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 Le conte du chien policier et de l'Epouvantail.

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MessageSujet: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Jeu 17 Oct - 0:05

La journée avait été longue et éprouvante. Longue car elle ressemblait à toutes les autres. Eprouvante parce qu' il ne pensait à rien d’autre qu’a foutre le nez dehors, histoire de respirer un autre air que celui qui stagnait en permanence entre les murs de l’asile d’Arkham. Pourtant aujourd’hui avait été un bon jour. Tout d’abord il n’avait pas eut à avaler de force ces maudits comprimés qui le faisaient somnoler pendant le reste de sa journée. Ensuite on lui avait permit de se détendre un peu les jambes avec les autres patients, un moment comme un autre de partage et de franche camaraderie. Il avait essuyé quelques moqueries, mais un seul de ces regards avaient suffi à faire taire les médisants. C’est vrai qu’il avait quelque chose en plus maintenant. A leurs yeux il n’avait été que leur psychologue, celui qui les regardait de haut tout en prenant des notes sur son fichu calepin. Maintenant il était l’Epouvantail. Un homme qui avait sut instaurer la peur a Gotham en se servant d’eux comme simples sous traitant. Un homme qui enfin continuait de les regarder de haut tout en jouant aux échecs avec lui-même.

Tas de pauvres et flasques chairs insipides. Pitoyables être encore impurs. Car on ne saurait l’être avant d’avoir évolué à son niveau. Il était le maitre de la peur. Celui qui, débarrassé de ses angoisses plongé le monde dans les pires enfers qui soient, ceux tapis à l’intérieur. Ho bien sur pour le moment il n’était plus qu’une vague ombre, un reste à peine conscient de ce qui se passait autour de lui. Les médecins veillaient à ce qu’il reste en cet état larvaire. Mais L’Epouvantail avait un plan, il avait des projets. Et il comptait bien les mettre à jour tôt ou tard. A savoir quand l’occasion se présenterait…Inutile de penser à ça maintenant. Il devait se concentrer sur autre chose. On lui avait demandé de fermer le jeu, de le ranger, et il c’était exécuté, on lui avait donné l’ordre d’avaler les gélules et il l’avait fait. Jusqu’à un certain point. Tout en se retenant d’arracher la main de ce type à coup de dent Jonathan tentait vainement de ne pas avaler les cachets, restaient coincés dans sa gorge. Quand enfin on le fit raccompagner par deux molosses il retient son sourire et joua les malades imaginaires.

Ce ne fut qu’une fois dans sa cellule qu’il se prit à glousser. Se penchant au dessus de son oreiller il parvint à régurgiter les bouts de plastique solubles et blanchâtres. Il devait avoir toute sa tête pour le reste de la journée, il y avait encore tant à planifier. Et puis la tête vide il pouvait se permettre de rêver d’autre chose que de chauve-souris géante et monstrueuse. Ce fut donc dans cet état de grâce qu’il entendit les premiers bruits confus. De vagues murmures qui devinrent de plus en plus prononcés au fur et a mesure qu’ils semblaient également se rapprocher. Allons bon. Jonathan s’approcha de sa jolie vitrine d’exposition. A quelques mètre de lui, dans la cellule voisine de la sienne, ou peut être en diagonale il n’arrivait pas à distinguer correctement, un flic en train de faire son job de flic. Une fouille. C’était assez fréquent. Pas de quoi fouetter un chat. lui-même devait subir assez régulièrement des inspections. Une intrusion de son espace qu’il supportait d’ailleurs assez mal. Heureusement pour lui le quotient intellectuel de ce genre de sous officier n’était guère assez brillant pour se mettre a son niveau. Jamais ils n’auraient deviné l’endroit secret ou Crane rangeait ce qui lui tenait le plus à cœur.

Quoi qu’il en soit il était claire que son collègue n’était guère d’humeur pour se livrer à ce genre de plaisanterie. Ce n’était qu’une pluie d’insulte, toutes plus fleuries les unes que les autres. Notamment une à l’égard de la mère du policier qui fut du plus haut standing. Il y eut ensuite un bref moment de silence avant que Jonathan ne se reçoive un détenu en plein sur sa vitre. A première vu il s’agissait de Monsieur les Insultes Faciles et de Monsieur l’Agent de Police qui m’aime pas qu’on se fiche de sa mère. Il recula par instinct, bien que la paroi soit prévue pour résister à bien plus éprouvant. Autour de lui les autres détenus commençaient à hurler à s’en décrocher les poumons et la rate avec. Jonathan ne se joignait pas aux autres. Ce n’était pas son genre. Les yeux rivés sur la scène il contemplait ses deux catcheurs improvisés qui se roulaient au sol, bientôt rejoint par d’autres matons venus en renfort de leur collègue. Il était sur le point de se coucher et de laisser les choses se faire quand il remarqua une dernière silhouette qui c’était jointe aux autres, et clairement ce n’était pas un gardien de l’asile. Il n’en avait ni la carrure ni la mine de cocker battu pendant des années.

Allez savoir pourquoi Jonathan avait reporté son attention sur ce type. Quelque chose dans son visage ne lui était pas inconnu. Il le savait, il l’avait déjà vu. Il se retira un peu en arrière, plongeant dans les ténèbres, avant de s’asseoir sur son lit. Son esprit tressauta pendant quelques secondes, le temps de se souvenirs de cette comptine que sa grand-mère lui avait apprise.

« Le soir quand monte la lune. Par-dessus les toits. On voit des yeux qui s'allument.On entent des voix. Dans le vieux châteaux en ruine. Feux de cheminée. Et lustres qui s'illuminent. Un bal est donné. Le bal des épouvantails »

Mais quel drôle de bal vraiment que celui dont il était l’invité. Un bal rempli de fous.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Jeu 17 Oct - 15:15

Je déteste aller à Arkham, mais cela ne date pas d'hier. Je trouve cet endroit glauque, malsain et évidemment bourré de détenus que je rêverais ne plus jamais à revoir de ma vie. Malheureusement parfois on ne fait pas toujours ce que l'on veut et il arrive parfois dans la vie, des moments où l'on doit prendre sur soi-même pour affronter nos peurs les plus enfouis. Nous étions sur une affaire délicate de meurtres de femmes et nous faisions choux blancs depuis un moment. Ne pouvant pas nous permettre de stagner trop longtemps, ne laissant pas la joie à la presse de nous descendre en flèche parce qu'un nouveau cadavre était retrouvé et que nous n'étions toujours pas capable de mettre un nom sur ce tueur. Malheureusement pour nous, nous avions beau reprendre les scènes de crimes une à une, en dehors du fait que ces femmes sortaient régulièrement, il n'y avait rien dans leur vie qui les reliés les unes aux autres. Oh parfois on découvrait qu'elles se connaissaient d'une façon ou d'une autre, mais sans que ce soit réellement pertinent pour notre enquête.

Après de longues heures de travail, j'avais finis par me dire qu'une aide extérieur ne serait pas forcément de refus. Oh bien entendu nous ne pouvions pas demander à n'importe qui de se pencher sur le dossier, cela ne nous servirait à rien sauf à nous faire perdre du temps. Nous avions des profileurs sur le coup, mais j'avais envie de voir quelqu'un qui s'y connaissait vraiment dans les maladies mentales, qui en voyait tous les jours. Après une petite enquête j'avais découvert un spécialiste de renom qui travaillait à Arkham et qui pourrait être le type que je cherche. Ce praticien s'appelait Hannibal Kauffman, je ne le connaissais pas personnellement mais j'avais entendu beaucoup de bien sur son compte, je m'étais donc permis de passer au dessus de ma boss pour prendre rendez-vous avec lui. J'avais laissé un message à Mia pour qu'elle soit au courant, mais je m'étais arrangé pour qu'elle tombe sur ledit message après que je sois parti, afin qu'elle ne puisse pas m'arrêter ou m'interdire de le voir sous prétexte qu'il était un civile. Sur ma moto, je tournais et retournais ce nom dans ma tête. J'avais espéré ne pas tomber sur l'alter égo du psychiatre Hannibal Lecter, grand praticien mais également grand malade. Fort heureusement pour moi, quand je suis arrivé, j'ai découvert un homme tout à fait charmant, charismatique et bienveillant. Oh bien entendu je suis persuadé que beaucoup disaient la même chose que moi la première fois qu'ils on rencontré le professeur Lecter, mais …. je n'avais pas envie de songer à ça.

Notre entretien fut fructueux, je ne savais pas si les pistes qu'il m'avait fourni seraient utiles, mais en tout cas il m'avait de quoi avancer et c'était déjà pas mal. J'avais beaucoup apprécié le professionnalisme de cet homme et son envie de nous aider, même si le fait qu'il voit en moi comme dans un livre ouvert avait eu tendance à me perturber au plus haut point. Je n'aime pas trop qu'on tente de m'analyser, je crois que j'ai trop peur qu'on découvre mon côté sombre que je tente de combattre chaque jour de ma vie et qu'on me juge pour les crimes que j'ai commis. Pourtant ces crimes étaient justifiés et justifiables, mais ce n'est pas très professionnel qu'un agent de police passe au dessus de la Loi pour faire sa propre justice … Plongé dans mes pensées, je ne me rends pas tout de suite compte de l'agitation qui se déroulait à quelques mètres de moi, dans le quartier des prisonniers. Je m'étais toujours abstenu de me rendre vers cet endroit là, ne voulant pas tomber nez à nez avec des gens que j'avais enfermé là. Malheureusement pour moi, aujourd’hui était le jour de tous les dangers, j'aurais dû le deviner. Une bagarre avait commencé entre un gardien et un détenu et d'autres gardiens avaient accouru pour lui prêter main forte. Plusieurs d'entre eux passèrent en trombe devant moi et c'est ça qui me fit sortir de mes songes. Que se passait-il donc ? Sans réfléchir, je me précipitais à mon tour vers l'enfer sur terre et j'aidais du mieux que je le pus le gardien en difficulté. Il était loin d'avoir le dessus et aidé d'un autre gardien, j'attrapais le détenu et je l'immobilisais au sol.

« Le soir quand monte la lune. Par-dessus les toits. On voit des yeux qui s'allument.On entent des voix. Dans le vieux châteaux en ruine. Feux de cheminée. Et lustres qui s'illuminent. Un bal est donné. Le bal des épouvantails »

Encore essoufflé, je me relevais, époussetais mon pantalon et reprenais mon souffle. Une tape sur l'épaule d'un des gardiens pour me féliciter de l'aide apportée. J'aurais pu en rester là et m'en aller, seulement une voix derrière moi je fis me figer. Je l'avais déjà entendu par le passé et elle ne m'avait jamais vraiment quitté … Je me retournais lentement et affronté un de mes pires cauchemar, Jonathan Crane, dit l'Epouvantail.

« A l'heure actuelle, notre épouvantail va avoir bien du mal à organiser un bal … enfermé entre ces quatre murs …  »

Je tentais d'avoir un ton posé et calme, je m'ordonnais de rester droit, de ne pas montrer ma peur mais elle devait se refléter dans mon regard …

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Jeu 17 Oct - 20:15


Ha.

« Il n’est nul besoin de se trouver dehors pour organiser un bal »

Jonathan était toujours figé sur son lit, sa voix monocorde et son regard creux qui fixait le mur. Il pointa son index sur sa tempe. Son sourire s’étira davantage en cette drôle de mimique, un peu comme si il n’avait pas l’habitude de sourire. Ce qui n’était pas le cas. Il souriait souvent ces temps ci.

« Tout se passe ici… »

D’un mouvement souple il se leva, faisant au passage craquer quelques articulations en sourdine. Il passa une main dans ses cheveux tandis qu’une autre cherchait maladroitement la monture d’acier de ses lunettes. Allons Crane souviens toi pourtant, ils te l’ai ont confisqué, ils avaient sans doute peur que tu ne retente de crever l’œil du gardien avec une des branches ou bien que tu ne fasse avaler le verre broyé à un codétenu. Il fit un geste vague avec le bras, désignant l’ensemble extérieur de sa cellule.

« Et là. Profitez bien de la vue jeune homme, vous devez être dans le plus beau bal de tous les temps. Il est cependant regrettable que vous ne puissiez y participer. »

Enfin Jonathan tourna la tête vers celui qu’il soupçonnait d’avoir déjà vu sur sa route. Ses iris opalines et froides croisant le fer avec celles plus sombres de son interlocuteur. Ce qu’il y vit lui fit l’effet que provoquait chez lui n’importe quelle manifestation de la peur chez autrui. Son corps tout entier fut parcourue d’un frisson de plaisir. Oui, un tel regard ne pouvait pas être vu sur un type banal qui se serait retrouvé là par le plus grand des hasard pour la première fois ou bien un brave homme ayant lu des récits relayant les actes de Crane. Non. C’était des yeux qui savaient de quoi l’Epouvantail était capable, qui avaient ressenti ce qu’était la peur. Et cela était pour Crane encore plus grisant que de se faire prendre par surprise en galante compagnie dans le confessionnal de l‘église. Maintenant il se souvenait. Il l’avait effectivement vu une fois, une seule et unique fois. Mais visiblement cela avait suffi. Si ces souvenirs ne lui faisaient pas défauts il faisait partie de la brigade des hommes venus le stopper dans son grand projet.

« Mais si cela vous dis je peux vous laisser ma place. »

Il c’était approché de la vitre, lentement, sans aucune brusquerie. Il n’était pas un sauvage. Juste un observateur. Il appuya sa main contre la vitre avant d’y laisser reposer sa tête. Maintenant il se sentait mieux. Son visage impassible contrastait avec ses pensées, et heureusement pour Caleb, car il y avait fort a parier qu’il se soit trouvé encore plus mal tout en sachant ce à quoi Crane pensait en le fixant de la sorte. Autour d’eux le calvaire des hurlements et des coups sur les portes et les vitres c’était finalement estompé. Les prisonniers devaient en avoir marre de perdre leurs cordes vocales pour un gars qui gisait maintenant dans la cage voisine de la sienne, parfaitement ligoté aussi bien physiquement que mentalement. Qu’on le laisse gémir un peu sur sa propre impuissance. Crane lui parlerait tout à l’heure.

« Je vous pris de bien vouloir m’excusez mais je ne me souviens guère des nom attribués aux agents du FBI. Et vous n’étiez pas présent à mon procès. »

Il prononça cette dernière phrase avec une ironie à peine dissimulée. Son souffle laissait une très légère trace de buée à chaque expiration. Elle allait et venait, tout comme le fil de ses pensées. Non il n’avait pas été là, il s’en serait souvenu. Il l’aurait vu.

« J’aurais aimé savoir ce que vous avez bien put apercevoir lors de votre éveil. »

Oui, il mourrait d’envie de le savoir. C’était devenu une obsession profonde depuis qu’il avait entraperçu la peur dans son regard. Il pouvait bien faire le brave devant lui et ses autres collègue, mais Crane riait intérieurement car il savait ce que ce flic cachait au fond de lui. Finalement il finit par rire à l’extérieur. Un rire qui n’avait rien de celui que pouvait parfois pousser un autre patient particulièrement en joie ces derniers temps. Son rire à lui était une sorte de grincement étouffé, quelque chose d’aigu et de désagréable.

« Mais je présume que vous n’allez pas me le confiez. N’est-ce pas ? Mon pauvre petit. »

On se serait cru dans une scène d’un film étrange. L’Epouvantail, riant, et le héros de la ville, comme tout bon héros, qui ne bronchait pas.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Lun 21 Oct - 10:13

Je déteste venir à Arkham, il y a trop de barges dans le coin. Je ne sais franchement pas comment les gens font pour bosser dans le coin, je ne pourrais pas, jamais. Celui qui se trouve en face de moi est à mes yeux l'un des pires de cet Asile. Beaucoup diront que c'est le Joker, qui a un beau palmarès et qui est foutrement barge aussi, à sa façon, mais Crane c'est encore différent, c'est plus personnel dans son cas. Je ne me suis jamais fais agresser par le Joker, ni moi, ni aucun membre de ma famille, mais Crane si, il a franchi la limite, il s'est engouffré dans mon inconscient, il m'a distillé son poison et aujourd’hui encore, parfois quand je ferme les yeux, je le sens encore en moi, comme une blessure qui ne se refermera jamais, comme un cancer qui s'étend lentement mais surement jusqu'à devenir généralisé. Je tente de rester digne, droit, de ne pas montrer ma peur, seulement je ne suis pas un être insensible, je ne suis pas un super héros, j'ai des peurs, des faiblesses et j'ai parfois bien du mal à les cacher, surtout à ceux qui savent où chercher.

« Il n’est nul besoin de se trouver dehors pour organiser un bal »

Sa voix me glace le sang, mon cœur bat plus vite sans que je m'en rende compte, je fais limite de l'apnée, comme un enfant apeuré qui se faufile sous ses draps en pensant qu'il y sera en sécurité. Je le fixe sans pouvoir ciller du regard, dieu sait que j'aimerais être à des années lumières de lui, malheureusement ce n'est pas possible alors au lieu de me comporter en enfant, je dois tenter de me comporter en homme, même si j'ignore en quoi ça consiste vraiment. Il me montre sa tempe, la tamponne lentement pour m'indiquer que son bal s'organise dans sa tête. Tout se passe ici … rien que l'idée qu'il soit encore pleinement capable de concocter des plans me donne la nausée. Ne devrait-il pas être drogué ? Incapable de réfléchir ou de se rappeler son nom ? Bordel ils sont vraiment tous incapable de faire leur job ici, c'est désolant. Il se lève, je m'ordonne à rester sur place même si mon premier réflexe aurait été de reculer d'un pas ou deux. Quelques articulations craquent, ce qui est assez déroutant et pourtant si banal en soit. Il me montre d'un geste ample les cellules qui m'entourent et je comprends qu'il parle d'Arkham comme lieu de fête et des prisonniers comme invités. Regrettable que je n'y participe pas ? Oh non au contraire, je préfère cent fois laisser ma place à un autre, je ne suis pas encore suicidaire.

« Regrettable n'est pas vraiment le terme que j'aurais employé et puis je suis persuadé que vous êtes assez nombreux pour vous passer de ma présence ! »

Crane tourne son regard vers moi et ses yeux bleus froids me donne des envies de fuir. Je le déteste vraiment, mon corps entier se souvient de lui et de son poison et jamais je ne pourrais supporter l'idée qu'il arrivera peut-être un jour funeste où il arrivera à s'échapper. Je refuse l'idée qu'il puisse être dehors, que je pourrais le rencontrer, qu'Ophelia puisse croiser sa route, ignorant que le danger rode autour d'elle, comme autour de n'importe quel citoyen de Gotham. Je refuse l'idée que ma sœur soit exposé à ce danger sur pattes, ce serait trop à mes yeux. Je refuse également de lui montrer ma peur, même si elle est présente dans mes yeux et je ne pourrais jamais rien y faire.

« Mais si cela vous dis je peux vous laisser ma place. »

Oh oui je le déteste vraiment et s'il advenait qu'il sorte un jour, je crois que je serais largement plus en sécurité entre ces quatre murs qu'à l'extérieur avec lui. Bien entendu il ne se souviendra pas de moi, je ne suis qu'un flic parmi tant d'autres qui a assisté à son arrestation, mais nous ne sommes pas les instigateurs de son arrestation et une seule personne devra réellement craindre sa vengeance … Batman … Encore qu'il ne risque pas grand chose ces derniers temps au vu de son manque d'activité. Oh bien entendu beaucoup de mes concitoyens sont ravis de ce départ soudain, mais pas moi et je sais que je ne suis pas le seul à le penser.

« Un invité de marque tel que vous ne serez souffrir d'être remplacé. »

Le ton de ma voix est posé, froid, dénué de peur, mais je sais qu'il n'ignore pas que je le crains, je dois irradier la peur malgré moi. Il doit se réjouir du spectacle, sinon pourquoi aurait-il pris la peine de s'avancer jusqu'à moi. Il me fixe et je déteste devoir soutenir son regard. Aujourd’hui il me paraît tellement inhumain que j'ai dû mal à comprendre comment on a pu le laisser dehors si longtemps, comment a-t-on pu le prendre pour un être humain tout ce temps ? Sa voix résonne de nouveau à mes oreilles et elle est loin d'être une douce mélodie. Il me demande mon nom, se souvenant que je suis agent du FBI et que je n'étais pas présent à son procès. Rien sur moi n'indique pourtant que je suis agent du FBI, sauf si à un moment donné de la bagarre il a vu ma plaque, sait-on jamais. A moins – et je déteste profondément l'idée – il se souvienne de moi, oh peut-être pas autant que je me souviens de lui, cela serait de l'ordre de l'impossible et du ridicule. Je déglutis malgré moi, je déteste l'idée de lui donner mon nom, pourquoi le veut-il d'ailleurs ?

« Agent Caleb Harker … mais comment savez-vous que je suis du FBI ? »

Pourquoi lui ai-je donné mon nom alors que j'aurais pu peut-être m'en sortir dans l'anonymat ? Peut-être parce que je sais que les murs ont des oreilles et qu'ils parlent également. S'il veut savoir mon nom et qu'il ne l'obtient pas par mes soins, il l'obtiendra d'un autre et peut-être que son intérêt alors au départ moindre, deviendra plus grand finalement et ça je m'y refuse.

« J’aurais aimé savoir ce que vous avez bien put apercevoir lors de votre éveil. »

Sa question me glaça, ce fumier se délectait de la peur des gens, nous le savions tous, mais le fait qu'il pose la question n'enlevait rien à l'horreur de la situation. Il se mit à rire et j'hésitais entre partir et le frapper. Je ne fis ni l'un ni l'autre pour une raison que j'ignore, peut-être parce que finalement je n'étais capable de rien. J'étais ravie d'avoir une glace solide – je l'espérais du moins – entre nous, mais j'aurais tout autant apprécié qu'il soit menotté et sans rien pour le protéger, je crois que j'aurais pu laisser ma haine et ma frustration m'envahir pour le démolir. Alors certes il n'y a rien de noble à frapper quelqu'un qui ne peut pas se défendre, mais il n'y a rien de noble d'exploiter la peur des gens, alors disons que nous aurions été à égalité. Il reprit la parole, présumant que je n'allais pas lui répondre. Je dois avouer que ce que je détestais le plus dans sa phrase c'était ce surnom qu'il venait de m'attribuer. Rien de paternel dans le « mon pauvre petit », cela allait de soit, ce n'était qu'une simple moquerie de plus de sa part. Je le fixe, plus part défi qu'autre chose, le laissant voir le mépris que j'avais à son égare.

« Qui vous dis que j'ai vu quoique ce soit ? »


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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Lun 21 Oct - 22:32


Voila maintenant que le chien tentait de faire de l’humour. S’il n’avait été de l’autre côté d’une vitre Jonathan aurait immédiatement arraché de ce visage la moindre parcelle de ce qui lui restait de lucidité. Sous le masque qu’il c’était fabriqué bien des années plus tôt il ne laissait rien paraitre. Mais tout au fond de lui il l’entendait parfaitement, la petite voix infernale de son père lui répétant inlassablement qu’il faisait ça pour son bien. N’est-ce pas vrai Crane ? On a beau se prétendre fort on en reste pas moins qu’un gamin effrayé face a ce que nous avons de plus sombres en nous. Crane écouta le policier avec la même attention que s’il se trouvait en face d’un mur. Sans aucune expression. Ma foi c’est vrai qu’ils étaient assez nombreux ici. Mais tout ces pitoyables sociopathes, ces meurtriers, ces dérangés, n’avaient rien d’intéressant à lui offrir. Il connaissait déjà leurs peurs et c’est pour cela qu’ils l’évitaient. Ils avaient eut un bref aperçut, ils ne souhaitent pas en voir d’autres. Non. C’était bel et bien le monde extérieur qui l’attirait maintenant. Puissante tentation au relent de béton surchauffé et de parfum de confiserie. Et avec ce monde la promesse d’un terrain d’expérience plus vaste et aux possibilités infinies. Crane se détacha de la vitre auquel il se trouvait collé quelques minutes plus tôt. Il poussa un bref soupir, relevant la tête pour scruter les méandres du plafond.

« Je souffre sans cesse depuis ce triste jour de mon existence…Je souffre pour vous pauvres petits esclaves de vos vies étriqués. Vous n’êtes donc pas capable de voir ce que je fais pour vous ?  »

Les battements de son cœur s’accéléraient lentement. Peu à peu la colère qu’il réprimait depuis son incarcération s’accumulant et menaçant grandement son équilibre mental. Une soudaine envie de planter ses ongles dans le visage de cet être, qui le narguait de l’autre côté du miroir, le prit soudainement. Il en venait à souhaiter que cette vitre s’évapore comme par magie. Lui arracher la peau morceau par morceau, en laissait suffisamment sur le sol avant que les gardiens ne viennent l’interrompre. Arracher ce sourire, éventrer ces belles certitudes…Assez. Son esprit arrêta de tressauter pour venir se replacer dans le cadre pure de sa logique. Il baissa enfin la tête. Souris. Il était de retour.

« Je me souviens de vous mon pauvre petit. De ce qu'ils ont dit sur vous lors du procès. »

Agent Caleb Harker. Cela sonnait bien. Oui il se souvenait. Ou plutôt il se souvenait de ce que les avocats avaient raconté quand à ses agissements. Il se souvenait aussi des nombreux témoignages d’agents en tout genre qui c’étaient succédé à la barre. Voir tout ce monde autour de lui, lui jetant des regards remplies de crainte…Cela restait le plus beau souvenir de son procès. Jonathan se souvenait aussi de ces balourds avaient dit sur leurs hommes, « de braves et courageux gaillards votre honneur, certains ne peuvent venir à la barre, comprenez ils ont été victime du gaz du professeur Crane. » L’Epouvantail se souvenait et il savait. Il n’avait pas besoin de plus pour extrapoler. C’était d’ailleurs l’une des seules choses que sa camisole ne parvenait pas à lui enlever. Son raisonnement. Mais ça Caleb n’avait pas besoin de le savoir. Il aimait garder ses petits secrets pour lui.

« Et je sais que vous avez vu quelque chose. »

Inutile de mentir après tout.

« Sinon vous ne seriez pas là en train de me fixer comme une bête de foire… »

Et encore cette pulsion qui revient. Ne rien laissez paraitre.

« Vous seriez tranquillement assis à votre bureau, en train de regarder du coin de l'œil les courbes de votre collègue ou bien vous demandant si finalement vous ne sauteriez pas du pont en rentrant chez vous. Mais non vous êtes là en train de regarder ce qui se passe comme un vulgaire chien d’arrêt qui vient de lever un lièvre. Vous vous croyez à l’abri du bon côté de la vitre ? Ce n’est pas le cas… »

Ne rien laissez paraitre. Mais bien malgré lui, la voix qui monte d'un octave pour se faire plus menaçante. Non. Il sait ce qu'il va se passer s'il laisse sa véritable personnalité prendre le dessus sur le masque. Il sait qu'ils vont venir pour le clouer au sol et lui injecter de force cette drogue qui le transforme en légume.

«  Je sais que vous avez vu quelque chose. Vous êtes différent sans le voir, vous suintez la peur et la haine. Vous êtes comme lui. Incapable de comprendre les choses les plus élémentaires. Ce qui vous terrorise je m’en moque. Seul compte ce que vous ressentez.»

Ne rien laissez paraitre. Garder une distance raisonnable, ne pas hausser la voix, garder le sourire. La pulsion se calme. S’estompe. S’efface. Il redevient Jonathan Crane.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Mer 23 Oct - 14:02

« Je souffre sans cesse depuis ce triste jour de mon existence…Je souffre pour vous pauvres petits esclaves de vos vies étriqués. Vous n’êtes donc pas capable de voir ce que je fais pour vous ?  »

Plus les secondes passent et plus il me fait flipper. Tout en lui me fait peur, il est froid, distant, mystérieux, inhumain, parfois en colère, parfois insensible, déstabilisant, intelligent ... Une seule seconde d'inattention avec un individu dans son genre et tu es un homme mort. Je suis bien aise qu'il se trouve ici et pour toujours ou je l'espère. Je ne crois pas être capable de devoir le traquer de nouveau, ce serait au dessus de mes forces, pourtant dieu sait que je rêverais de lui planter mes couteaux dans tout le corps, rien que pour qu'il souffre autant que j'ai souffert quand j'ai avalé sa satané vapeur toxique. Il joue avec mes nerfs, avec la vie des gens, avec leurs peurs les plus profondes et les plus intimes et il adore ça, il en redemande. Je peux comprendre qu'il s'ennuie du dehors, qu'il veuille sortir, explorer le monde et s'inspirer des peurs des autres, mais lui, de quoi a-t-il peur ? On ne pourra pas me répondre rien car n'importe quel être humain a peur, c'est dans l'ordre des choses et il pourra se faire passer pour un monstre, il reste un homme, malgré tout.

« Et que fais-tu pour nous ? »

Je ne le comprends pas et je ne le comprendrais très certainement jamais. Je suis bien heureux de ne pas avoir atterris chez les profileurs, il m'aurait donné des cauchemars à devoir étudier son comportement, sa façon de penser. Je n'aurais jamais pu me mettre à sa place sans perdre une partie de moi. Quand il s'énerve, je sens mon sang se glacer et bouillonner en même temps et je n'arrive pas à comprendre comment c'est possible. D'un côté je rêve de fuir cet endroit, sans me retourner, sans jamais y revenir. D'un autre côté je rêve de le voir souffrir, de le faire souffrir, de lui coller une balle dans les genoux, de lui clouer les mains au sol pour qu'il ne puisse pas m'atteindre ... J'ignore si ce qui me fait le plus peur en cet instant c'est lui ou ce qu'il fait ressortir de moi. Cette part sombre que j'enfouie profondément en moi, que je refuse d'assumer. Je serais capable de l'assumer, rien qu'une seule fois, en le torturant et j'y prendrais beaucoup de plaisir ... mais comment continuer à vivre ensuite en ayant goûter un tel plaisir et en sachant qu'on ne pourra retrouver ce plaisir qu'en torturant à nouveau des gens ? Oh bien entendu je ne serais jamais capable de m'en prendre à des gens innocents, ce ne sera toujours que des criminels, ceux qui le méritent vraiment ... Mais non, je m'y refuse, je ne laisserais pas cette part sombre envenimer ma vie, ce serait ouvrir la porte aux plans machiavélique de mon père et il en est hors de question.

« Je me souviens de vous mon pauvre petit. De ce qu'ils ont dit sur vous lors du procès. »

Je le fixe, attendant de voir un quelconque signe qui me prouverait qu'il ment, mais rien, il dit la vérité. Je n'ai pas pu venir à son procès et je ne le regrette pas, il a fini par être condamné, avec ou sans mon aide. Il a donc remarqué mon absence, il m'a remarqué quand on l'a arrêté. Oh bien entendu je ne le prends pas spécialement pour moi, je suis un être sans intérêt à ses yeux ... Mais même si c'est le cas, je déteste qu'il est quand même remarqué mon existence, moi j'aurais préféré ignorer la sienne. Monstre. Racaille. Ignoble individu.

« Pour une fois qu'ils disent quelque chose de bien sur moi ... dommage que je n'ai pas été présent pour entendre tout ça ... »

Ce qui est vrai, d'habitude ce n'est que remontrance, agacement, engueulade et j'en passe. Ce n'est pas qu'on me déteste, juste qu'on préférait ne pas m'avoir dans son service. Je suis un bon élément, mais trop imprévisible, impétueux, sauvage en quelque sorte. Je déteste qu'on me donne des ordres, même si je suis capable d'obéir, j'aime en faire à ma tête, surtout quand j'ai une idée. Je fais confiance à mon flaire et même si ça en agace plus d'un, je sais que j'ai raison de le faire. Je ne suis pas devenu flic par hasard, cela fait 8 ans que je le suis et j'ai été dans beaucoup de service, je sais comment ça marche, je connais les rouages de la justice et je connais ses failles ...
Il continue dans son délire, prétend savoir que j'ai vu quelque chose, mais bien évidemment il n'est pas sans savoir que même si c'est le cas, je ne le lui dirais jamais. Il m'insulte, prétend me connaître alors qu'il n'en est rien, il me juge, me dépeint comme un être que je ne suis pas, juste pour quoi ? Obtenir une réaction de ma part ? Ile me provoque, il veut que je m'énerve, il veut que je morde à l'hameçon, que je le contredise, que je lui balance tout ce que j'ai sur le coeur, rien que pour lui prouver qu'il a tort. Je sens la colère monter en moi, mais je ne le laisserais pas faire, pas si facilement...

« Mon pauvre ami, c'est bien triste de vous voir vous croire le centre de l'univers ... de mon univers. Vous n'êtes rien, rien qu'un vulgaire petit criminel que j'ai arrêté, un parmi tant d'autres. Des comme vous, j'en traque tous les jours et c'est parce que c'est mon métier que je suis ici et non pour vous voir tenter de me déstabiliser. » Je le fixe froidement, une colère sourde gronde en moi « Et quant à savoir qui est du bon côté de la vitre, à l'heure actuelle c'est bien moi, vous ne pouvez rien faire, rien que croire que vous avez encore du pouvoir sur les gens ...  »

Je pris un air de dégoût, il me donnait envie de vomir, il me donnait envie d'en finir une bonne fois pour toute, de lui ôter sa patience, son calme et son assurance. Mais je ne pouvais nier qu'il n'avait pas complètement tort, j'avais peur, peur non pas tant de lui, mais de ce que j'ai vu, de ce qu'il a été capable de me faire ressentir quand j'ai respiré sa toxine. Peur de devoir recommencer, revivre ce moment, cette angoisse ...

« Je sais que vous avez vu quelque chose. Vous êtes différent sans le voir, vous suintez la peur et la haine. Vous êtes comme lui. Incapable de comprendre les choses les plus élémentaires. Ce qui vous terrorise je m’en moque. Seul compte ce que vous ressentez.»

Ma colère monte encore, il m'énerve tellement que cela en devient dangereux, pour nous deux. J'ai envie d'ouvrir cette cage vitrée pour le frapper, pour le planter, pour lui ôter la vie. Fort heureusement que je n'ai pas la clé, sinon il aurait réussit. Je frappe contre la vitre, le regard presque fou.

« Continues comme ça et la seule chose que je vais ressentir, c'est la satisfaction de t'avoir coller une balle dans le coeur ... »

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Lun 11 Nov - 2:11

Il était regrettable de ne pas pouvoir continuer le dressage de ce chien policier. Du moins pas directement.

A travers la colère qui montait doucement son esprit tressautait de temps à autre, et durant ces temps morts Jonathan se voyait flotter au dessus de lui. Fichus drogues, que lui donnaient ils pour lui faire voir ce genre de choses ? Et avec ce malaise naissant l’atmosphère change, il le sent bien. Toutes ses années à jouer les souffre douleur lui ont au moins apprit à reconnaitre les premiers signes d’exaspération chez autrui. Et puis…et puis il y a quelque chose de malsain qui s’insinue lentement, et cela n’a rien a voir avec l’ambiance générale de la prison, non, c’est quelque chose de plus proche. C’est entre lui et le flic maintenant, au diable tout le reste, au diable les illuminés dans leurs cellules, au diable les infirmiers, au diable Gotham et sa chauve souris qui se trimbale de toits en toits. Ce qui leur apprend ? Mais oui tiens que leur apprend t’il à tous ses braves gens ?

« Idiot ! J’ouvre une porte vers la libération de vos âmes et vous restez sur le seuil, effrayés, les yeux clos ! »

L’Epouvantail c’est redressé, les narcotiques qui polluent son organisme depuis un certain nombres de jours ont tout de même leurs limites. Il faut une dose régulière pour le maintenir dans sa camisole imaginaire. Déjà il n’ a plus rien à voir avec cette loque que les médecins avaient fait de lui. Il a retrouvé son sourire et ses manières. Non ce n’est plus un patient. C’est un docteur qui se tient devant Caleb.

« Mais vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir peur. Vous ne percevez pas les joies de l’épouvante comme moi je le fais…mon pauvre pauvre… ami. »

Et il sourit encore. Que peut il faire d’autre après tout ? Il sait qu’il a tout son temps, que le gentil policier ne partira pas. Non pas qu’il ait trop peur pour tourné les talons, c’est autre chose qui le maintient cloué au sol. Jonathan aurait aimé approfondir ce ressentiment, il aimerait surtout savoir ce que le jeune homme a bien pût voir dans sa tourmente. Simple curiosité personnelle. Crane s’amuse, comme un chat avec une souris ou un piaf. Les Epouvantails se prennent parfois au jeu. On badine avant d’exploser la proie en deux. Et le sang qui éclabousse les parois…quelles jolies test de rorschach n’est-ce pas ? Un brin primitif. Jonathan lui aussi aimait bien ce genre de test. Tu tu tut on ne s’égare pas. Lui un vulgaire criminel de bas étages ? Une de ses petites raclures que les flics cartonnent à la pelle ? Un pauvre diable coincé pour un méfait ordinaire ?

« Allons allons ne vous faites pas grossier. Petit menteur. »

Non il n’était pas ce genre de gars. Il le savait. Mais Crane avait une haute opinion de lui-même, c’était indiscutable. Le comparer à ce genre de main d’œuvre pour la pègre était bien une des pires insultes que l’on pouvait lui faire. L’Epouvantail fait un pas en avant, puis deux. S’arrête le temps pour lui de penser à autre chose. C’est le seul soucis quand on est enfermé depuis un certain temps, l’esprit n’est plus capable de rester figé, il vagabonde sans cesse, passant d’une image à l’autre. En ce moment il revoit clairement la voiture rouge de sa grand-mère qui s’avance dans l’allée principale. Ha. Il est revenu.

« Ils ont peur et ils hurlent…tous, sans exception. Tu a eu un aperçut de la félicité et pourtant tu t’obstine à refuser mon cadeau. »

Oui ils tombent tous et personne n‘y peut rien. Pas même ce flic qui le regarde de haut. Pour qui se prend t’il d’ailleurs ? Il est celui qui a fait frémir le grand chevalier noir, celui qui fait hurler cette foutue ville les nuits de pleine lune. Peut il en dire autant. Non. Il n’est qu’un simple cobaye, un vulgaire rat de laboratoire. Il penche la tête légèrement, sa nuque craque.

« J’aimerais beaucoup t’entendre hurler. Je suis sur que cela serait très instructif. Et si plaisant. »

Il est déjà repartit. Un autre pas en avant. Il est de retour à sa place, devant la vitre. Une étrange affiche qui bouge et qui regarde ce qui se passe auto d’elle. Sauf que ces yeux n’ont rien de vivant, deux trous vides qui scrutent et transpercent. Des lèvres qui s’étirent. Une carcasse trop maigre qui s’agite de soubresaut. L’Epouvantail est en train de retenir son rire.  

« Des mots tout ça. Pleins de mots. Va donc cherchez la clé de ma cellule, pointe un flingue sur moi, je ne bougerais pas c’est promis. Mais dis moi tu n'a pas peur de voir ton reflet dans la glace ? »

Bientôt ce ne fut pas un simple ricanement qui sortit des lèvres trop minces de Crane, mais bel et bien une crise issue de l’esprit d’un dément. A quoi ressemble donc le hurlement d’un Epouvantail ? Adossé contre la paroi de verre Jonathan ne cessait plus de s’entendre hurler de rire.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Ven 15 Nov - 23:45

« Idiot ! J’ouvre une porte vers la libération de vos âmes et vous restez sur le seuil, effrayés, les yeux clos ! »

Je me demande pourquoi il a choisi de devenir psychiatre, il aurait pu devenir gourou, il aurait fait un tabac. J'imagine déjà des milliers d'âmes vagabondants autour de lui pour l'écouter prêcher la bonne parole. Il serait capable de leur demander le sacrifice ultime qu'ils le feraient tous sans sourciller, comme le dernier acte sur terre avant la libération de leurs âmes ... pauvres demeurés, je n'ai jamais compris les gens qui se laissaient avoir si facilement par ces bonimenteurs, ils ne sont rien que des clowns qui cherchent ton attention et t'extorquent ton argent, ta liberté, ta vertu et ton esprit. Quand je vois tous ces gens qui aiment et limitent vénèrent mon père en pensant qu'ils étaient là pour leur bien, ça me rends malade, ça me sidère.

« Peut-être parce que ce n'est pas ce que l'on recherche, qu'on ne veut pas être libéré, qu'on est mieux dans l'ignorance et le déni. »

Il délire complètement, c'est évident. Il est le seul à croire qu'il fait tout ça pour notre bien, il est trop fou pour se rendre compte que ce n'est que du vent sa pseudo libération de nos âmes. Il ne veut que nous voir hurler, être apeuré, il kiffe ça, il prend certainement du plaisir à nous voir effrayé. Il est sincèrement malade et je doute qu'il existe un quelconque traitement pour le soigner. La mort serait le seul remède miracle qui pourrait convenir à tout le monde, lui parce qu'il serait enfin libéré de sa folie et nous parce qu'on pourrait enfin dormir sur nos deux oreilles ... ou presque parce que soyons réaliste, nous vivons à Gotham, quand un malade est enfermé, trois autres se font la belle. Parfois j'ai l'impression que nous sommes le centre névralgique de la folie, qu'on attire tous les tarés dans son genre à nous. Peut-être devrais-je simplement m'en aller, passer mon chemin, leur tourner le dos ... mais dans ce cas là, qui s'occuperait de les enfermer ? Qui protégerait la population de la folie ambiante ? Qui ferait régner l'ordre et la justice ? Batman ? Disparu, Commissaire Gordon ? Oui certainement, mais seul, il ne pourra pas faire grand chose, il a besoin d'autres hommes comme lui pour assurer cette mission et il peut compter sur moi.

« Mais vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir peur. Vous ne percevez pas les joies de l’épouvante comme moi je le fais…mon pauvre pauvre… ami. »

Non en effet, je confirmais, je ne pouvais pas comprendre les fameuses "joies" de l'épouvante comme lui et je préférais ne jamais à les comprendre. Il était complètement taré, il n'y avait pas à dire, il avait vraiment sa place dans cet asile. Je le fixais un instant silencieux, ne comprenant pas comment un homme qui devait être saint d'esprit à un moment donné de sa vie est devenu le type que j'ai en face de moi aujourd'hui. Comment a-t-il fait pour basculer dans la folie ? Certains prétendent que c'est génétique et je serais tenté d'y croire mais je ne pense pas qu'on puisse tout mettre sur le dos de la génétique, je pense que notre histoire aide à nous façonner et que parfois c'est elle qui nous rend fou. Je serais curieux de savoir dans quel cas il se trouve.

« Parce que vous vous le savez ? Quand avez-vous eu peur ? »

J'étais curieux de connaître son histoire. Oh bien entendu j'étais conscient qu'il ne me la raconterais pas, mais j'avais envie de voir son dossier maintenant que j'y songeais. Je voulais savoir ce qu'il lui était arrivé, je voulais savoir où il était né, par qui il avait été élevé, quelle école il avait fréquenté et même s'il avait eu des histoires d'amour ... Je n'arrivais pas à l'imaginer avec des femmes, ni avec des hommes d'ailleurs, je n'arrivais tout simplement pas à l'imaginer pouvoir ressentir un quelconque sentiment pour une personne. Je ne sais pas si on pouvait le qualifier de sociopathe, je n'étais pas psychiatre, mais je savais qu'il avait vraiment l'esprit dérangé et que personne ne pouvait vraiment éveiller de l'intérêt pour lui .... enfin c'est ce que je croyais.

« Je vois que Monsieur est vaniteux ... Monsieur n'apprécie pas d'être mis au même niveau que les autres ... pourtant ici, dans cet asile, tu es l'égal des autres, malgré ton envie de leur être supérieur. »

Ce ne m'étonnais absolument pas de le voir réagir ainsi. Il avait vraiment le profil d'un narcissique, vaniteux et pédant. Il se croyait plus intelligent que les autres, pourtant c'est parce qu'il se croyait être plus intelligent que les autres qu'il s'est retrouvé entre ces quatre murs, il serait bon qu'il ne l'oublie pas. Oh bien sûr je ne m'attribuerais aucun mérite, nous savons tous ici que c'est Batman qui a réussi ce tour de force, mais cela tend au moins à prouver qu'il existe ne serait-ce qu'un homme qui est plus intelligent que lui et même lui ne sera très certainement jamais qui se cache sous le masque.

« J’aimerais beaucoup t’entendre hurler. Je suis sur que cela serait très instructif. Et si plaisant. »

Il tente de me déstabiliser, de me faire peur et d'une certaine façon ça marche, mais je refuse de m'abaisser à le lui montrer. Il n'est rien ou plutôt il n'est plus rien aujourd'hui. Il est voué à rester le restant de ces jours dans cette cage vitré, je n'ai rien à lui prouver, il ne peut plus me faire de mal, la seule chose qu'il lui reste aujourd'hui, c'est la possibilité de tenter de m'atteindre avec ses mots, mais c'est tout. Quand je serais parti, je serais libre de tout oublier. Lui et moi savons qu'il ne sera pas aisé de le faire, mais je finirais par y arriver, je ne lui laisserais pas atteindre mon esprit et distiller sa peur dans chacune des fibres de mon corps, jamais.

« Je te laisserais le soin de l'imaginer, vu qu'il ne te reste plus que ça ... »

Mon but n'était pas tant de le provoquer que de lui faire réaliser qu'il ne pouvait rien me faire. Mais est-ce que je tentais de lui faire comprendre qu'il ne pouvait m'atteindre ou tentais-je de me persuader qu'il ne pouvait plus rien me faire ? Quand je suis loin de lui, il ne devient qu'un cauchemar de plus, une ombre dans le vent mais quand je suis en face de lui, je ne suis plus sûr de rien, j'ai l'impression que mon pire cauchemar se trouve à porter de main et qu'il pourrait s'il le voulait, passer à travers la vitre pour m'atteindre.

« Des mots tout ça. Pleins de mots. Va donc cherchez la clé de ma cellule, pointe un flingue sur moi, je ne bougerais pas c’est promis. Mais dis moi tu n'a pas peur de voir ton reflet dans la glace ? »

J'étais en colère, j'étais même hors de moi, mais s'il y avait une chose de sûr, je ne lui ferais jamais le plaisir d'ouvrir sa cage pour le laisser s'enfuir. Je me contentais donc de m'éloigner d'un pas ou deux, reprenant mon souffle et ma contenance avant de reprendre la parole.

« Si je te tuais maintenant, je n'aurais pas la joie de savoir que tu croupis ici jusqu'à la fin de tes jours et ça, ça me contrarierais vraiment ... ça et le fait de devoir perdre mon temps à rédiger un rapport sur l'incident qui a conduit à ta mort ... et tu m'as fais perdre suffisamment de mon temps !»

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Mer 27 Nov - 16:08

Oublions le fait qu’il soit dans un asile. Oublions les cris, les blouses blanches, les drogues, les lits humides, les cellules sans lumières. Oublions même le fait qu’il se tienne dans l’une d’elle. Oublions tout y compris son nom. Car après tout c’était bien ça qu’ils voulaient tous n’est-ce pas ? Oublier. Jonathan avait voulu lui aussi Et puis, quand il c’était rendu compte que cela ne servait à rien, il avait voulu agir. Hé bien bravo Jonathan. Tu a agi, tu te retrouve coincé, pour combien de temps, certainement le reste de ta vie, ou peut être que lorsqu’ils auront décidé que tu n’es plus une menace ils te balanceront de l’autre côté, dans un grand trou sombre, dis bonjour aux vers Jonathan. La question de Caleb reste suspendu dans l’air. Quand a-t-il eu peur ? Un nombre incalculable de fois. Quand il était enfant il avait peur de la cave, puis il avait eu peur de l’église, et puis…et puis il y avait eut cette fameuse nuit dans le champ qui surpassait toute les autres.

« Si seul…si froid. »

Un murmure à peine audible. Des mots qu’il prononce pour lui-même. Et encore les visions de cette cave qui le hante, sauf que maintenant il n’y a plus rien. Il a tout enlevé. Mais il sait où précisément il a enterré le décor que son père avait aménagé là dedans. Dans sa tête. Il revoit précisément les moindres détails, et chaque fibres de son corps tressaillent. Il s’écarte de la vitre, il n’a plus envie de jouer à la poupée qui observe. D’un certain point de vue le flic n’a pas tord, il ne lui reste plus que son imagination. Pour l’instant. Car Crane n’est pas le genre de personne à rester sur un échec.

Mais ça il ne peut pas le dire, il ne peut pas raconter ce qu’il a prévu de faire subir à Gotham et à ses habitants une fois sortit d’Arkham. Il ne peut pas et pourtant il en meurt d’envie, ne serait ce que pour retrouver cette puissance et cette petite étincelle au fond des yeux de ce charmant policier si peu enclin à lui fournir ce qu’il demande, un peu de peur. C’est son côté maniaque. Et narcissique. Pourtant enfant il se moquait parfois des grands méchants des films d’actions qui prenaient le temps de raconter leurs vies et leurs projets avant de tuer le héros. Il trouvait ça ridicule. Maintenant il comprend pourquoi. C’est si grisant de raconter tout en détail à un être que l’on sait incapable de nous arrêter.

Les films mentent souvent. Il faut bien sur que le justicier sauve tout le monde. Sinon ce n’est pas drôle pour les ménagères et tous les morveux. Batman le faisait aussi. C’était rageant. Pourtant on est pas dans un film… Et il n’était pas un méchant de série B. Son rire et son euphorie c’était calmée depuis maintenant quelques minutes, aussi soudainement qu’ils étaient apparu à vrai dire. Le monde regorge de braves familles qui regardent leur sauveur avec des yeux brillants de fierté. Pitoyable vraiment. Il faudra bien un jour que ce grand justicier tombe de son piédestal. Si ce n’est par Crane ce sera par quelqu’un d’autre. Il pousse un soupir et regagne son lit. Dans une cellule de quelques mètres carré il n’y pas beaucoup de choix.

« C’est ça fuyez donc ma réalité. Vous allez franchir le seuil d’Arkham en vous promettant de ne plus jamais y mettre les pieds. Vous tacherez d’oublier tout ce qui peut se rapporter à cet endroit, y compris moi. Vous tenterez de mener une vie normale en sauvant le plus grand nombre de vies inutiles. Mais vous savez pertinemment qu’une partie de vous aura toujours peur de quelque chose. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut zapper d’un claquement de doigt. »


Il reporta son attention sur le mur lardé de griffures. Le résultat d’un détraqué sans doute. Ha pardon c’était de lui dont il parlait.

« Mais quand tu sentira ce léger frisson sur ta nuque tu saura que c’est moi qui t’observerais… »


Il pointa le doigt sur la vitre, ne prenant même pas la peine de tourner la tête.

« De l’autre côté du miroir. »

Il jette sa tête en arrière, il commence à se demander si finalement ce n’est pas encore une de ses mauvaises habitudes qui le pousse à répondre à toutes ses questions. Ou bien c’est juste pour passer le temps, il s’ennui si souvent il faut bien le dire. Ils sont rares les personnes pouvant aligner des mots cohérents.

« Quoi que il ne soit pas sûr que je reste encore de ce côté ci. »

Il tourne enfin la tête vers Caleb et lui adresse un de ces sourires qu’il réservait à ses professeurs, il y a bien longtemps, ce genre de sourire qui le faisait passer pour un angelot tandis que son cerveau s’empilait des images de hurlements.

« J’ai de grands projets pour cette ville. Et je vous promet que vous serez au première loge pour les voir. Soyez gentil et ne vous faites pas descendre entre temps voulez vous ? »


Ecraser les certitudes. Détruire ce que l’on croit acquis. N’est-ce pas là l’art de la guerre psychologique ?
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Sam 30 Nov - 18:11

« Si seul…si froid. »

Que racontait-il ? Je ne m'attendais bien évidemment pas à ce qu'il s'ouvre à moi, qu'il me raconte sa vie. Je me doutais bien qu'il ne devait l'avoir fait avec personne, mais j'avais quand même tenté la question, ne serait-ce que pour être fixé, pour être en paix avec moi même. Il ne me lâcha que quelques mots, choses dont je ne m'attendais pas finalement, mais ce n'est pas pour ça que je les compris pour autant ! Si seul ? Si froid ? Je suppose qu'il parle de lui, pour le "si seul" je peux comprendre, mais le si froid ? Qu'est-ce qui est si froid ? Est-ce qu'il est en train de se remémorer une scène du passé ? Qu'a-t-il donc subi durant son enfance pour être ainsi aujourd'hui ? Qui l'a détruit ? Son père ? Son grand père ? Son oncle ? Sa mère ? Qui ? Peut-être personne au bout du compte, mais ça on ne le sera jamais.

« Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Que vous a-t-il fait ? »

J'émets une hypothèse, elle est peut-être erronée mais tant pis, si elle est fausse, je le serais rapidement. J'ai supposé que c'était une personne de sexe masculin, je ne sais pas pourquoi mais je ne pense pas qu'il est été maltraité par sa mère sinon il agresserait essentiellement des femmes et là ce n'est pas le cas. Je doute qu'il se confie à moi mais je suis ainsi fait, j'aime savoir, je ne suis pas rentré dans les forces de l'ordre par hasard. J'aime découvrir la vérité et il est un mystère intéressant, bien malheureusement d'ailleurs. Il est intelligent, même si je ne l'aime pas, je ne peux pas prétendre qu'il est un idiot profond. Il est brillant, il a fait de grandes études et pourtant il en est arrivé à finir derrière les barreaux, pourquoi ? Je suppose qu'il a dû subir un ou plusieurs traumatisme durant son enfance, c'est souvent le cas avec ce genre d'individu, cela dit c'est assez délicat de faire une généralité tellement la nature humaine est délicate et lui a l'air fort complexe ...

« C’est ça fuyez donc ma réalité. Vous allez franchir le seuil d’Arkham en vous promettant de ne plus jamais y mettre les pieds. Vous tacherez d’oublier tout ce qui peut se rapporter à cet endroit, y compris moi. Vous tenterez de mener une vie normale en sauvant le plus grand nombre de vies inutiles. Mais vous savez pertinemment qu’une partie de vous aura toujours peur de quelque chose. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut zapper d’un claquement de doigt. »

Il était doué, on ne pourra pas le nier et même si je ne voulait pas l'admettre, je savais qu'il avait raison. Je vais quitter ce lieu en me disant que je ne remettrais pas le nez ici avant longtemps et je vais tacher d'oublier toute cette histoire. Pourtant la peur ne me quittera pas, j'aurais beau faire tout ce que je peux pour ça, elle sera là, encrée en moi pour toujours. J'aurais envie de lui dire qu'il a tort, de lui cracher mon mépris au visage, mais c'est impossible et mentir maintenant ne me servirait à rien car on serait tout les deux qu'il aurait marquer un point. Mais je ne veux pas non plus avouer qu'il a raison, même si finalement il n'y gagnera rien, ça m'écorchais la bouche de dire que c'était une évidence, que j'aurais toujours peur, que ma vie n'a de sens qu'en tentant de sauver un maximum de gens, comme si j'achetais mon salut et d'une certaine façon finalement c'est ça. C'est parce que mon père a jeté le déshonneur sur ma famille que je suis devenu flic, pour rééquilibrer la balance, c'est enfantin et stupide, mais c'est ma réalité pourtant. Je préfère garder le silence, il ne me regarde pas du coup je peux rester normal, ne pas jouer la comédie pour donner le change. La réalité m'éclate au visage et je dois avouer que je trouve ça fort triste, vraiment. Il parla ensuite du fait que quand je sentirais un picotement dans ma nuque, je serais que c'est lui qui m'observe. De l'autre côté du miroir ? Que dois-je comprendre par cette phrase ? Que je ne verrais plus mon reflet mais lui ?

« Tant que vous m'observez de votre cellule, moi ça m'ira, je suis ainsi sûr de ne pas me prendre un couteau entre les omoplates ! »

J'étais presque persuadé qu'il n'était pas le genre de personne à tuer de cette façon mais sait-on jamais dans le doute il valait mieux être prudent. Ca me ferais chier de crever à cause d'un type dans ce genre là et surtout à cause de ma propre stupidité. Il parla ensuite du fait qu'il n'était pas sûr de rester de ce côté ci et je compris qu'il faisait allusion à sa cellule. Moi je préférais qu'il y reste, vraiment, ça me ferais chier de le savoir en liberté. Je savais pertinemment que je n'étais pas en tête de sa liste de personne à détruire, mais sait-on jamais, s'il avait du temps à perdre, me réduire au silence pourrait le titiller à un moment où à un autre et ce n'est pas franchement un truc dont j'ai envie. Il y a suffisamment de tarés en liberté, je n'ai pas envie d'en rajouter un nouveau, surtout lui.

« J’ai de grands projets pour cette ville. Et je vous promet que vous serez au première loge pour les voir. Soyez gentil et ne vous faites pas descendre entre temps voulez vous ? »

Je le fixais, les yeux un peu rond pour le coup, sous le coup de la surprise. De grands projets ? Avec un taré pareil ça ne sonnait pas bon du tout. Mais le pire en cet instant c'était de l'entendre me dire qu'il préférait que je reste en vie, histoire que je puisse voir son oeuvre. C'était d'une certaine façon flatteur, tout en étant méga flippant.

« Je ne sais pas si je dois me sentir flatté ou horrifié par cette idée ... Et je pourrais avoir un petit spoiler de ce que vous comptez préparer ?»

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Jeu 19 Déc - 9:21

Passionnant, vraiment. Jonathan n’avait pas assez d’une séance avec un psychologue abrutissant, voila qu’on lui en rajoutait une. Sans qu’il se bouge les fesses. A domicile, non vraiment c’est trop d’honneur qu’on lui faisait. Mais que croyait il à la fin ? Qu’ils allaient s’asseoir en rond et qu’il lui raconterais sa vie dans le détail ? Non bien sur, c’était un flic, mais plus perspicace que la moyenne, un bichon maltais savant en somme. Et puis il ne voyait pas de quoi parler. Sa vie avait été tout ce qu’il y a de plus normale, de plus saine. Il été né, il avait grandi et il avait évolué. En somme il venait de faire à lui seul le cycle de l’évolution qui avait pris tant d’années à la Terre. Faut croire qu’il était précoce.

Et puis c’est lui qui devait mener l’interrogatoire, pas Caleb. Et pourquoi IL d’ailleurs ? Jonathan eut un rictus, il haïssait le hasard. Une longue suite illogique et incohérente dans son monde de perfection. Il n’avait rien dit qui aurait put le mettre sur la piste d’une tierce personne mâle ou femelle, ou peut être d’un genre nouveau.

« Pas « il », mais « eux ». Mais ne vous faites pas plus idiot que vous ne l’êtes, vous savez très bien que je resterais muet comme une tombe. »

Il tourna la tête vers Caleb.

« Mais c’est sans doute chez vous une disposition naturelle. Quand au reste…vous comprendrez en temps et en heure. Ne soyez pas impatient comme ça, je vous jure que ça en vaut le coup. »

Il n‘allait pas gâcher la surprise. Un peu plus loin un rire déchirant le silence, il faut croire que Jonathan n’était pas le seul à se marrer ce soir. L’heure avançait lentement mais surement, il n’avait plus la moindre notion du temps. Sans fenêtre, sans montre, sans réveil, il devait faire confiance aux prédictions des gardiens. Quand ils disaient qu’il faisait beau c’était qu’il devait faire beau, quand ils disaient que c’étaient l’heure de la promenade, ce devait en effet être l’heure. Et quand ils disaient que c’étaient l’heure de la prescription cela voulait dire que Jonathan allait encore devoir inventer un stratagème pour aller vomir ses pilules sans qu’ils ne se rendent compte de rien. Pareil pour les fouilles. Mais ça c’était en général Harleen qui venait lui en parler.

« Et vous alors ? Je me demande bien ce que vous cachez sous la plaque de ferraille qui vous sert d’insigne. »

On ne devient pas flic par hasard, faut être masochiste. Ou avoir le cœur sur la main, mais après le bref échange que l’Epouvantail avait eut, cette notion de service ne devait s’appliquer qu’a quelques personnes privilégiées, les autres on leur collait un flingue sur la gueule, on le cuisinait et puis quand on se rendait compte qu’il pissait le sang on se demandait peut être s’il n’était pas judicieux de l’envoyer à l’hôpital. Et puis directement on le collait ici, avec les cinglés. Mais il n’était pas un fou, il était un clairvoyant.

« Un passé de racaille sans doute, un père absent ou tout comme, et puis un désir inassouvi de justice… »

Il fixa Caleb.

« Non. Ce n’est pas ça. »

Il se releva de son lit douillet. Tirant machinalement sur une mèche de ses cheveux, à défaut d’avoir ses lunettes. Le masque qu’il portait en permanence dans le passé était celui d’un psychologue reconnu, il fallait bien qu’il en reste quelque chose. Il pencha légèrement la tête sur le côté, son cerveau éteint en pleine possession de ses moyens. Il jouait. Comme un chat avec un souris, cherchant à lui ouvrir le ventre pour en extraire les boyaux avant de la laisser planter là. Il tournait en rond, ou plutôt il allait et venait entre son lit et le mur d’en face. Presque aveugle au reste de sa cellule, tirant toujours de plus en plus fort. Sa curiosité avait été piquée au vif et puisque le flic voulait jouer au jeu de « raconte-moi-ta-vie » il allait y perdre quelques plumes.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Lun 30 Déc - 11:20

« Pas « il », mais « eux ». Mais ne vous faites pas plus idiot que vous ne l’êtes, vous savez très bien que je resterais muet comme une tombe. »

J'aime de plus en plus cette conversation, elle me donne l'impression que je suis allé plus loin que beaucoup des thérapeutes qui se sont pointés ici pour "étudier" ce cher Docteur Crane. Bon évidemment je dis ça mais je n'en sais rien, je n'ai pas lu son dossier, peut-être qu'au fil des mois passés ici, il a fini par s'ouvrir et on connait le contenu de sa vie sur le bout des doigts ... mais j'en doute. Je ne suis pas tombé très loin, il a bien subi des maltraitances ou quelques choses s'en approchant, mais visiblement Il n'était pas correcte car Il n'était pas seul ! Bien évidemment il se referme aussi vite qu'il s'est ouvert, comme s'il avait vu que cette histoire allait trop loin, c'est bien dommage. Il faudrait voir qui l'entourait dans son passé pour pouvoir identifier ces Eux ... C'est dans ces moments là que je me ferais bien psy, non pas pour émettre un diagnostic sur ce cher Crane, mais pour pouvoir décortiquer sa vie à ma convenance. Profiler c'est peut-être la prochaine étape de ma formation au FBI, sait-on jamais ...

« Je ne vous trouve pas si muet que vous le prétendez, dommage que vous vous refermiez aussi vite ! »

Est-ce que mes propos vont le vexer ? Non j'en doute, je le crois être persuadé d'être supérieur à moi et persuadé qu'il maitrise la situation et que ce qu'il vient de me confier, c'est lui qui l'a voulu et ce n'est pas le fruit du hasard. Il est atteint d'un narcissisme aigüe, comme beaucoup de patients dans son cas et il n'y a pas besoin d'être psy pour pouvoir s'en rendre compte. « Mais c’est sans doute chez vous une disposition naturelle. Quand au reste…vous comprendrez en temps et en heure. Ne soyez pas impatient comme ça, je vous jure que ça en vaut le coup. » Il me traite d'idiot, cela le rassure de penser que je lui suis en tout inférieur et personnellement cela ne me dérange pas, tellement de gens pensent que je suis un parfait abruti que même moi, durant un instant, j'y ai cru aussi. Mais je sais que je vaux beaucoup plus que ça, un jour ils s'en rendront compte, si seulement leur vanité arrête de les aveugler ! « C'est peut-être en jouer les idiots que j'obtiens le plus d'informations. Vous êtes tous tellement persuadés que vous m'êtes supérieur que vous avez tendance à lâcher trop d'informations, persuadés que je ne serais pas capable d'en faire bon usage ! » Moi ça m'arrange, eux le regrette bien assez vite. Oh bien entendu, je ne mets pas vraiment Crane dans le même panier que tout le monde, je pense qu'il est doué d'un esprit supérieur à la moyenne, mais malheureusement sa folie l'a conduit dans des contrées lointaines et sauvages et que peu auront le courage de l'y suivre pour tenter de le comprendre, de peur de s'y perdre à leur tour !
Il me demande ce que je cache sous mon insigne, persuadé qu'on cache tous quelque chose. Peut-être qu'il n'a pas tort sur ce point là, il y a toujours une raison à tout, consciente ou inconsciente, cela dépend des gens. Et dans mon cas je cache bien quelque chose, mais il serait bien loin de la réalité et il me le prouve assez rapidement.

« Un passé de racaille sans doute, un père absent ou tout comme, et puis un désir inassouvi de justice… Non. Ce n’est pas ça. »

Il cherche à savoir le pourquoi de ma vocation, il pense qu'on a tous vécu une vie de merde ou alors qu'on est véreux. Je ne suis ni dans un cas, ni dans l'autre. Je suis un flic qui ne s'achète pas, je vois bien trop ce que l'argent à tendance à faire chez certaines personnes et je dois avouer que j'en ai suffisamment dans mon compte en banque pour ne pas être intéressé par les pots de vin. Aucun passé de racaille à l'horizon dans mon cas, j'ai suivi des cours dans les meilleures écoles de la ville, juste avant d'entrer dans la police. Mon père travaillait certes beaucoup, mais on ne peut pas vraiment dire qu'il était absent de notre vie, bien malheureusement pour moi. Et je ne suis pas rentré dans la police pour me venger de mon père mais pour racheter ses fautes. Si quelqu'un le fait tomber, je ne l'arrêterais pas, mais pour le moment je ne suis pas prêt à le faire tomber moi même, même si parfois j'en rêve.

« Vous êtes un peu rouillé ... à moins que vous n'ayez jamais été très bon dans votre domaine et finalement cet internement est bien plus bénéfique pour vous qu'on pourrait le croire, cela permet de ne pas voir que vous étiez un psychiatre lamentable ! »

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Lun 30 Déc - 22:32

C’était tout Jonathan…ouvrir sa grande gueule pour faire le malin. Il haussa les yeux, joli plafond. Il avait connu un patient qui ne pouvait pas s’empêcher de fixer les fissures. Il passait des heures le nez levé. Etrangement il comprenait mieux cette fascination, quand on passe le plus clair de son temps seul il est plus simple de fixer son attention sur un détail, les fissures sont les portes de l’imagination. En ce moment Crane était en train de s’imaginer libre comme l’air, allant frapper à la porte de cet insupportable policier. Un jour il le ferrait pour de bon. Un jour il irait dire bonsoir à cette foutue ville ! Un bonsoir définitif. Cric…Crac…le masque se fissure Crane. Restera tu de marbre ? Il ne dit rien, il a retenu la leçon, faut dire ce qui est le fait de ne plus être drogué le rend bavard. Quand il est sous calmant il peut  peine comprendre les questions que lui pose le psy. Maintenant qu’il a les idées claires il peut pas s’empêcher de se la raconter. Hilarant vraiment. Mais Crane ne rit pas. Il n’a pas la tête à ça.

Pour ce qui est de jouer les idiots il fait admettre que Caleb sait entrer dans son rôle à la perfection. C’est sans doute le seul compliment que Crane pourrait lui faire d’ailleurs. Mine de rien ça doit être un bon flic, il le sent. Pas un de ces pochtrons qui passent leurs temps dans leurs voitures en se bâfrant ou en parlant de cul. Non lui c’est un homme d’action. Crane le pressent, et cette peur enfouie en lui aussi. Mais plus le temps passe plus il la sent s’échapper. Cette conversation était si plaisante…quel dommage. Il allait et venait encore, sauf que cette fois il voyait clairement ce qui l’entourait. Et il entendait aussi. Et il n’aimait pas ce qu’il entendait. Comment oser t’il douter de ces compétences cet espèce de moins que rien ?  Crac…Crac…Crac…Ben alors Jonathan de mon cœur on a du mal à faire tenir le masque ?

« La ferme… »

En folie mon cher il y a des degrés, et mine de rien on est en train de faire une montée fulgurante. Crane se raidit, stoppant son manège de va et viens, il arrêta de tirer sur ses cheveux pour laisser retomber son bras le long de son corps. C’est un peu comme si on avait stoppé la machine. Sauf que chez Crane rien n’était cassé. Enfin sauf si on croyait les docteurs chargés de sa rééducation. Pour eux tout était bon pour la poubelle. Crane était donc là, immobile. Et puis…non pas Jonathan Crane. Pas ce pauvre gamin qui pleurait dans le noir de sa cave, entouré de silhouettes hurlantes et suppliant son père d’ouvrir pour faire rentrer la lumière. Non non non. Pas Crane. L’Epouvantail. Rien que l’Epouvantail.

« La ferme, la ferme, la ferme, la ferme LA FERME ! »

La fissure on s’en moque. Et le reste aussi d’ailleurs. Cric…crac…le masque ne tient plus. Et alors ? On s’en fiche. Que lui importe que les gardes viennent, qu’ils viennent ces braves petits, qu’ils accourent. Dans les iris glacées deux feux sont allumés, deux petits brasiers obscurs qui luisent et qui luisent…

« Je vais te dire quelque chose Caleb. »


Il n’a toujours pas bougé. Pourtant il ne parle pas aux murs. Et sa voix toujours plus monocorde résonne dans sa cellule et dans sa tête.

« Gotham est une ville qui bouffe ces héros. Des hommes et des femmes, des flics, des volontaires, des pompiers, peut importe elle s’en moque. Elle veut des héros qui relèvent le défi. Ceux qui hurlent quand les autres baissent la tête et se réfugient dans un silence apeuré. Ils sont testés jusqu’à ce qu’ils craquent. Et quand ils craquent, parce qu’ils finissent tous par le faire, ils deviennent ses pires cauchemars. »

Finalement il tourne la tête, trop brusquement d’ailleurs, le cou craque. Mais il n’y prête pas attention.

« Toi aussi tu va finir par craquer, toi aussi tu deviendra une ombre parmi les autres. Et quand Gotham aura pompé tout ce qu’elle aime, quand elle t’aura réduit à l’état d’épave tu va la maudire et tu voudra qu’elle crève. C’est inévitable, tu baissera les bras. »

Un pas, deux pas, trois pas. Le revoilà devant la vitrine. Un frisson lui parcourt la colonne, une dose d’adrénaline qu’il n’est pas sur de pouvoir contrôler, pourtant il le faut…quoique…non. Sans prévenir il frappe la vitre, sa paume endolorie lui envoi une délicieuse sensation et la froideur du verre calme ses douleurs.

« Mais moi je sais ce qui se cache la dessous. Tu a beau faire de grands discours, tu a beau dire que tu n’a pas peur, mais tu reste loin, tu n’ose pas avancer vers moi. Fais donc un pas, un seul, prouve moi donc que j’ai tord. Viens vers moi, regarde moi et dis moi que j’ai tord, que tu n’a peur. »

L’Epouvantail sourit, mais ce n’est pas la même chose. Parce qu’il n’y a plus de faux semblant, parce que le masque est tombé, parce qu’il veut voir à quel point il peut contrôler les autres. Parce qu’il veut voir l’évolution de l’homme dans ses plus bas instincts.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Dim 5 Jan - 20:33

« La ferme… »

En voilà un bien vilain mot, cela me parait étrange sorti de sa bouge et pourtant ... Est-il en train de craquer ? Il n'en avait pas l'air mais on ne pouvait se fier aux apparences avec lui. Comment savoir ce qui se tramait dans sa tête à l'heure actuelle ? Même si j'étais curieux par nature, je ne sais pas si je serais suffisamment courageux pour m'aventurer dans la sienne. Que dis-je courageux ... téméraire plutôt. J'aurais trop peur de m'y perdre à mon tour, cela doit être si noir, sombre, violent, froid, lugubre, triste, il doit y être bien seul pour agir comme il le fait. Bien entendu je ne pourrais jamais prétendre le connaître ou le comprendre, c'est largement au dessus de mes compétences et j'en suis plutôt satisfait. Il faut un cerveau malade pour pouvoir le cerner et je suis bien trop sein d'esprit d'une certaine façon pour ça. Il m'arrive aussi de voir rouge et de faire des choses que je regrette ensuite, mais lui ignore ce qu'est le regret et je doute qu'il est su un jour ce que cela voulait dire.

« La ferme, la ferme, la ferme, la ferme LA FERME ! »

Il s'énerve, ce n'est plus un doute ou une supposition, c'est un simple constat de la réalité. L'aurais-je touché ? Auras-je réussi cet exploit ? J'entends les gardes arriver, il se rapproche lentement mais surement, bientôt cette conversation sera terminée, je devrais repartir, sortir de cet asile, changeait pour toujours. Il prononce mon nom, c'est assez étrange de l'entendre de sa bouche, ça me donne froid dans le dos, pourtant il ne me regarde pas, s'obstinant à fixer le mur en face de lui. Je reste muet, je le laisse parler, de toute façon même si je parlais, il ne m'écouterais pas. Il parle de Gotham et de ses héros. Pas Batman, Batgirl ou Batwoman, non il parle de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour tentent de sauver des vies, de faire le bien autour d'eux. Que ce soit les flics, les ambulanciers, les médecins, les pompiers. Tous ceux qui sont chargés d'une mission, protéger cette ville et ses habitants. Il prétend qu'on est tous voué à craquer, tous, même moi. Je finirais aussi par devenir celui que j'ai combattu durant tout ce temps. Je n'en crois pas un mot et pourtant, au fond de moi, ça fait écho à quelque chose que je pensais déjà. Cette ville nous dévore tous, lentement mais surement. Elle aura notre peau, elle est faite pour ça, c'est son seul plaisir dans la vie. Il se lève enfin, en plein dans son discours et lentement, il s'avance vers moi, vers cette vitre qui par bonheur nous sépare à jamais. Il finit par la heurter et sans que je le veuille je sursaute légèrement. Les pas se rapprochent, encore et toujours, ils seront d'ici d'une seconde à l'autre.

« Mais moi je sais ce qui se cache la dessous. Tu a beau faire de grands discours, tu a beau dire que tu n’a pas peur, mais tu reste loin, tu n’ose pas avancer vers moi. Fais donc un pas, un seul, prouve moi donc que j’ai tord. Viens vers moi, regarde moi et dis moi que j’ai tord, que tu n’a peur. »

Il est si sûr de lui que ça en est perturbant. Il veut que je le défis, il veut que je lui prouve que j'ai peur de lui, que derrière toutes mes paroles arrogantes se cache la peur, la vraie, celle qu'il m'inspire, celle qu'il distille dans mon corps comme un poison, qui se répand dans chacune de mes cellules, dans chacun de mes organes. Et il a raison, j'ai peur, peur de lui, de ce qu'il représente, de ses propos, de la vérité, mais je suis bien trop arrogant pour l'avouer. Pourtant je suis conscient d'une chose, les gardes ne seraient pas venus pile à ce moment là, je serais resté figé sur place, lui donnant raison, mais ils sont là, ils m'ordonnent de reculer, qu'ils vont devoir lui administrer une dose. Ils me donnent la force de l'affronter, ce n'est qu'éphémère, ce n'est qu'illusion, ce n'est que mythe, mais ça me donne des ailes, le temps d'un instant. Alors je fais un pas, un dernier et je le fixe.

« Je n'ai pas peur ! »

C'est mes derniers mots, je dois le quitter, je dois m'en aller. J'ai menti, j'ai bluffé et je sais qu'il le sait. La peur fait partie de ma vie, elle règne dans mes yeux depuis si longtemps, elle est une fidèle compagne. Peut-être que c'est elle qui me rappelle que je suis un être humain, que je suis doué de sentiments, que j'ai encore mon humanité, chose qu'il a perdu depuis si longtemps. Ce qui est sûr c'est que je reste fière de moi, de ce dernier acte de bravoure. Il est factice, il n'est que poussière et Crane n'est pas dupe mais je m'en moque, d'une certaine façon il n'obtiendra pas ce qu'il veut et c'est tout ce qui compte !

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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail. Mar 14 Jan - 1:43

Le temps semble soudain se figer. Ce n’est plus une vulgaire conversation, c’est une lutte qui s’engage. Bien vaine cependant. L’Epouvantail sait qu’il va gagner, il le sait parce qu’il le veut et il veut si fort parce qu’il doit en être ainsi, parce qu’il ne peut supporter l’idée de perdre face à ce genre de type. Batman ne compte pas dans les statistiques, il n’est qu’un mauvais calcul, une engeance comme une autre de la part de la ville de Gotham. Lui aussi finira par perdre, d’une façon ou d’une autre c’est inévitable. On finit tous par perdre un combat. Mais celui là…non pas celui là, il le sait. Son esprit sursaute et tressaute, il fait des bonds de lapin bien loin de son propre corps et de sa propre conscience. D’ailleurs lui-même ne sait plus. Peut importe la vitre qui les séparer, sa présence ou son absence n’aurait rien changé, si ce n’est sans doute qu’il lui aurait sauté dessus depuis longtemps pour lui crever un œil ou arracher un morceau de peau avec les dents. La jugulaire de préférence. Le sang ne lui fait pas peur, le voir couler encore moins.

Pourtant il remarque l’arrivée des médecins, ils ont dut entendre ces éclats de voix. Ha ils viennent pour lui filer sa dose, voir même une triple dose histoire qu’il se tienne tranquille pendant un bon moment. C’est pour ça qu’ils sont payés après tout. Pour faire régner le silence. Silence qui n’a que trop duré. L’Epouvantail regarde Caleb, Caleb regarde l’Epouvantail. Ils se regardent quoi. En chien de faïence. Depuis son internement c’est sans doute la première fois que Crane est aussi excité, intellectuellement parlant. Qu’importe qu’on le drogue, qu’on le cloue au lit, qu’on l’attache avec des sangles, cette rencontre elle, malgré les efforts des autres idiots restera forcement dans un coin de son cerveau. Et puis quand il sera dehors, rien n’est plus facile que de tromper des idiots, des brides lui reviendront surement. Et là il partira faire sa classe. Quand à ce flic, il le mettra au premier rang, avec les autres cancres, pour lui enseigner tous pleins de choses.

Il entend des voix un peu lointaines, peut lui importe. Il veut juste entendre sa réponse. Caleb fait un pas. Et il lui parle. Il lui dit ce qu’il veut entendre. Qu’il n’a pas peur. Mais c’est une toute autre chose que de ne pas lui montrer. Et l’Epouvantail l’a bien vu. Et il sait qu’il a gagner, c’est la seule chose qu’il compte à ces yeux. Dans moins de cinq minutes il aura probablement oublié jusqu’au nom de celui qui se tient devant lui, qu’on ne lui retire pas ce dernier plaisir. Il s’éloigne de la vitre. Il voit ces gras gaillards l’ouvrirent, il sait qu’il ne peut pas lutter. C’est une chose d’aimer voir le sang, mais le faire couler requiert parfois des muscles qu’il sait inexistant. Alors il les laisse entrer. Que lui importe au fond ? La conversation est finie.

« Docteur Crane restez calme… »

Docteur Crane ? Non non non…pas Docteur Crane. Il n’y a plus de docteur Crane les amis. Deux blouses blanches, ou bien gris délavée il ne voit pas bien, et après tout il s’en moque, son jouet est partie pour de bon. Il ne reviendra pas avant un bon moment. Il va aller se noyez dans la masse populaire, grouillante, écœurante, du reste de la population de Gotham. L’Epouvantail éclate de rire, c’est tellement plus fort que lui qu’il se met à trembler.

« Tenez le les gars j’arrive pas à le maintenir pour la piqure. »

Mais quelle foutue piqure ? Comme si ça allait changer quoi que ce soit. Cloué au sol il se débat, il rit, il mord, il frappe dans le vide tandis qu’on lui maintient la tête de force. Autour de lui c’est un océan de blanc cassé et un déluge d’exclamations. Les autres patients sont de mauvais poils. Il sent l’aiguille qui s’enfonce dans son cou, le liquide qui s’insinue. Lentement sa respiration ce calme, ses mouvements se font plus mous. Il sait que cette guerre est perdue d’avance. Mais il s’en moque. Depuis si longtemps il avait oublié ce que c’était de faire peur, cloitrée dans son cerveau par des camisoles chimiques. Mais il le sait maintenant, il a retrouvé l’espace d’un instant cette douce sensation. Il sent vaguement qu’on le transporte jusqu’à son lit.

« Bordel, ce cinglé m’a foutu les jetons avec sa crise de nerf. »

Ho vraiment ? Il lui a fait peur ?





Merci du compliment.
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MessageSujet: Re: Le conte du chien policier et de l'Epouvantail.

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Le conte du chien policier et de l'Epouvantail.

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