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 Changer le monde [PV Delilah]

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MessageSujet: Changer le monde [PV Delilah] Dim 16 Juin - 23:36



De sa démarche désormais hésitante, Bruce atteignit péniblement la porte du bureau où officiait depuis plus de deux ans à présent Lucius Fox. Celui que l'on surnommait affectueusement "le renard de Wayne Entreprise" au sein du bâtiment avait sommé son employeur de le retrouver expressément dans son bureau, un quart d'heure plus tôt, alors que le fils de Thomas Wayne se trouvait en plaine consultation. Incertain quant à ce qu'il n'allait pas tarder à apprendre, le trentenaire brun fit un amical sourire à la secrétaire du directeur du conseil administratif de l'entreprise, puis pénétra dans la pièce, à la fois impatient et réticent. Le moturgence avait tout de même été utilisé.

Fox, inlassablement, occupait son siège parcourant comme à chaque fois de son regard aiguisé d'interminables lignes de chiffres qui n'évoqueraient rien pour le PDG. Intérieurement, Bruce ne put s'empêcher de remarquer qu'à chacune de ses visites, Lucius se trouvait au même endroit, occupé à la même activité, avec la même expression. De quoi donner une impression de
déjà vu au plus sceptique des incrédules.
Portant du noir, ce jour-là, Fox ne prit pas la peine de relever les yeux, se contentant d'interpeller le pupille d'Alfred de sa voix onctueuse comme du chocolat fondu :


« Je suis à vous dans un instant. Juste ce... Compte-rendu, qu'il me faut finir de parcourir pour la prochaine réunion du conseil. »

- Pas de problème, monsieur Fox. Ce n'est pas comme s'il y avait urgence. Lui rétorqua d'un air exagérément insouciant son cadet en insistant bien sur le dernier mot, agrippant un fauteuil rembourré pour soulager la douleur naissante dans sa jambe gauche en s'y écroulant au ralenti.

Sa tentative pour dédramatiser la tension qui régnait actuellement dans le bureau fonctionna à moitié, l'occupant principal de la pièce sourit malicieusement de la pique qui venait de lui être lancée. Sa réplique, toutefois, pétrifia Bruce :


« J'ai bien peur que ce ne soit pas en bâclant cette lecture que nous éviterons une catastrophe, monsieur Wayne. Trois petites minutes ne changeront rien à ce qui se joue en ce moment. »

Fidèle à lui-même, le père de famille au teint d'ébène s'exprima en termes équivoques et opaques. Bruce choisit de ne plus rien dire le temps que Fox en ait terminé avec sa paperasse, une discrète ride sur son visage témoignant que le milliardaire commençait déjà à imaginer quelle catastrophe encourrait la ville. Rangeant méticuleusement son bout de papier dans une pile (celle des documents importants, probablement), l'homme de confiance des Wayne croisa les doigts devant lui, et posa sur son visiteur son premier vrai regard. Pétillantes d'intelligence, ses iris d'un noir uni analysèrent l'orphelin, le passant comme au crible. Lunettes chaussées, moustache soigneusement entretenue, le vieux renard attaqua dans le vif du sujet qui le préoccupait.

« En fait, si je vous ai fait venir, c'est parce que nous avons peut-être un gros problème. » Lâcha-t-il tel une bombe tandis qu'un rictus inquiet courbait les commissures de ses lèvres vers le sol.

Entrouvrant la bouche, Bruce ne sut quoi ajouter. Son vis-à-vis ne lui avait rien dit, tout en lui en ayant suffisamment confié pour accélérer son rythme cardiaque.


« Et si vous essayiez d'être un peu plus précis, Fox ? Qu'entendez-vous par "peut-être" ? Est-ce le même peut-être que dans "nous avons justement égaré un appareil à micro-ondes qui pourrait peut-être servir à disperser une toxine hallucinogène dans toute la ville", ou bien est-ce un "peut-être" de "l'un de nos employés a peut-être compris que vous étiez Batman" ? »

Sans un mot, Fox retira de sa pile des documents importants une double page remplie de minuscules caractères, et dont la seule vue lança un prémisse de migraine dans le crâne du businessman. Fronçant les sourcils, le trentenaire sentit venir une avalanche de données qu'il lui faudrait retenir pour comprendre la conclusion tirée par son hôte et ami scientifique. Soupirant par le nez, le porteur de mauvaise nouvelle annonça finalement :

« Hier soir, tard dans la nuit, je me suis intéressé de plus près à une commande qui avait été faite par le département des biotechnologies. Deux ou trois incohérences dans le duplicata du bon avaient attirées mon regard. Des incohérences comme certaines commandes d'appareils ou de produits chimiques faites en double, alors qu'elles n'auraient pas dû l'être. J'ai ensuite contacté Ernie McMill, le directeur dudit département, pour essayer d'en savoir plus, et lui aussi me confirma avoir relevé ces éléments. À l'issue de notre entrevue téléphonique, Ernie me promit de mener une enquête interne, m'annonçant avoir déjà des soupçons sur une possible piste. »

- Donc, si je vous suis bien... Vous soupçonnez l'un des employés de biotechnologies de détourner du matériel, en profitant des commandes pour doubler certaines quantités et s'approprier le surplus. Une hypothèse rendue crédible par le fait que M. McMill nourrissait déjà quelques doutes sur l'un de ses subalternes, visiblement, vu qu'il prétendait déjà avoir une piste. C'est ça, le possible problème, Lucius ? Happé par une bouffée de lucidité, Bruce sentit fondre sur lui de terribles conclusions. Devinant la nature de la menace, il embraya avec perspicacité Vous avez regardé ce qu'on nous avait fait acheter à notre insu, et en avez compris la finalité, c'est ça ? De quoi parlons-nous, au juste ? D'un engin explosif ? D'une toxine mortelle ?

L'imagination du locuteur s'emballa à mesure qu'il comprenait l'ampleur de la situation. Fox ne l'aurait pas contacté si un employé s'était amusé à détourner de la poudre qui colore la langue en bleue ou des graines de plantes exotiques aux jolies feuilles crénelées. S'il n'y avait pas eu de danger, l'afro-américain aurait soit simplement renvoyé l'employé, soit mit les choses au clair afin que ça ne se reproduise plus. Or, ici, visiblement, la priorité du moment semblait moins être de punir le fautif que de l'empêcher de faire ce qu'il avait en tête. Et les biotechnologies manipulant des réactifs réellement dangereux, Gotham tout entière pouvait être en grand danger.

« En fait, de rien de tout ça... Souffla le propriétaire du bureau, à l'horreur de son vis-à-vis, qui n'osait imaginer pire. Le lendemain, à la première heure, Ernie m'a recontacté pour m'expliquer que certains éléments de notre commande avaient apparemment été livrés défectueux. Des machines ne fonctionnant pas, et des réactifs inutilisables, car contaminés lors du transport. Suite à notre réclamation, la société responsable prit sur elle pour pallier ce manque, et pour ne pas avoir à s'embêter sur le duplicata de facture que le service de comptabilité lui demandait, la personne chargée du suivi a bêtement rajouté en surplus les éléments concernés par ce soucis de livraison. »

Se massant les tempes à l'aide de son pouce et de son index, l'ex-Batman respira plusieurs fois à fond avant de résumer, désorienté par la chute improbable de cette anecdote finalement banale :

« Donc, en gros, c'était une simple erreur. Aucun de nos employés ne détourne du matériel. C'est bien ce que je dois conclure, pas vrai ? »

Dans son complet noir, le fortuné possesseur d'un manoir se demanda fugitivement si l'âge de la retraite n'avait pas sonné, pour le co-inventeur du monorail de Gotham. Voilà qu'à présent, il prenait à Fox l'envie d'alarmer son PDG pour des broutilles, l'obligeant à venir jusqu'au siège de Wayne Entreprise alors que sa jambe gauche lui infligeait en permanence des décharges de douleur lui tirant des grimaces crispées, et qui discutait avec un ancien camarade perdu de vue. Sans se démonter pour autant, l'hôte roula des cervicales, hochant à la fois positivement et négativement de la tête. Souriant d'un air indulgent devant l'expression sans doute révélatrice du fond de la pensée de son interlocuteur, il reprit patiemment :

« Disons que je n'ai encore rien trouvé pour étayer ma théorie, à part un vague pressentiment. Mais je connais bien Ernie, et ce matin, au téléphone, il m'a parlé d'une voix... Qui n'était pas tout à fait la sienne. Ce pouvait très bien n'être que l'effet de la nuit blanche que je venais de l'obliger à passer à éplucher cette histoire de commande dans le détail, mais... J'aurais juré lui trouver un air éthéré. Vaporeux. Comme s'il était sous influence... Drogué. Nouveau regard d'infinie éloquence de l'autre côté du bureau. Je ne sais pas par qui, ou par quoi, mais il semblait distant. Dans les nuages. Enfin, bref, tout cela m'a amené à penser que l'employé qu'il suspectait d'avoir œuvré à détourner du matériel s'en était pris à lui, l'obligeant par un moyen quelconque à garder le silence. Comprenez-vous ?»

Le milliardaire toisa son ex-technicien préposé aux gadgets d'un air grave, tournant sa langue dans sa bouche avant de parler pour ne pas sauter à la gorge de l'afro-américain. Intérieurement, il bouillonnait.

¤ Et c'est pour ça que j'ai laissé Thomas en plan ? Des présomptions fondées sur du vent ? ¤

Inhalant longuement et expirant à fond, le PDG laissa ses humeurs s'apaiser avant de reprendre, de la même voix que l'on employait en hôpital psychiatrique pour apaiser un patient en pleine crise de paranoïa :

- Franchement, Lucius, de mon point de vue, toute cette histoire ne peut avoir que deux explications. La vôtre, fondée sur une improbable théorie du complot, et soutenue par la seule force de votre conviction personnelle ; ou la version officielle, à savoir celle dans laquelle tout est ce qu'il semble être, et non une toile tissée pour dissimuler une terrible menace. Un sourire placide naquit sur ses lèvres, et dans ses prunelles d'un brun acajou se mit à briller une lueur d'indulgence. Je veux bien croire que les dernières années que nous avons traversées ont fini par vous rendre méfiant à l'égard de tout, Fox, mais vous devez admettre que là, c'est un peu gros. Il est derrière nous, le temps où chaque coïncidence et hypothèse farfelue se devait d'être considérée comme un indice, une piste permettant de déjouer les démoniaques machinations d'un criminel fou à lier. Le Joker est en prison. Crane aussi. Ra's Al Ghul est mort. Batman ne se montre plus. Cette époque faite de crimes et de surréalisme est révolue, désormais. Nous pouvons recommencer à vivre normalement, Fox. Dans ce monde où les petites bizarreries du quotidien ne sont que ça. Est-ce que vous me comprenez ?

Le vieux renard aurait été en droit de tempêter, de persister, d'affirmer haut et fort que son intuition le trompait rarement, et qu'il continuerait de creuser cette histoire. Mais en lieu et place d'un vieil employé rageur refusant de se voir vieillir et perdre en lucidité, Bruce ne trouva face à lui que l'éternel Lucius Fox, conciliant et poli, comme toujours. Même l'éclat étincelant d'intelligence était là, derrière la paire de lunettes de l'afro-américain. Opinant docilement du chef, Fox abdiqua.

«Entendu, monsieur Wayne. Nous n'en reparlerons donc plus. »

Changeant de sujet, l'orphelin de Crime Alley apposa deux mains sur l'un de ses genoux, adoptant l'expression faciale qu'il affectait lorsqu'il cherchait à paraître faussement dégagé. L'étudiant en souriant déjà à demi, son aîné et conseillé le laissa aborder le thème suivant de la discussion.

« Au fait... Quand vous m'avez appelé, j'étais plein consultation pour mes jambes et... Le médecin m'a annoncé que mes chances de pouvoir marcher à nouveau normalement étaient très faibles, même si je subissais une greffe. Alors je me suis demandé, si par hasard... »

Riant silencieusement, Fox ôta ses lunettes en accompagnant son geste d'un mouvement de la tête. Tout en les rangeant dans leur boîte, il termina, calant son menton dans une main placée en coupe :

« ... Le département de Recherche & Développement n'aurait pas, dans ses cartons, quelque-chose pour régler ce problème de jambe ? Vous savez, Bruce, ça en deviendrait presque comique, cette façon que vous avez de croire que mon ancien département aurait justement élaboré un prototype correspondant exactement à chacune de vos attentes. J'en viendrais presque à penser que vous confondez la R&D avec l'usine du père noël. Il me tarde de voir arriver le jour où, venant me trouver pour me soumettre l'une de vos demandes farfelues, vous m'entendrez répondre : je n'ai rien de ce genre, désolé. »

- Mon univers s'écroulera, ce jour-là... Admit de bonne grâce le pupille d'Alfred, qui avait effectivement tendance à idéaliser les limites de son ingénieur. Mais comme vous en parlez au futur, j'en déduis que, pour cette fois, ma demande trouvera écho dans vos archives ?

Dévoilant deux rangées de dents d'ivoire, son voisin confirma :

« Il se trouve que Wayne entreprise travaillait sur un accessoire qui pourrait convenir à vos attentes. Je comptais en réactiver la production tôt ou tard, mais pas tout de suite. D'autres projets me paraissaient plus important. Mais si cesser de boiter comme un nécessiteux vous importe tant, alors j'accélérerais tout ça. Et, bonne nouvelle : la seule coloris disponible est noire. » Glissa-t-il avec une œillade complice.

Pour ne laisser aucune place à un malentendu, le fils Wayne répliqua immédiatement :


« J'aurais accepté n'importe quelle couleur, Lucius... Vous savez très bien que ces exigences ne sont plus d'actualité. »

- Sans aucun doute. Réussit-il à approuver tout en ayant l'air de dire l'exact inverse.

***

« Par ici, monsieur Wayne. »

D'une invitation de la main, l'infortuné préposé à l'accueil des célébrités précéda Bruce d'une démarche de pingouin, attaquant d'un pied énergique la volée de marches menant à l'intérieur du bâtiment de l'hôte (ou hôtesse) de la soirée. S'en tenant au noir pour la journée, le fils du regretté Thomas Wayne franchit le seuil du perron, réajustant la position de la montre à aiguilles qu'il portait à son poignet gauche tout en marchant sans entrain vers une soirée de plus. La deuxième, en une semaine. Un record, pour l'ermite d'autrefois, que l'on voyait rarement plus d'une fois par mois hors de son domaine reculé. Le visage avenant pour faire bonne figure, le chevalier à la retraite masqua ses petites difficultés de déplacement en feignant de s'arrêter pour saluer toutes celles et ceux qu'il croisait de près ou de loin. Ainsi, sa jambe gauche demeurait peu sollicitée, et en remerciement, s'arrangeait pour ne pas trop lui infliger de souffrances.

L'inconvénient principal, pour un noctambule reconverti dans la vie civile, se trouvait être le rythme. Habitué à rester éveillé jusqu'aux aurores, Bruce avait dû faire face à un problème imprévu, une fois sa décision d'enterrer Batman prise : quoi faire de ses nuits, sans patrouilles ni enquêtes à mener ? La réponse, soufflée par Fox, et reprise en écho par Alfred, fut pour le play-boy de devenir un
aficionado des sauteries pour riches. Elles permettaient au trentenaire de ne pas se morfondre dans une solitude très mauvaise pour le moral et la santé mentale, tout en le montrant aux gothamites aisés (le début du retour à la vie citoyenne, pour l'excentrique Bruce Wayne). Et on y mangeait bien. En revanche, le ténébreux disciple de la Ligue s'y amusait peu. Ces contemporains se bornaient à s'abimer dans des conversations sans intérêts, insipides et superficielles. Les vrais sujets, les questions d'actualités et les problématiques conjoncturelles semblaient bannis de leurs bouches. Une censure dorée au goût de champagne et de caviar, veloutée sur la langue mais qui émoussait plus les sens qu'un nuage de somnifère.


¤ Au moins, la police elle, n'est pas prise dans cet élan d'apathie spontanée... ¤ Songea le PDG de Wayne entreprise en dissipant mentalement son lyrisme baroque naissant par l'invocation d'images concrètes : les démantèlements de cartels de la drogue, les coups de filet menés d'une main de maître par le commissaire Gordon... La ville reprenait des couleurs, et ses habitants en profiteraient sans doute pendant un bon moment.

« Ça alors, Bruce Wayne ! Ha ha ha ha ! »

Un reporter photographe, probablement venu prendre des clichés de la soirée, s'approcha en riant sans discontinue vers sa nouvelle proie. Son faciès lunaire et rougeaud semblait prêt à exploser, preuve qu'il n'avait sans doute pas cessé de rire bruyamment depuis son arrivée. Un coûteux appareil entre les doigts, il posa une main étonnamment ferme sur l'épaule du photogénique célibataire, jactant sans prendre la peine de s'arrêter pour respirer.

« Bruce Wayne, ici, à la soirée donnée en l'honneur des soldats du feu de Gotham. Si je m'attendais... Venez, venez... Nous allons prendre quelques photos, c'est l'occasion. Vous avez déjà fait une généreuse donation, n'est-ce pas ? »

Traîné de force vers un groupe de gens discutant calmement à proximité d'un endroit idéalement éclairé (et donc parfaitement adapté à la prise de photos), l'homme d'affaire protesta faiblement, ne pouvant briser le bras du photographe devant tant de témoins.

« Non, attendez, stop... Justement, je n'ai pas encore pu donner et... »

« Ha ha ha ! Oui oui, c'est génial. Rétorqua son ravisseur, qui ne l'écoutait absolument pas, avant de s'exclamer, au comble du bonheur : Mademoiselle Shaw ! »

Avec un sans-gêne rare, le trublion agrippa de son autre main la jeune avocate fraîchement atterrie à Gotham (interrompant ce qu'elle était en train de faire sans même lui demander son avis), emportant le duo ainsi formé jusqu'à l'endroit où il tirait les portraits des invités. Disposant ses deux modèles à sa convenance, le kidnappeur obnubilé par sa quête de photos offrit à ses victimes un bref répit. Le temps pour Bruce de dire quelque-chose d'intelligent. À la fois concis, approprié à l'étrangeté de la situation, et spirituel.

« Alors comme ça... Vous aussi, vous soutenez l'amicale des pompiers de Gotham ? »

« On sourit ! »

Familières avec cet exercice, les rétines du milliardaire ayant fait plusieurs couvertures de magazines ne protestèrent même pas devant l'avalanche de photons qui leur déferla dessus. Battant tranquillement des paupières, Bruce laissa l'éblouissement se dissiper. Trois autres flashs lumineux plus tard, le couple Wayne-Shaw n'intéressait plus le photographe, qui se remit en chasse, scrutant la foule d'un air avide.

« Et dire qu'on me demande encore pourquoi je me montrais si peu aux réceptions... Se désola l'employeur d'Alfred en haussant un sourcil, avant de poser la seule question dont la réponse lui importait à l'heure actuelle : Est-ce que vous comptez passer toute la soirée ici ? »

Une détresse abyssale transpira de son regard, que son visage aux traits passablement tirés essayait vainement de cacher.

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MessageSujet: Re: Changer le monde [PV Delilah] Lun 24 Juin - 23:15



Changer le monde


Encore une de ces soirées des plus mondaines que j’avoue ne plus vraiment supporter. C’était pourtant une des étapes indispensables quand on veut défendre une ville comme Gotham. Et donc en effet je n’avais pas le choix. Je préfèrerai pourtant être plongée dans mes dossiers. Je préfèrerai pourtant pouvoir rester au bureau enfermée avec tous ces cas à étudier et résoudre. Même en prison interroger les gens. Mais … je regardais le carton d’invitation posé sur le canapé de mon appartement. J’étais en train de me préparer. Il fallait bien. Je devais me montrer. ça faisait partie du jeu. Je soupirais lourdement et passais une longue robe rouge en satin à dos nu. J’avais relevé un petit peu mes cheveux. Rien de bien conventionné. Si ma mère pouvait me voir elle serait fière. « Oh ma fille est dans les traditions de la famille » parce que des diners de charité dans le genre j’ai assisté à tellement d’entre eux dans mon enfance … mais il y avait toujours Patrick pour me soutenir. Et ce n’était pas le cas ce soir … prenant une grande inspiration je sortais de chez moi en espérant pouvoir reléguer le plus vite possible cet événement dans le passé.

Mademoiselle Shaw ! » Je venais tout juste d’arriver et avais à peine une coupe dans la main qu’on m’interpellais déjà. Ah non on m’agrippait même. La personne que je ne connaissais pas énormément un … journaliste me menait vers Bruce Wayne que je connaissais un petit peu, comparse de ce genre de soirées …  « Alors comme ça... Vous aussi, vous soutenez l'amicale des pompiers de Gotham ? » je haussais les épales et fit une grimace. Cette dernière ne fit pas vraiment bon effet d’ailleurs.  « On sourit ! » je levais les yeux au ciel et plantais un sourire des plus faux sur mon doux visage. « Je ne m’attendais pas non plus à vous voir monsieur Wayne » je souriais en coin et laissais l’importun prendre ses photos … Pourvu qu’il se dépêche vite. « Et dire qu'on me demande encore pourquoi je me montrais si peu aux réceptions... je me mis à sourire très largement. « Franchement je ne vois pas pourquoi !  » dis-je en prenant ENFIN la première gorgée de ma coupe de champagne de la soirée. Est-ce que vous comptez passer toute la soirée ici ? » son ton trahissait une impatience et en même temps tout ce que je rêvais d’entendre. Je tournais mon visage vers lui et arquait un sourcil définitivement intéressée « Vous avez de meilleurs plans de soirée Monsieur Wayne ? » Je souriais doucement. « Peut être pourrions nous nous …  » je regardais aux alentours les tumultes du luxe et de l’opulence des riches êtres de ce monde « soustraire à la petite fête, après tout, nous avons fait notre apparition ! » je le regardais énigmatique espérant qu’il me propose tout ou n’importe quoi afin de se défaire de cet endroit bien trop guindé à mon gout.


bruce et delilah
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MessageSujet: Re: Changer le monde [PV Delilah] Jeu 18 Juil - 23:27



« Disons que j'estimerais ma soirée mieux employée ailleurs qu'ici.  Confia d'un ton bas le trentenaire brun, lorsque son interlocutrice voulut savoir s'il disposait d'un plan B pour la nuit. Affichant un sourire contenu, il ajouta avec ironie :  Mais si vous étiez venue pour admirer avec gourmandise la collection locale de soldats du feu, je ne vous forcerai pas à me suivre. Chacun ses plaisirs. »

Souhaitant très fort que Delilah n'en fasse rien, Bruce eut le soulagement d'entendre sa future complice d'évasion évoquer à voix haute et sur un ton proche de l'affirmatif un départ imminent des deux célébrités qui avaient, après tout, toutes deux sacrifiées à la tradition des tabloïds.

¤ Je n'ai peut-être pas perdu ma soirée, au final... ¤  Relativisa le PDG n'ayant absolument pas prévu de tomber sur l'avocate Britannique.

La belle juriste blonde tombait à pic, sa conversation promettant sans risques de s'avérer dix fois plus fructueuse et pertinente que celle de n'importe quel autre notable de Gotham, tout en fournissant au trentenaire propriétaire d'un manoir un atout-maître pour se faire raccompagner par Alfred. Depuis le temps que le fils de Thomas Wayne se répétait qu'il lui fallait organiser une rencontre avec l'héritière des Shaw pour parler sérieusement... L'occasion d'amener Bruce Wayne à revenir sur le devant de la scène avec propreté et prestance. Le Hasard n'aurait su mieux orchestrer son intervention. S'emparant de son téléphone, le milliardaire approuva :


« Je convoque mon cocher de ce pas.  Sélectionnant le numéro de son majordome, l'orphelin colla l'oreille à son portable, savourant par-avance la victoire facile qu'il s’apprêtait à concrétiser sur le flegmatique homme à tout faire.  Alfred ? »

« Monsieur ? Y a-t-il une urgence à la soirée de charité ? »

« Non non, tout se déroule à merveille... Seulement, j'aimerais que vous nous rameniez plus tôt que prévu, une invitée et moi. »

Avec un rictus appréciateur, le play-boy entendit son majordome démarrer au quart de tour, comme de juste. D'un timbre qu'il s'imaginait sans doute inflexible, Alfred déclara :

« Votre dernière prise en date devra attendre avec vous, maître Bruce, puisque je me permets de vous rappeler que vous vous étiez engagé à demeurer à ce gala jusqu'à son heure de clôture. Vous me l'avez promis. Au nom de votre réinsertion sociale, pour reprendre vos propres mots. Il vous reste donc encore un peu plus de deux heures à occuper. Vous transmettrez mes amitiés à mademoiselle. »

Croyant avoir remporté la manche, l'intendant du manoir devait se préparer à raccrocher lorsque Bruce, sûr de son fait, lui porta l'estocade.

« Alfred... Je suis en compagnie de Delilah Shaw. »

À l'autre bout de la ligne, il y eut tout-à-coup un très grand silence. Connaissant son protecteur et mentor comme s'il avait été de son sang, le sournois propriétaire des industries Wayne savait que, dans l'esprit du vieil homme, venaient de s'allumer simultanément les mots "maître Bruce", "rendez-vous galant", "avec jolie célibataire intelligente et digne de confiance" et "Britannique". Une telle avalanche de bonnes nouvelles aurait contraint le pire des hommes à faire preuve de mansuétude. L'ancien justicier considéra que l'argument suffirait amplement à annuler cette histoire d'engagement, même auprès d'un individu aussi dur à influencer que son protecteur et ami. Lui parvenant depuis le combiné, la voix soudainement très fatiguée de son employée parvint au richissime fils de Gotham.

« Monsieur... Vous auriez dû m'avertir... Mon pauvre cœur... »

Sans lui laisser le temps de se reprendre, Bruce poussa son avantage en harcelant les lignes ennemis, son regard brun acajou luisant d'une concentration toute militaire.

« Je peux donc compter sur votre présence, Alfred ? Le plus tôt serait le mieux... »

« Oui, oui, bien entendu monsieur... Tout ce que vous voudrez, pourvu que vous vous retrouviez seul en compagnie d'une femme décente... Juste Ciel ! Enfin ! Après tout ce temps... Et moi qui commençais à désespérer... »

« Remettez-vous, Alfred. Vous faites attendre une noble membre du Commonwealth ! »  Persiffla le célibataire en costume noir, incapable de résister à la tentation de tourmenter encore un peu son cher majordome avant de clore la communication.

« Seigneur Dieu, vous avez parfaitement raison... J'arrive, monsieur. Ne vous avisez surtout pas d'offusquer Mlle Shaw avant que je ne sois là ! »

Cette conclusion tira un sourire réjoui des lèvres de Bruce, lequel rangea son téléphone fier d'avoir si bien mené les négociations. L'éclat rouge d'une robe très élégante capta alors son attention, et ce fut peut-être un peu trop tard qu'il estima préférable de dissiper tout malentendu avec son invitée portant satin.

« Oui, donc... Sauf si ça vous ennuie, il faudrait que vous prétendiez être mon rendez-vous... Au moins jusqu'à ce qu'Alfred nous dépose. »

Détournant lentement le regard, il se rendit compte du caractère extrêmement déplacé de sa demande, les commissures de ses lèvres tombant tandis qu'il commençait à patauger dans un bourbier de problèmes créé par sa propre mauvaise initiative. Que dire si l'avocate prévoyait effectivement de terminer la nuit en sa compagnie ? Il venait de laminer cet espoir, sans le moindre tact ni la plus petite dose de diplomatie. Ou quoi répliquer, si elle s'offusquait de la manière avec laquelle il avait égoïstement brandi le nom de la juriste pour se faire rapatrier ?

¤ On dirait que je n'arrive pas à me défaire de certaines mauvaises habitudes... ¤  Soliloqua le goujat premier-prix avec une pointe d'amertume, triturant du bout du doigt le col de sa manche de chemise.

Le mal était fait, à présent. Excepté se comporter en gentleman tout le reste de la soirée pour se faire pardonner ou prétendre n'avoir à aucun moment été sérieux, Bruce pouvait difficilement corriger le tir.


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MessageSujet: Re: Changer le monde [PV Delilah] Lun 5 Aoû - 12:34



Changer le monde


Si je m’étais attendue à tomber sur Bruce dans cette soirée je n’y serais certainement pas allée à reculons. Maintenant au moins j’avais une raison de m’amuser ce soir sans avoir à faire des courbettes et sourire poliment en espérant rentrer chez moi le plus rapidement possible. Donc oui en effet j’accueillais son arrivée avec un très large sourire, réel cette fois ci. Il était comme mon héro et mon sauveur dans cette soirée d’un ennui mortel. « Disons que j'estimerais ma soirée mieux employée ailleurs qu'ici. je souriais doucement et hochais positivement de la tête. « A qui le dites vous. » je les regardais tous aux alentours, tout n’était que de la poudre aux yeux. Un passage habituel et obligé pour être dans les petits papiers du gratin de Gotham. Mais je n’avais aucune envie de cirer les pompes pour être bien vue. Je n’avais pas peur de prendre des décisions qui leur déplairaient, pour autant qu’elles soient favorables à Gotham. Et Gotham a besoin d’aide. Ce n’est pas en se tournant les pouces à des soirées comme celles là que Gotham ira mieux … Mais si vous étiez venue pour admirer avec gourmandise la collection locale de soldats du feu, je ne vous forcerai pas à me suivre. Chacun ses plaisirs. » je fis non de la tête. « Oh non, j’avoue que le charme de l’uniforme a quelque chose d’attrayant, mais je n’ai pas la moindre envie de rester une seconde de plus ici. »

« Je convoque mon cocher de ce pas. je souriais doucement et m’éloignais un petit peu pour le laisser passer son coup de fil en paix. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de suivre sa conversation. Je souriais doucement, c’est qu’il voulait rendre ce pauvre monsieur Pennyworth chèvre ou quoi ? J’imaginais déjà la tête du majordome aux propos de Bruce. Les yeux brillants de malice je regardais le milliardaire faire et bus une autre gorgée de ma coupe en attendant. Je fis un signe de la main au chef des pompiers ainsi qu’au Maire qui passait par là. Quand monsieur Wayne termina son appel je tournais de nouveau le regard vers lui, un sourire au visage toujours. « Oui, donc... Sauf si ça vous ennuie, il faudrait que vous prétendiez être mon rendez-vous... Au moins jusqu'à ce qu'Alfred nous dépose. » je haussais les épaules. « Vous savez monsieur Wayne, il y’a bien pire rendez vous que vous à avoir. Croyez moi je sais de quoi je parle » , ah les rendez vous organisés par papa maman, je souriais doucement amusée par le comportement du milliardaire. « Oh ne vous en voulez pas surtout. Au moins on pourra partir plus vite d’ici. » j’arquais un sourcil et prenant son bras pour le diriger vers le bas de l’immeuble. « Alors que devenez vous ces jours-ci ? » qu’il se rassure je n’étais absolument pas vexée. Il en fallait beaucoup plus pour me vexer.

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MessageSujet: Re: Changer le monde [PV Delilah] Lun 9 Sep - 17:58

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