars, à dormir la rétine encore marquée par les cadavres qui jonchaient ses journées. Parfois, il avait l’impression de ne jamais voir le jour ; de progresser dans l’obscurité parfaite, sans y entrevoir la moindre touche de lumière. Il en arrivait même à se demander si sa réalité n’était pas le fruit de son imagination, un rêve sans prémices, et sans aboutissement possible. Un foutu labyrinthe. Souvent, lorsque le sommeil le fuyait, James s’interrogeait alors sur son sort : était-il fou, utopiste, fanatique, après courait-il ? Paralysé dans les méandres de son esprit, l’Irlandais luttait pour rabibocher des souvenirs plus lumineux, afin de ne pas couler plus encore.

    Dans cette mécanique, le visage de Rachel apparaissait bien malgré lui. Il se rappelait alors une époque, où, en sa présence, il voyait de l’espoir dans chacun de ses actes, dans les gens qu’il côtoyait, et plus largement dans l’humanité. Elle avait su redonner plus de sens à sa trajectoire de flic Il en était tombé amoureux. Une relation passionnelle, entière. Probablement trop.

    Ce soir, sa vie de flic et sa passion s’entrechoquaient encore avec violence, comme la vague venant cogner rageusement les roches terrestres. Et, chose qui ne lui était pas accoutumé, il ne savait pas vraiment comme s’y prendre pour dompter ce conflit. Il tentait alors d’endosser son costume de flic, impartialement.

    Il lui explique l’affaire Childs, cite le certain Sullivan, sachant pertinent qu’il subsistait un lien entre lui et la jeune Andersen. De quelle nature, ça, en revanche, il l’ignorait encore. Et, comme il pouvait facilement s’en douter, elle feinta tout témoignage. Il se heurtait à un mur. Sans surprise. Elle ne pouvait rien lâcher, et surtout pas à lui. A cet instant, sans réelle transition, Flynn se demandait si elle savait qu’il lui était déjà arrivé de dissimuler des preuves la concernant, et l’impliquant plus ou moins directement dans de gros dossiers de la police de Gotham. Des actes qu’il regrettait amèrement d’avoir commis. Il se maudissait profondément d’avoir été aussi faible, lui, l’incorruptible …

    Il était conscient qu’il n’obtiendrait pas la moindre information de sa part. Dès lors, il quitta l’attention de Rachel, silencieusement, pour parcourir brièvement son appartement, nonchalamment, presque comme un ami qui viendrait pour la première fois chez vous, et scruterait sans trop d’intérêt votre mobilier. A proximité d’une porte, son flair ne manqua pas de reconnaître une odeur qu’il avait l’habitude de côtoyé. Le parfum de l’herbe rythmait son quotidien. Il repensait aux mots de Rachel, acerbes, et décida alors d’opérer autrement :

    « Et si on s’en fumait un ? Comme à l’époque … »

    Son changement d’attitude était assez brutal, mais il avait voulu briser ce nuage électrique qui stagnait depuis leurs échanges. Dans cette direction, il revînt vers le canapé, et s’assoit finalement.

    « Je suis sûrement la dernière personne avec qui tu souhaites partager quelque chose … Mais … merde … Content de te revoir … »
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Mer 17 Déc - 21:29

    Rachel ignorait ce que Robb était venu chercher, mais cela ne concernait en aucun cas cette pauvre Emy Childs. Le flic s'était juste trouvé une excuse pour se ramener, la gueule enfarinée et l'air docile. Mais l'anglaise n'était pas disposée à accueillir James, pour quelles raisons que ce soit. Il n'avait pas le droit de revenir d'entre les morts et de bousculer sa vie comme ça. Sa vie sentimentale était suffisamment chaotique pour qu'il vienne y rajouter son grain de sel. Entre Caleb avec qui l'amitié était devenue charnelle le temps d'une nuit et Damian, le PDG qui avait réussi à faire taire sa méfiance envers le genre masculin, James venait se faire une toute nouvelle place au nom d'un passé périmé. Sans rien montrer de la soudaine douleur qui l'habitait, Rachel fixa ardemment le flic, ne voulant voir en lui que l'homme de loi. Elle ne pouvait se permettre de s'encombrer d'une vieille histoire telle que la leur.

    Fais comme chez toi, laissa t-elle glisser alors que Robb entra dans son appartement et fit le tour du propriétaire du regard.

    Rachel referma la porte derrière James, acceptant de s'enfermer dans la même pièce que lui. Un sentiment désagréable de proximité l'intrusait. Elle n'aimait pas le voir chez elle, c'était trop comme avant...

    La suite des évènements la sidéra. L'anglaise sonda un instant Robb. Etait-il sérieux ? La jeune femme se souvint alors qu'elle s'en était fait un dans son bain. Pour le coup, ce n'était pas le flic qui avait du flair, mais bien le petit Flynn. Un sourire souleva les lèvres de la criminelle, malgré elle. Posant un regard surpris sur son ex qui avait pris place dans son canapé, elle l'interrogea, suspicieuse :

    Ce sont tes nouvelles techniques d'interrogatoire Robb ? Tu proposes un joint au suspect afin qu'il parle plus aisément, son discernement étant altéré ? Ou bien tu attends que je sorte l'herbe pour me coffrer, histoire d'avoir un vrai mobile pour m'arrêter ?

    D'un pas souple, Andersen se rapprocha de James. Son visage mêlait à la dureté un étrange rictus amusé. La jeune femme elle-même ne savait pas quoi penser de la situation. Elle voyait mal son ex être tombé si bas pour la coffrer à l'instant où elle sortirait l'herbe, mais le doute restait permis.
    La jeune femme prit place dans un fauteuil en face du canapé où le flic avait pris ses aises. Elle prit un instant son visage dans ses mains et se massa les tempes. Elle était complètement larguée.

    Sérieux, la prochaine fois, téléphone.

    Sa voix n'était plus celle de la criminelle sur la défensive, mais plutôt celle de l'adolescente empêtrée dans des sentiments contradictoires. Au fond d'elle, elle voulait à nouveau partager quelque chose avec lui. Malgré leur séparation et les années qui étaient passées, quelque chose de vivace demeurait et l'animait.

    Je n'arrive pas vraiment à me réjouir de revoir ta tronche, désolée. Qu'attends-tu de moi ?

    Cette dernière question semblait sortir de nulle part. Rachel n'arrivait pas à comprendre où James voulait en venir, et tant d'incertitudes l'agaçaient.

    Si tu comptes me cuisiner ou me coffrer, aies au moins le respect de te casser ou de faire vite. Je ne veux pas d'un flic chez moi.

    Les termes de leur entrevue était posés.
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Jeu 18 Déc - 11:29

Amer, James s’en voulait d’avoir pu commettre une telle erreur. En dépit des sentiments passés, ce fossé qui les séparait ne lui avait jamais paru aussi vertigineux qu’en cette soirée de fausses retrouvailles. Depuis son entrée, il n’avait jamais considéré Rachel comme la potentiel témoin de son affaire : son ressenti à son égard n’était pas suffisamment neutre pour qu’il puisse réellement la sonder comme la criminelle qu’elle était. Empli d’un nouvel et infime espoir, alors, il s’était laissé submerger par son naturel, cette envie profonde de recréer ce « quelque chose ». Mais toute tentative de reconstruction était bien vaine. Il n’obtiendrait absolument rien d’elle, sur tous les points. Pour preuve cette nouvelle riposte cinglante à l’encontre de sa proposition, certes, quelque peu déconcertante. Une maladresse de plus qui caractérisait à la perfection sa désastreuse capacité à gérer sa vie sentimentale.

Dès lors, son orgueil reprit le dessus. Il s’autorisa un fin rictus en constatant l’acrimonie de son ex’, et répliqua, âprement.

« J’t’en prie, arrête ta parano. Si j’avais voulu te coffrer, je m’y serai pris autrement ; ton dossier manque pas d’arguments … »

Chose vraie autrefois. Aujourd’hui, Robb n’avait plus la moindre pièce valable juridiquement pour mettre en péril le sort de la jeune Anglaise. A croire qu’avec le temps, elle avait su mieux couvrir ses arrières.

« Te téléphoner ? Et à quelle réponse aurais-je eu le droit ? Un truc du genre : Un rendez-vous pour répondre à tes questions sur un meurtre ? Bien sûr mon poussin, tu es le bienvenu chez moi, tu le sais bien … J’en doute un peu, bizarrement. »

Il y avait dans l’atmosphère quelque chose d’électrique, de pesant. Le genre de scène qui rythmait bien trop souvent le quotidien des deux ex tourtereaux, autrefois. L’attitude acerbe de Rachel l’avait lui-même conduit à réagir agressivement ; mécanisme d’auto-défense. De manière abrupte, il planta alors son regard pers sur le visage de la belle Anglaise, et rétorqua.

« J’ai eu tort de venir te déranger. »

Avait-il dit, plutôt calmement, soutenant ses mots en se décollant du canapé. Debout, prêt à partir, pour lui foutre la paix une bonne fois pour
toute.

« Je veux juste foutre l’enfant de salaud qui a fait ça derrière les barreaux … Je fais mon job, comme tu fais l’tiens. J’ai cru un instant que tu pouvais m’aider, je voulais voir si quelque chose en toi avait changé. Quel con, hein ? »

James avait toujours accepté les antécédents de Rachel, convaincu qu’il y avait en elle quelque chose de foncièrement bon. Aujourd’hui, il craignait l’idée de s’être voilé la face.

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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel Lun 22 Déc - 23:54

    A défaut de lui en coller une, Rachel utilisa ses mains pour attraper l'avant-bras de James. Non, il ne pouvait pas non plus partir comme ça. C'était trop facile. L'anglaise darda un regard nimbé de mélancolie dans celui du flic. Le fossé qui les séparait était-il si profond ? Sa bouche se tordit en une moue. Tant de mots lui venaient à l'esprit, et pourtant aucun n'arrivait à percer le silence dans lequel elle s'était murée. Finalement, après un soupir, elle s'expliqua :

    Et dire qu'à une époque un simple regard suffisait à accorder nos violons. Ecoute Robb, j'ai été surprise par ta visite, et je ne suis pas sure de très bien le vivre. Tu débarques de nulle part, viens me cuisiner pour finalement me proposer un joint... Qu'est-ce que je peux bien penser de tout ça ? Je ne suis pas dans ta tête...

    Sa voix se brisa, gagnée par l'émotion. La jeune femme relâcha le bras de son ex et retourna s'asseoir sur le canapé. Sur le chemin, elle attrapa deux bières dans son frigo qu'elle décapsula d'un geste machinal. Assez idiotement, elle pensait qu'une discussion autour d'une bonne bière apaiserait les tensions.

    Comment aurais-tu voulu que je réagisse ? Tu sais que je ne suis pas une pro' de la remise en question, alors écoute moi au moins.

    Diverses émotions tentaient de percer, la colère, l'agacement mais aussi la tristesse et l'abattement. Rachel avait l'impression de renouer avec ses quinze ans et ses grands problèmes de cœur. Aussi grand qu'était le fossé qui les séparait, l'anglaise restait la même jeune femme bouleversait par leur dispute. Elle prenait les choses trop à cœur, et ça l'inquiétait : n'y avait-il pas prescription après toutes ses années ?

    Ne me fais pas passer pour la méchante. Il n'est pas question de bon ou de mauvais, de moral ou d'immoral, mais plutôt de survie. Si je balance des hommes qui travaillent pour le même patron que moi, je ne ferai pas long feu, Robb. Mais sincèrement, je ne pense pas qu'il en est capable : c'est une vraie couille molle qui a le défaut d'avoir des sentiments. Va voir plutôt du côté de Papy S.

    A une époque, Robb était aux mœurs, et Papy S. constituait sa cible. Rachel ne savait pas ce qu'il en était aujourd'hui. Mais s'il fallait faire tomber le mafieux, elle l'aiderait.
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MessageSujet: Re: Face à face ; Rachel

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Face à face ; Rachel

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