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 From this day... [Aslinn O'Donnell]

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ϟ Arrivée à Gotham le :
09/10/2013

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MessageSujet: From this day... [Aslinn O'Donnell] Dim 3 Nov - 1:47

    Putain, lâche-moi ! Je... maman !! Arrête !

    Aaron recula, repoussant d'une claque les mains soucieuses de sa mère. Après avoir passé trois heures aux urgences, Redfield avait été ramené chez ses parents, persuadé que le pire était passé. Grossière erreur. Depuis trois jours, sa mère l'envahissait, lui rendant la vie impossible. Il ne pouvait rien faire sans qu'elle ne s'inquiète de s'il avait mal ou de s'il voulait quelque chose. Les analyses à l'hôpital n'avaient conclu à rien de grave. Concrètement, il avait l'arcade sourcilières fracturée mais le temps demeurait le seul remède, avec la morphine ou autres codéinés ; deux côtes fêlées et de possibles étourdissements dus à un coup particulière bien placée à la tempe. En gros, il avait poiroté trois heures pour se faire entendre dire qu'il allait avoir un bel hématome au-dessus de l'œil, des douleurs thoraciques et des vertiges dans les prochains jours. La dernière fois qu'il s'était cassé la gueule au skatepark, il n'avait pas eu besoin de médecins hautement qualifiés et de leurs supers machines pour savoir qu'il allait avoir mal, et pourtant ses blessures avaient été pratiquement les mêmes. A peine avait-il passé les portes de l'hôpital que son humeur s'était franchement dégradée. Ingrat, il avait pourri la gueule de toute personne ayant eu le courage de s'approcher à moins de deux mètres de lui. Aslinn en avait d'ailleurs pris pour son grade. Rien de méchant, certes, mais une profonde négativité accompagnée de caprices puérils. La rousse avait eu, à l'inverse, la maturité de ne pas réagir aux enfantillages de son héros. Finalement, à 5 heures du matin, O'Donnell l'avait ramené chez ses parents. Elle avait récupéré son numéro de téléphone afin de pouvoir venir aux nouvelles. Depuis, il passait ses journées à végéter, refusant de manger, l'estomac vrillé par des pics de douleur. Il était devenu franchement insupportable. La veille, durant le dîner, il s'était accroché avec son père à propos de l'avenir de son groupe. Eternelles divergences entre les idées artistiques et la perspective commerciale. Bref, cela faisait trois jours que la villa des Redfield s'était transformée en enfer sur Terre.

    Mais, mon chéri, tu...

    Redfield quitta le salon et s'enfuit dans le jardin par la baie vitrée. S'étant levé beaucoup trop vite du canapé, Aaron se sentit pris d'un vertige, mais réussit cependant à rejoindre la terrasse. Il trouva rapidement appui sur la table. Son cœur accéléra, soulevant douloureusement sa cage thoracique fragilisée. Une main sur le rebord de la table, la seconde sur la poitrine, il ferma les yeux et tenta de se calmer. Il ne faudra pas vous agiter lui avait répété le médecin. Il était mignon ce con : comment rester zen avec Madame Redfield dans les parages. Red haïssait son sens disproportionné du maternage, son souci débile des autres, son amour incommensurable pour lui. Aaron fit quelques pas, respirant difficilement, jusqu'au perron. La rue était vivante : un groupe de gamins à vélo faisait un remix de Sons of Anarchy version petits bourges des beaux quartiers de Gotham, quatre nanas d'une quinzaine d'années pouffaient et gloussaient telles des dindes en chaleur et deux tondeuses se disputaient le silence déjà pas mal perturbé du quartier. Le musicien se glissa une cigarette entre les lèvres et ferma un instant les yeux, tentant de faire le vide. Or, une voix lui interdit l'accès à un possible havre de paix.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Dim 3 Nov - 18:03

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Trois jours plus tôt, Aslinn O'Donnell retrouva une connaissance du passé. Il s'agit de Aaron Redfield, ils se mirent en couple à leur première année de fac, huit ans auparavant. Personne ne donnait cher de ce couple : l'un trop volage, et l'autre coincée dans ses études. Leur rupture ne rata pas. Mais ils passèrent quand-même du bon temps. Pour la rousse, Ron' représentait son histoire la plus longue. Avant, elle était trop occupée par le cas de sa mère alcoolique et par sa réussite personnelle pour se laisser aller. Leurs retrouvailles se déroulèrent au club de striptease de Papi S. Une forme de simplicité s'invita. Évidemment, leur soirée ne put se conclure normalement, en repartant chacun de leur côté. Un client agressa l'irlandaise sur le parking, il se mit en tête de forcer un échange non désiré par la danseuse. Aaron arriva au bon moment, O'Donnell avait oublié son sac à main. Le musicien aida considérablement la rousse, il reçut une réplique sévère de la part de l'inconnu qui n'apprécia pas qu'on le dérange. La sécurité arrangea les choses également. Aaron finit aux urgences. Il n'était pas seul, As' l'accompagna pour le remercier, aussi parce qu'elle s'inquiétait. Elle se chargea des frais liés à la prise en charge de son ami, du confort de ce dernier. Elle ne le lâcha pas jusqu'à cinq heures du matin pour le raccompagner chez lui, chez ses parents. Ces derniers se montrèrent alarmés par la situation. Ils prirent le relais.

En rentrant chez elle, Aslinn dut se confronter à son mari. Il l'attendait dans le salon comme un papa qui ruminait quand sa gamine pouvait partir en soirée. Il détenait un air sévère. La jeune femme s'excusa pour son absence. Elle s'empressa de lui raconter la vérité. Scott s'énerva. Il ne pouvait pas supporter ce Red. Il restait l'ex de son épouse, alors la jalousie gratifia le ton de la conversation. Des questions comme : tu vas le revoir ? Cela t'a fait quoi de lui parler ? Tu as encore des sentiments ? Il s'est passé quoi réellement? Tu me mens? Pourquoi tu me fais cela ? A force de fustiger la rouquine, il réussit même à la faire pleurer. Il ne stoppait pas ses accusations. L'irlandaise rebondit illico-presto sur les dangers que leur vie secrète amenait. Aslinn s'était sacrifiée pour son mari, jamais elle n'avait signé pour se faire violer dans un parking même si cela n'arriva pas grâce à Aaron. Justement Ledger ne pouvait pester contre le guitariste, ce dernier fit preuve de courage. Il la protégea. Scott faisait quoi ? Il n'était pas là ! Elle conclut sa tirade par cette donnée. Évidemment, l'homme culpabilisa. A son tour de tenter de se faire pardonner.

Trois jours s'écoulèrent depuis les retrouvailles avec Aaron. Pendant ces instants, Aslinn ne cessa de penser à ce qui s'était passé à l'extérieur du club. Elle s'en voulait et dans son fort intérieur, elle remercier Ron' pour ce qu'il entreprit. Il ne se passa pas une minute sans qu'elle évoque l'incident dans sa tête. Elle se permit même de rejoindre la maison des parents d'Aaron pour prendre de ses nouvelles. Le brunet se situait devant le perron de la bâtisse. Il fumait. O'Donnell hésita à interpeller le jeune homme. Il semblait en communion avec lui-même, peu enclin à sortir de sa rêverie. Ron' ? Ron' ? C'est moi Aslinn. Tu vas bien ? Elle afficha un sourire sincère, ravie. Elle jeta un coup d’œil à la façade de la maison. Elle lui était familière. Ils en avaient passé du temps à l'intérieur : la rencontre des géniteurs du musicien avec la jeune étudiante de l'époque, les après-midi à se poser, à regarder la télévision, à jour de la guitare pour Aaron, les nuits à partager le même lit. Les parents du brunet ne demeuraient pas très difficiles , juste un peu protecteurs. Ils avaient accepté la jeune femme par le passé.


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 5 Nov - 2:39


    Lentement, Aaron ouvrit les yeux, prêt à fusiller du regard l'effrontée qui avait osé troubler le calme Olympien auquel il prétendait. Son regard se posa sur la mine poliment désolée de Madame O'Donnell. Après un instant de latence durant lequel Redfield ne sut se décider sur quelle émotion introduire leur conversation, le jeune homme se laissa aller à un sourire chaleureux. Aslinn devait bien être la seule personne sur terre qu'il acceptait de voir en ces heures sombres. La belle avait été vraiment émue par le sacrifice de son ex. Confuse et désolée, elle lui avait payé ses frais d'hospitalisation. Dépense futile puisqu'aucun des deux n'avaient à craindre d'une telle somme, mais l'intention avait en revanche touché le musicien.

    Salut 'linn, on fait aller.

    Non, ce n'était pas franchement viril de se plaindre de ses bobos auprès d'une fille. Pourtant ce n'était pas l'envie qui lui en manquait. D'une maturité défiant celle d'un enfant de six ans, Aaron se complaisait à geindre tout en s'offusquant de l'empathie que certains se permettaient. Chiant ? Non, jamais.

    Et toi ? Remise ?

    Si Aaron avait écopé des coups, les cicatrises étaient présentes chez les deux ex, physique pour l'un, psychologique pour l'autre. Ce type avait quand même essayé de se l'enfiler vite fait sur un parking. L'idée hérissa Redfield. Certes, il n'était pas un modèle de romantisme, mais il s'assurait du consentement de ses partenaires. Parfois, leur opinion sur le sujet était émoussée par  l'alcool, mais il n'en demeurait pas moins qu'elles n'avaient jamais crié au viol.
    D'un tapotement de la main sur la marche où il avait posé son cul, il invita Aslinn à faire de même. Mais c'était sans compter l'intervention hystérique de sa chère et tendre mère...

    Oh-mon-Dieu ! Kathli... ASLINN ! Je ne l'avais pas cru quand il n'avait dit que vous vous êtes  retrouvés par hasard dans ce bar. Je pensais que, pas frais, il t'avait confondu avec une inconnue rousse mais non ! Viens là que je t'embrasse !

    Au fur et à mesure que sa mère s'extasiait, Aaron devenait pivoine. La honte... Il se prit le visage entre les mains et expira longuement afin de s'assurer d'un minimum de deux secondes de sang-froid. Zen...
    Sa mère avait toujours adoré la jeune femme, bien qu'elle en avait apparemment oublié le nom pour une autre ex de d'un tout autre genre. Combien de fois l'avait-il entendu dire ô combien Aslinn était intelligente, prometteuse, raffinée, etc... Bref, elle était un ange envoyé sur Terre, et elle laverait son fils de tous ses péchés. Et pourtant, Dieu sait qu'Aslinn O'Donnell n'était pas une sainte. Certes, elle n'avait rien des traînées qu'il avait pu ramener chez lui, mais elle n'en demeurait pas moins une femme joueuse. Redfield s'égara un instant à repenser à quelques fantaisies nocturnes, un sourire niais collé à la face. La voix suraiguë de sa mère brisa cependant l'enchantement.

    Entre ! Je... je peux te tutoyer ? Tu veux quelque chose à boire.

    L'invasion maternelle était à 77%. Il était temps d'agir.

    Je m'en occupe. Ne t'inquiète pas, elle ne manquera de rien.
    Tu ne saurais même pas trouver le PQ dans cette maison, et tu veux me faire croire que...

    Madame Redfield s'interrompit, le rose aux joues. Le regard furieux de son fils sembla suffire à lui faire perdre ses prétentions d'hôte.

    Ok ok. Je vous laisse entre vous... Pas de bêtise, hihi !

    Aaron se liquéfia sur place. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?

    Excuse la, elle... elle est pas en grande forme. Je t'offre quelque chose à boire, genre de l'eau du robinet ? Je sais où il est ! ... Blague à part, qu'est-ce que tu veux ?
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 5 Nov - 22:55

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Aaron Redfield reçut cinq sur cinq le message de son interlocutrice. Cette dernière venait récolter des nouvelles de son ami. Le musicien, assit sur les marches du perron, sortit de sa rêverie, de son mutisme instantané. L'irlandaise lui demanda s'il allait bien, ce détail l'intéressait. Aslinn culpabilisait presque de l'avoir laissé respirer pendant trois jours. Maintenant qu'ils avaient retrouvé le contact, il ne fallait pas le perdre bêtement. Un événement les rapprocha : une agression, certes il y avait mieux mais à la base, leur rencontre impromptue tapait dans la banalité. Sans cela, ils n'auraient peut-être pas repris de bonnes habitudes. Présentement, le brunet répondit à O'Donnell qui ne cessait de garder une mine inquiète mais aussi un sourire sincère. Si on lui avait annoncé, sept ans plus tôt, qu'elle serait en présence de Red, elle aurait privilégier le rire. A l'époque de leur rupture, As' se promit de ne plus penser à lui, de l'oublier, d'avancer sans et de ne pas chercher à le revoir. Quelques années plus tard, son avis changeait. Leurs rapports ne demeuraient plus les mêmes. Une possible amitié pouvait naître.

Tu as fait quoi pendant trois jours ? Tu n'as pas trop souffert ? La rousse marqua une légère pause pour tenter de reprendre ses esprits . Se montrer trop impliquée n'était pas la meilleure tactique à adopter. Oui ça va merci.

Il ne s'agissait pas d'elle qui comptait des cicatrices et des bleus. Le préjudice moral qu'elle subit se dissipa assez rapidement. Elle s'en voulait plus pour Aaron, son cas passa en second. Par la suite, la belle allait rejoindre son interlocuteur, se placer à côté de lui. Or, la génitrice du musicien vint s'inviter auprès des deux jeunes gens, cette entrée coupa Linn dans son déplacement. Pour éviter de manquer de respect à cette Dame, la jeune femme restait debout. Aussi, son expression de visage ne réussit pas à dissimiler une certaine joie. La rousse avait toujours apprécié la maman d'Aaron : une femme à l'écoute, sympathique, peu être envahissante mais carrément attentionnée, elle ne possédait pas de mauvaises intentions. A l'instant, elle prit la parole. Elle se trompa presque de prénom. L'irlandaise se permit un petit rire. La mère du guitariste se montrait très expansive, joyeuse. Elle n'avait pas revu As' depuis des années maintenant. Sous ses ordres, la femme de Scott alla « embrasser » son ancienne belle-mère. La réaction du brunet devenait trop attendrissante, il détenait des attitudes dignes d'un enfant. Ensuite, la femme proposa à Aslinn d'entrer.

Merci Madame, je suis ravie de vous revoir ! Bien-sûr, vous pouvez me tutoyer.

A l’intérieur, la rouquine était gênée elle aussi. Qu'avait-elle fait à cette personne pour qu'elle l'apprécie autant ? Dans le temps, Aslinn ne savait comment prendre cette intrusion. Même sa propre génitrice n'était pas aussi gentille. L’irlandaise connut l'abandon d'un père à ses douze ans et la compagnie d'une mère alcoolique qu'il fallait élever en quelque sorte, et soutenir. Quand elle quitta la maison familiale pour aller à l'université, As' ne revint plus jamais voir sa maman qui décéda à la fin de ses études. Pendant sa première année, Madame Redfield la remplaça quelque peu. Cette femme était présente à la différence de la lavette qui lui servit de « modèle »... . Se retrouver face à cette femme lui faisait largement bizarre.

Non merci.

Toujours avenante, la mère de Red s'enquit de proposer mille et une chose, comme par le passé. La suite était à mourir de rire. Le dialogue entre la mère et le fils n'avait pas changé. La dernière phrase de la femme provoqua un rire nerveux chez Aslinn. Heureusement, elle se lança après le départ de Madame Redfield. Aaron s'empressa de s'excuser.

Pas de soucis Ron', j'ai l'impression de faire un bond dans le passé mais ce n'est pas grave. Cela fait du bien de se sentir jeune à nouveau, plaisanterie à part. Je veux bien de l'eau merci. Elle rit de nouveau en repensant à l'échange précédent. On dirait que ça n'a pas changé ici, pas vrai ? Elle rebondit : tu veux que je m'en charge pour l'eau ? Ce n'est pas pour me moquer, mais tu dois te reposer.


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Ven 8 Nov - 2:40

    Aslinn prit l'intervention de Madame Redfield avec le sourire. Rien n'avait changé en effet... Aaron était ce même adolescent désireux d'imposer le plus de distance possible avec sa mère, gêné dès qu'elle ouvrait la bouche, tandis qu'Aslinn continuait à briller par sa politesse et son attitude de petite fille modèle. Et pourtant, bien six années étaient passées...

    Non, ça n'a pas évolué depuis mes quinze ans... Je pense que mes parents persistent à me voir comme un gamin, et que de mon côté, je persiste à leur donner cette impression. Et ne t'embête pas, on va passer par la cuisine et tu prendras ce que tu veux. On peut aller... dans le jardin ? Il fait beau aujourd'hui, quoiqu'un peu frais. Comme tu veux. J'espère juste que ma mère ne sera pas prise d'envie de jardinage. Tu la connais...

    Non pas que Madame Redfield aimait particulièrement mettre les mains dans la boue... mais elle adorait se mêler de ce qui ne la regardait pas, au plus grand malheur de son fils, principale victime de la curiosité déplacée de sa mère. Il avait beau avoir 25 ans, elle se conduisait comme s'il en avait 13. Et puis, dès qu'il s'agissait de filles... on ne la tenait plus. Elle devenait un Columbo version Desperate Housewives. Et c'était tout simplement insupportable.

    Les deux ex avancèrent jusqu'à la cuisine où Aaron proposa à la jeune femme jus de fruit, alcool et sodas. Il y en avait pour tous les goûts. Redfield prit une bière : simple et efficace. Tout en décapsulant sa bouteille, il relança la conversation :

    T'es bien rentrée chez toi samedi soir, après m'avoir déposé ? Je suis désolé de n'être pas venu aux nouvelles, j'étais... mouais... enfin, tu comprends, peut-être pas en fait, mais Red jugea inutile d'approfondir. Ton cher et tendre ne t'a pas fait la crise de siècle en te voyant rentrer si tard ?

    Même s'il se refusait à se l'avouer, Aaron l'avait mauvaise de savoir ce con de prof de chimie dans le même lit qu'Aslinn toutes les nuits. Ce n'était pas de la jalousie - quoique -, juste une sorte de fierté masculine : il n'aimait pas savoir une de ses anciennes conquêtes épanouie dans les bras d'un autre. Dans le fond, il se réjouissait de la savoir heureuse, mais ça l'emmerdait que ce soit avec Ledger... Et puis, même s'ils faisaient comme si de rien n'était, leur relation n'avait pas rien été. Un an quand même, précédé d'une belle amitié. Tout foutu par terre, assez piétiné pour à présent essayer d'en récolter les miettes. Certes, les deux jeunes gens ne pouvaient se relier d'amitié ainsi, après tant d'années, faisant table rase du passé. Leur mise en couple avait été une belle connerie. Aaron ne se le répèterait jamais assez.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Ven 8 Nov - 16:10

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Les liens d'Aaron Redfield avec sa génitrice ne semblait pas se déliter. Ce détail amusait Aslinn O'Donnell, pas dans un sens négatif bien entendu. Elle ne se moquait pas de ce constat, au contraire, elle admirait cette réalité. Ron' représentait toujours le fils à sa mère, une femme envahissante mais charmante. Il était préférable de les voir ainsi. Même si le jeune homme paraissait gêné, sentiment tout à fait valable, il acceptait le soutien de cette femme. Il possédait encore l'appui de ses parents, des repères indispensables dans une vie. Présentement, les deux amis se retrouvaient ensemble, Madame Redfield les avait laissé tranquille sous la demande de son fiston. Ce dernier avoua le fait que sa relation avec ses parents demeurait la même depuis toujours et qu'il ne faisait rien pour que cela change. Il était en droit de garder cette sécurité. La rouquine sourit à cette remarque. Son interlocuteur affichait toujours un embêtement quant au comportement de sa mère, pourtant il savait qu'As' tolérait cette dame, elle la respectait.

Pourquoi tu persistes ? Je ne juge pas car au contraire je trouve ça bien, on n'a pas tous la chance d'avoir de si bons parents, mais je me demande juste pourquoi tu agis comme cela bien que tu as raison. La famille reste ce qu'il y a de plus vrai. Tes parents t'ont donné la vie, ils te connaissent mieux que quiconque et ils savent ce qui est bon pour toi. Il t'offre une certaine sécurité, un confort et un amour que tu ne retrouveras peut-être pas dehors. Franchement, votre relation est admirable. Certes, les parents sont parfois chiants mais on a qu'un père et qu'une mère, non ? La jeune femme exposait une pensée personnelle bien qu'elle ne pouvait répondre de la même expérience, la belle était seule. Aaron connaissait juste une partie du passif de l'irlandaise : son papa l'avait abandonné et elle ne s'entendait pas avec sa mère, il s'agissait des maigres données connues par le guitariste. O'Donnell n'appréciait pas s'exprimer sur le sujet. Par la suite, le brunet l'invita aller dans le jardin malgré une journée fraîche. On peut rester dans le jardin, comme tu veux, c'est chez toi. Avec ou sans ta mère, il n'y a pas de soucis. Elle savait bien qu'Aaron préférait que sa génitrice le laisse un peu respirer. Avant de profiter de l'extérieur, ils se dirigèrent dans la cuisine. La rousse accepta un verre d'eau en remerciant son ami. Je comprends, ne t'excuse pas, je suis moi-même désolée de ne pas être restée encore plus, heureusement ta mère s'occupe bien de toi. Sinon, j'suis bien rentrée. La question suivante de Red, surtout la prononciation de cette dernière, donc les termes choisis pour désigner Scott, perturbèrent quelque peu l'irlandaise. Aaron lui reprocherait-il d'être en couple avec le scientifique ? Non ne t'en fais pas, on sait se débrouiller, il a été surpris mais ça s'est arrangé. Elle ne raconta pas l’effet que son interlocuteur provoquait sur son mari : jalousie, jalousie et jalousie. Ils s'étaient bien engueulés. Et toi, tu ne m'as pas répondu, tu as bien récupéré pendant trois jours ? Qu'as-tu fais de beau ?


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mer 13 Nov - 17:37

    Sans le vouloir, Aaron dévisagea lourdement la jeune femme lorsque celle-ci s'émerveilla de le voir si aimé par son entourage. En fait, une phrase ne voulait pas passer : tes parents t'ont donné la vie. Justement, non. Or, il ne pouvait pas lui en vouloir : Aslinn n'était pas au courant de son statut d'enfant adopté. Certes, ses véritables parents étaient les Redfield, ils l'avaient élevé comme leur fils, aimé comme s'il avait été de la même chair. Mais demeuraient ses parents biologiques. Une question douloureuse. Monsieur et Madame Redfield lui avaient dit la vérité alors qu'il n'avait que neuf ans. Enfin, ils ne lui avaient pas vraiment "dit" : Aaron avait surpris ses parents en pleine conversation avec des amis. Il avait laissé l'idée macérer pendant bien deux ou trois ans. Le sentiment de n'être l'enfant de personne avait pu croitre à bon rythme, si bien qu'âge de douze ans, Aaron avait explosé, refusant catégoriquement l'autorité de ces imposteurs. Longue et douloureuse, la crise fut cependant passée. Depuis cette découverte, il n'avait jamais été le même : beaucoup plus défiant, manipulateur, incapable d'entretenir des relations interpersonnelles correctes. Il s'était demandé pourquoi sa mère avait voulu se débarrasser de lui à la naissance, pourquoi elle n'avait pas cherché à le connaître... Autant de questions restées en suspens qui n'aidèrent pas à forger une identité solide. Aaron restait le fils d'une pute toxico des bas fond de Gotham. Là était d'ailleurs son excuse pour tous ses excès. S'il buvait, se droguait, fumait ou baisait, c'était à cause des gènes de sa mère biologique. Il était aussi pourri qu'elle. Un psy' tenta de changer son point de vue, et Aaron ne s'en referma que plus. Si bien qu'à maintenant vingt-cinq ans, il tentait du survivre, persuadé que la manipulation comme volonté de contrôle omnipotent le protègerait. On ne pouvait décemment pas dire qu'Aaron était bien dans ses pompes...
    Redfield finit par détourner son regard, conscient qu'il devenait trop insistant. Peu de personne connaissait la vérité quant à son statut d'enfant adopté. A vrai dire, il n'y avait pas de quoi se vanter. Et puis, il ressemblait dans une certaine mesure à ses parents adoptifs. Il avait le même sourire commercial et charmeur que son père, la manière d'articuler de sa mère, le caractère de merde d'un de ses oncles. Le mimétisme avait fait de lui un Redfield.

    Je suppose, oui... Que répondre. Non, lui en avait quatre de parents, dont deux plus ou moins inconnus. Ses petites enquêtes avaient réussi à le faire remonter jusqu'à sa mère. Mais aucune trace de son père biologique. Surement un clodo'... Heureusement, Aslinn embraya, débarrassant Aaron du sujet délicat de ses parents. Va pour le jardin.

    Les deux ex-étudiants sortirent. Aaron tira une chaise à O'Donnell et fit le tour de la table pour se placer en face. Il se contenta d'un rictus crispé à l'évocation du couple. La rousse balaya le sujet de la conversation pour s'enquérir de la santé du musicien. Machinalement, ce dernier se passa une main sur l'arcade sourcilière. La peau était encore bien tuméfiée. Mais à la rigueur, ça lui donnait un air de vrai rebelle...

    Ça va. J'en branle pas une... Je m'emmerde assez en fait, mais bon, faut que je me repose. Ses derniers mots imitèrent le ton bienveillant d'un médecin soucieux. J'ai essayé de gratter un peu, mais bon, je suis constamment dérangé par ma harpie de mère. Certes, ça devait bien faire deux ou trois mois qu'on ne s'était pas vu plus de deux heures mais bon... c'est lourd. Après, je me plains pour la forme. Et jouer les victimes de bons côtés. Un léger sourire souleva ses pommettes. Il était bichonné par sa mère : ses désirs étaient des ordres. J'espère que le type ne tourne plus autour de la boîte... Il y a vraiment des détraqués. Franchement, j'en reviens pas de ce choix de carrière : qui l'aurait cru ?
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Lun 18 Nov - 18:00

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Les deux amis se trouvaient dans le jardin. La journée était fraîche. Avec sa veste assez légère, Aslinn s'attendait à résister seulement quelques minutes, le soleil ne chauffait en rien l'extérieur et les âmes présentes dehors. Aussi, elle restait très frileuse par moment. Mais elle accepta bêtement la proposition d'Aaron. Juste avant, la mère du guitariste se montra expansive et accrochée à son fiston. Quand elle laissa son enfant respirer, As' se permit un commentaire personnel, lancé à la va-vite. Il concernait son avis sur les expériences familiales. « Un père on en a qu'un, une mère on en a qu'une », considération banale, générale mais surtout véridique. Ce constat pouvait faire mal. Or, la rousse ne semblait pas s'en douter. Pourtant, elle connaissait l'étendue de cette idée, elle en souffrait aussi. Elle n'avait pas connaissance du vrai passif d'Aaron, alors la jeune femme n'imaginait pas les dégâts que pouvaient engendrer ces quelques dires maladroits. O'Donnell ne reviendrait pas sur le sujet. Elle avait avancé ces paroles sans réelles intentions. Présentement le musicien prouva son côté galant en tirant une chaise pour celle qui lui rendait visite. Il vient ensuite s'installer en face. As' s'assit. Elle attendit la réponse de son interlocuteur sur son état de santé. Le brunet répondit, ses conditions de vie changèrent pour le rendre inactif. Le médecin lui conseilla le repos afin de récupérer de cette bagarre. Redfield les écoutait.

C'est une bonne chose, il faut que tu récupères. Il t'a pas mal secoué. Le jeune homme continuait sur sa lancée. Cela faisait sourire Aslinn car il se plaignait encore de sa génitrice qui demeurait aux petits soins avec lui. Elle a du halluciner en te voyant réapparaître et stresser en admirant ton état... ironie bien évidemment. Elle s'inquiète trop pour toi. En tout cas je me doute que ce repos est salvateur. Tu n'as pas trop mal j'espère ? Je suis vraiment désolée pour ce que le type t'a fait subir, c'est de ma faute quelque part. Tu es vraiment sympathique pour cette aide que tu m'as apporté. Il fallait poser de nouveau les bases. Non, et auquel cas les vigiles vont le virer à coups de pieds. Tu as... ah non tu n'as pas pu voir leur colère. Ils l'ont chopé de manière bien brutale, je suis certaine qu'il a connu un peu la froideur d'une cellule de prison, il t'a quand même bien amoché et il a tenté de me violer. Ce n'est pas rien. Elle marqua une légère pause, coup d’œil aux alentours : ce jardin était d'une beauté à couper le souffle ! Madame Redfield avait la main verte. Puis, Aslinn entendit le commentaire de son interlocuteur à propos de son nouveau boulot. Que dire ? Elle ne pouvait révéler son secret. Je ne m'y attendais pas également. Voilà la réponse toute faite qu'elle jugea passable. On comprenait bien qu'elle ne choisit pas son orientation. Mais bon, toutes les filles dans le club ne possédaient pas toujours le choix également. Pour sûr, j'ai appris à surprendre et à me montrer moins coincée, les temps changent. Elle rit. J'espère que je ne te déçois pas ? Cette interrogation servait juste à installer un climat, elle ne souhaitait pas forcément une réponse objective. Qui est venu te rendre visite à part moi ? Tes amis, ton groupe, ils ont du chercher à savoir ce qui était arrivé ? Tu ne t'es pas vanté de tes performances sur le terrain ? Il aurait pu enjoliver la chose devant ses potes en mentant : « le type s'en sort moins bien que moi », cela aurait certainement fonctionné. Ils doivent être sur le choc, tu passais une soirée tranquille juste avant. Pas facile d'être un héros pour ces Dames, plaisanta-t-elle, ta réputation ne doit cesser de s'agrandir avec de tels actes. Elle sourit de nouveau.

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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 19 Nov - 2:30

    Pour avoir "halluciné", sa mère l'avait fait... Étant majeur et vacciné, Aaron avait eu l'honneur de ne pas avoir eu ses parents prévenus par l'hôpital. Or, lorsqu'Aslinn s'était dévouée pour le ramener chez lui, il n'avait pas eu le cœur à lui faire traverser la ville pour aller à son loft pour ensuite la retraverser pour rejoindre son chez-elle. Son choix s'était naturellement porté sur la maison où il avait grandi. A peine était-il rentré qu'une alarme stridente s'était lancée. Il avait beau rentré un code, celui-ci devait être périmé. Son père était descendu à pas de loup, armé d'une crosse de hockey, prêt à en découdre avec le malfaiteur. La tronche qu'il avait tiré en voyant la gueule boursoufflée de son fils en train de se battre avec le boitier de l'alarme...

    Ce n'était pas une question de sympathie ou je ne sais pas quoi d'autre Aslinn. Je ne pouvais pas laisser quelqu'un se faire agresser ainsi. Comment ça, cela sonnait faux ? Non, il n'avait absolument pas hésité à la sauver, même quand il l'avait identifié clairement. Une moue gênée vint le trahir. Mais habile menteur, il noya le poisson, encore une fois. J'espère que ce détraqué ne reviendra pas. Ça serait fâcheux de devoir l'humilier une seconde fois ! C'est fou comme avec un peu d'humour et d'ironie, il se sentait presque héroïque. Presque...

    O'Donnell ne s'étendit pas plus sur sa vocation de danseuse. En même temps, elle n'avait pas à s'en justifier. D'un geste de la main, Aaron s'excusa d'insister. C'était une autre information qu'il ne digérait pas, en plus de celle de son mariage avec Ledger. Pour sûr, elle était bien moins farouche qu'avant.

    Non, bien sur que tu ne me déçois pas ! C'est ta vie, et tu en fais ce que tu veux. Et puis, tu dis "moins coincée" mais je t'ai connu... Avec toute l'élégance masculine, Aaron offrit à son interlocutrice un sourire gras. Au moins, le sous-entendu devrait passer, et cela lui économiserait le temps de bien choisir ses mots pour ne pas vulgairement dire qu'il l'avait connu dévergondé et... bref.

    Ses visites ? Redfield réprima un rire presque hystérique. Personne. Enfin si, son bassiste. Aaron avait du annuler une répétition, et ne s'était justifié qu'auprès de son ami, lui demandant d'améliorer la version originale de son cassage de gueule. Résultat, quatre heures après, Tommy lui avait téléphoné pour se foutre de sa gueule. T'imagine mec, t'aurais pu te faire violer aussi... s'était il esclaffé entre deux gloussements. Il le détestait, mais ne pouvait pas lui en vouloir. Red aurait agit de la même façon si les rôles avaient été inversés.

    Pas vraiment en fait. Quelques textos et basta. Et me vantez de quoi ? Hein ? Aaron laissa planer un bref silence, jouant la carte de la pauvre petite chose avant d'ajouter, sur un ton brutalement différent, en totale réponse à la plaisanterie de l'irlandaise. De faire le boulot de Batman ?

    Face à lui, la jeune femme tremblait de froid, mais demeurait trop polie pour dire quoique ce soit. Aaron aurait été curieux de voir dans combien de temps elle se serait permis d'insinuer son inconfort, mais décida finalement de ne pas tenter l'expérience.

    T'as l'air gelée. On va rentrer, viens.

    L'escapade dans le jardin aura été de courte durée. Ils traversèrent la cuisine et revenus dans le hall, il l'invita à prendre les escaliers. Sa mère déambulait au rez-de-chaussée, et il n'avait aucune envie de l'avoir dans les parages. Une fois dans le couloir, ils s'enfoncèrent jusqu'à atteindre la dernière porte à droite.

    Prête à entrer dans la machine à remonter le temps ?

    Du bout des doigts, il poussa la porte qui s'ouvrit sur son ancienne chambre.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Ven 22 Nov - 16:17

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Aaron Redfield revenait sur son sauvetage. Son interlocutrice démontrait une grande inquiétude. Elle s'empressait toujours de demander au brunet s'il ne souffrait pas trop car elle restait compatissante et elle culpabilisait en même temps. Aussi, la jeune femme demeurait triste de le voir dans cet état. S'il ne l'avait pas croisé, il n'en serait pas là. Il fallut que leur rencontre se solde par un événement inattendu, imprévu et violent. Aaron ne put s'empêcher d'en garder des séquelles. L'affaire résonnait fatalement dans l'esprit d'As'. De plus, elle n'était plus en sécurité. Son mari devait la chercher et la conduire au travail. Scott ne désirait pas perdre sa femme, il s'en voulait également car il s'agissait de lui qui poussa son épouse à passer du temps au club de striptease. La rousse ne souhaitait pas que le scénario se reproduise donc la présence son mari la rassurait. La sécurité avait beau être présente sur les lieux, il fallait évaluer tous les risques. Aaron adopta une attitude chevaleresque l'autre soir. Il aurait largement pu passer son chemin. Aslinn ne représentait certainement qu'un reste du passé. Mais le musicien avait des principes, il l'aurait assurément opté pour la même option avec n'importe qui car il ne pouvait abandonné une personne dans l'embarras, surtout s'il la voyait se faire agresser. Redfield ne savait pas que Ezechiel Valentini qualifiait la pire menace pour son amie. Ils possédaient un souvenir en commun. Il refit surface simplement parce que la belle ne sut se taire. Elle espérait juste qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur, même si ses désirs de vengeance, de justice, stagnaient à la surface de l'eau qui inondait son esprit.

Je comprends, tu as le sens du devoir. Elle sourit. Pourquoi le jeune homme affichait une mine gênée ? Trop modeste peut-être ! La suite fit rire O'Donnell. Je vois, il risque de passer un sale quart d'heure. Il ne reviendra pas. Ensuite, l'irlandaise s’enquérait de recueillir l'avis de son interlocuteur sur sa nouvelle fausse vocation . Étrangement, elle stressait de le décevoir. Oufff, j'avoue que ton avis compte un peu. Elle rit de nouveau. Vas-y arrêtes, enchaîna-t-elle avec un air moqueur, tu me motivais : c'est de ta faute ! Plaisanta-t-elle. Leur lien avait toujours été fort malgré les disputes vers la fin de leur histoire. Un semblant de complicité paraissait résister. Aslinn n'avait pas d'excuses pour son mode ouvertement décoincée. Jeune, elle s'était quand même tapée son professeur de chimie avant de terminer en couple avec Aaron, presque en même temps d'ailleurs, elle avait du choisir très vite et revoir ses priorités. Alors, elle ne pouvait pas dissimuler un comportement pareil, encore moins avec le temps puisque ses activités parlaient pour elle. Après, Aslinn s'intéressa aux visites de son ami. Personne. Que se passait-il ? S'était-il brouillé avec son groupe ? N'avait-il pas d'autres camarades en dehors ? Sa vie semblait plus monotone qu'avant, comme quoi la roue tournait, et sa popularité d'antan s'écrasait en solitude pesante. Ah mince... Je suis là pour y remédier alors. O'Donnell avait usé d'humour mais Ron ne se montra pas réceptif à 100%. Oui c'est un peu cela, Aaronman, plus rapide, et réactif que Batman pour le coup ! Puis, Aaron proposa de retourner à l'intérieur. As' sourit. Ils rejoignirent la chambre d'Aaron. Comme si une pommade muséale s'était installée, les choses n'avaient pas tellement bougé. La rouquine restait hébétée un instant. Une boîte à souvenirs plutôt. Les week-ends, ils les passaient chez Aaron car à l'internat de la fac, la colocataire de l'irlandaise ne voulait pas entendre parler de garçons, ni en voir un débarquer, elle détestait même Aaron s'en l'avoir rencontré. On aurait pu rester en bas avec ta mère, ironisa-t-elle. Quelle drôle d'impression quand-même ! Tu as quitté ta maison il y a combien de temps ? Je suppose que tu ne vis plus ici aux vues des affaires manquantes, désolé de t'avoir ramené ici l'autre matin après ton hospitalisation... .


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Lun 25 Nov - 1:12

    Tout en poussant la porte du bout des doigts, Aaron se laissa bercer par l'impression étrangement grisante de déjà-vu. Ils en avaient passé du temps dans cette piaule. Le passé ressurgissait. Mais loin d'être chargé de remords et autres regrets, il semblait même s'appesantir sur les bons moments. Certes, leur relation avait connu des hauts et des bas, mais le musicien se rappelai bien plus volontiers des bons moments que des mauvais. De toute manière, peu avant que leur couple ne périclite, Redfield s'était déjà complètement désengagé de sa relation avec Aslinn : il courait après les filles et un succès encore incertain. Et voilà qu'à présent, fort d'une notoriété écrasante, il s'amusait plus ou moins consciemment à amadouer son ex.

    Un sourire accueillit le commentaire de la jeune irlandaise. Sa chambre n'avait pas bougé depuis qu'il était rentré à la fac. Aaron était certain que s'il s'aventurait à fouiller dans ses placards, il retrouverait quelques perles. Sur les murs, quelques posters avaient survécu au temps. Et dire qu'à présent, sa tronche ornait les murs de milliers de chambre à travers le monde. C'était tout juste flippant... Il se revoyait vaguement fantasmer sur certaines célébrités affichées à son mur : maintenant c'était à son tour d'être l'objet de rêveries vaguement perverses.

    Je ne vois pas pourquoi tu t'acharnes à vouloir rester avec elle ! A l'époque, on était bien heureux quand on arrivait à lui échapper.

    Une certaine candeur anima son sourire. Aslinn n'avait jamais connu l'amour d'une famille unie, et il la suspectait d'y trouver une maigre compensation au sein de la sienne. A vrai dire, sa mère avait de l'amour à revendre et Aaron en avait fait une overdose, alors pourquoi pas !

    Hum, j'ai dû partir il y a maintenant d'ça bien... cinq ans. J'ai arrêté la fac' à 20 et...

    Le musicien partit dans une profonde réflexion, bien incapable de trouver intuitivement la réponse à la question de la rousse. C'était à sa seconde année de fac' qu'il avait rencontré le succès et tout foutu en l'air pour être célèbre. Et depuis cinq ans... Il lui était difficile de dire ce qu'il avait fait, où il avait été. Il se rendit compte qu'il avait essayé de construire quelque chose mais n'avait fait que s'éparpiller. Jusqu'à ses 20 ans, sa vie semblait s'être organisée autour d'une certaine logique. Or, à présent, il avait l'impression de tourner en boucle. Il n'avait plus aucun repère dans sa vie pour l'empêcher de répéter ses erreurs et de se perdre. Au fond, sa mère n'avait pas tort : une belle blonde et un gosse ne lui feraient pas de mal, histoire de revoir ses priorités et ses buts dans la vie. Mais c'était risqué pour la blonde et son rejeton.

    Ouais, ça doit faire cinq ans que je ne vis plus chez mes parents. J'ai fait une coloc' avec deux membres du groupe, mais c'était plus un squat qu'autre chose. Et puis, avec les tournées, on y était pas souvent. J'ai un appartement pas loin du centre depuis deux ans. C'est là que je vis. Aaron se laissa tomber sur son vieux lit qui émit un grincement douloureux sous son poids. Tu peux t'asseoir si tu veux. Trop polie, elle serait foutue de se payer des crampes avant d'oser demander à s'asseoir. Nan, t'inquiète, y'a pas de souci. C'était plus simple pour toi et c'était plus proche de l'hôpital. D'un regard nostalgique, il balaya la pièce. Ça ne te manque pas des fois l'époque de la fac' ? J'y étais pas tellement certes, mais c'était cool d'être étudiant. Je ne demande parfois ce que les autres sont devenus. Y'a pas longtemps, j'ai recroisé dans les backstage une fille qui m'avait foutu un râteau au lycée : c'était bizarre. Il ne savait pas bien où ces considérations l'amenaient, mais il espérait qu'Aslinn trouve matière à rebondir. Il avait pourtant des milliers de questions à lui poser, mais il craignait de l'indisposer.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Lun 25 Nov - 15:41

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Les deux amis s'acharnaient assez sur le cas de la maman d'Aaron Redfield. Quand Aslinn usait d'ironie et d'un peu de sérieux car faire face au passé lui faisait un peu peur, son interlocuteur préférait échapper à sa génitrice comme par le passé, il ne souhaitait pas rester avec la femme. En effet, elle le maternait, le surveillait, s'en occupait beaucoup. Il fallait bien qu'il respire de temps à autre. La rousse sourit juste à la réplique de son ami. Elle sentait que le passé était trop présent dans cette pièce, dans la conversation. Était-ce normal ? Ils venaient de se retrouver alors il était évident que les souvenirs s'installeraient dans la discussion. As' souhaitait juste prendre des nouvelles du brunet, était-ce une bonne idée de squatter ici avec lui ? Pourquoi s'en priver d'un autre côté ? Présentement, Aaron répondait gentiment aux questions de la jeune femme. Il ne termina pas sa formation à la fac pour vivre son rêve. Initiative tout à fait honorable. Il commençait à connaître la renommée. Il en profitait. Cela faisait donc cinq années qu'il arrêta les études. Le guitariste se répétait, sûrement perdu dans ses pensées. Puis, il développait au fur et à mesure ses idées. La rouquine s'assit quand son interlocuteur le lui proposa. Merci. C'est gentil. Elle restait totalement attentive. Elle comprit que Ron' avait quand-même évolué : il réussit à gagner du succès, il vivait seul. Il détenait un quotidien adulte si on analysait la situation avec une vue d'ensemble : travail, logement, et contacts. Le seul élément qui le rendait différent des autres : son statut de célébrité. Puis, Redfield s'enquit d'évoquer à nouveau leur passé en commun. Il ne l'annonçait pas de but en blanc mais son interrogation laissait planer cet axe. Non cela ne me manque pas vraiment. Ma vie actuelle me plaît bien plus, elle me ressemble franchement. J'ai adoré l'université. Mais il faut laisser le passé là où il est. Chaque chose en son temps et chaque chose à sa place. Je ne me voile pas la face. J'ai la vie que je souhaitais. Je pense ne pas m’appesantir sur le passé. Et toi ? Je pense que tu peux aussi te vanter d'avoir réussi ce que tu voulais. A l'instant, As' espérait ne pas blesser son interlocuteur. Elle avait apprécié sa relation avec lui sauf la fin. Ils partaient d'une amitié sincère qui se transforma en un amour plutôt malsain. Mais, cette partie de leur existence demeurait un souvenir, il n'allait pas renaître de sitôt. Un lien reprenait doucement mais certainement pas le même que par le passif, les deux amis avaient changé. Dans ses années à la fac, Aslinn était très reconnaissante de l'apport de ses professeurs, niveau connaissances. Après, elle était assez autodidacte. Ces années à passer son temps à s'instruire qualifiaient un bonheur. Or, elle préférait encore plus son avenir même s'il n'était pas encore lié à la science.

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HJ: défi réalisé, et désolé pour la réponse courte!
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Ven 29 Nov - 3:05

    La réponse de la rousse était sans appel. D'une moue piteuse, Aaron accepta sa défaite. Il ne pouvait dire pourquoi il s'acharnait à ce point à vouloir revenir en arrière. Cependant, O'Donnell désirait vivre l'instant présent, et non pas se laisser aller niaisement aux souvenirs d'un passé pas si glorieux que ça. Le musicien hocha la tête, assurant son amie de son soutien, ou du moins, de sa compréhension. Toutefois, il ne pouvait pas en dire autant : Aaron vivait dans le passé, effrayé par un futur encore et toujours trop incertain, et perdu dans le néant du présent. Il était un naufragé, voguant au gré des flots, incapable de savoir si derrière la brume des océans se cachait une tempête ou les berges d'une île au trésor.

    J'en sais trop rien. J'ai l'impression que... que ma vie d'avant avait un sens alors que maintenant, j'erre, sans trop savoir où je vais mettre les pieds. Un maigre sourire vint tenter de rassurer son interlocutrice. Oui, j'ai ce que je voulais... mais j'ai pas l'impression d'avoir réussi pour autant. L'éternelle frustration humaine.

    Redfield eut une sorte de hoquet nerveux, entre le rire étouffé et la déglutition étranglée. Une éternelle frustration... Malgré les plaisirs de la vie, un goût amer persistait. Il était le survivant d'un monde en ruine, l'air saturé de cendres et l'horizon chargé de nuages noirs menaçants. Lorsqu'il regardait derrière lui, la forteresse ébranlée de son enfance disparaissait lentement. A chaque pas, le sable venait effacer ses traces, le laissant seul, dans un univers de désolation, sans repère, sans retour arrière possible ni avenir envisageable. Il semblait voué à rester là, planté, au milieu de nulle part, oublié, abandonné...

    Mais bon, je n'ai que 25 ans : j'ai le temps de vivre de belles choses.

    Le mensonge éhonté ! Redfield n'essaya même pas d'être convaincant. Certes, il n'avait pas nécessairement envie d'en parler, mais il n'en pouvait plus de mentir continuellement.

    Si tu mènes la vie que tu souhaitais, alors tant mieux ! Ce n'est pas donné à tout le monde.



    HJ : Pas de souci ! Ma réponse n'est pas tip-top non plus : la fatigue m'encroute grave x).
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Sam 30 Nov - 23:09

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Aaron Redfield avait longtemps cherché le succès, maintenant qu'elle le possédait, il faisait appel à une certaine nostalgie. Son passé semblait l'accaparer sur l'instant. En compagnie d'un membre de cet époque, présent dans une pièce évocatrice, il était difficile de ne pas surpasser la notion des souvenirs. Or, Aslinn O'Donnell ne comprenait pas les regrets qu'il paraissait détenir. A l'encontre de quoi ? Il avait bien profité de sa liberté, de ses débuts, de penser qu'à lui et de bannir un avenir solide en effectuant ses études jusqu'au bout. Certes, il jouissait d'une jeunesse plutôt heureuse et pavée de bons moments, mais désormais il avait tout ce dont il rêvait. Il réussit à atteindre son but, l'irlandaise l'enviait pour cela. Aussi, il ne quitta pas vraiment l'adolescence à voir : même vie, il l'annonçait lui-même. Il pouvait effectuer ce qu'il souhaitait, il était médiatisé, il partageait sa passion, la liberté le guettait toujours, rien ne le retenait ou le tenait, comme avant en quelque sorte. Alors qu'est-ce qui le dérangeait ? La rousse devait creuser. Son interlocuteur ne brillait pas par une limpidité pure et diffuse. Aussi, O'Donnell avait un peu coupé ses élans alors elle n'était pas méritante quelque part. Au fil de la discussion, elle obtint quand même la réponse souhaitée. Elle ne souriait pas pour autant afin de fêter sa victoire sur le mystère élucidé. Elle n'avait rien fait en plus, alors pas de quoi se vanter. Elle affichait juste une mine préoccupée, l'empathie la gagnait.

Tu restes peut-être bloqué sur une époque qui ne te fera pas avancer : le passé. Tu soulignes des regrets alors que tu devrais peut-être penser à l'avenir et à te créer de nouveaux objectifs, comme composer d'autres morceaux, changer d'environnement, trouver l'amour par exemple. Je viens de lancer ces idées au hasard mais ne les prends pas pour modèle, cherches ce qu'il te faut, ce dont tu as besoin pour exister encore plus afin de donner un nouveau sens à ta vie. Pour cela, tu dois faire le point et te recentrer. La pause avec ton groupe est arrivée au bon moment... ! Aslinn comprenait sa situation, sa frustration. Elle perdait du temps à utiliser son image, voire à « vendre son corps » pour satisfaire les rêves de son époux, et les siens dans toute cette merde ? Elle n'avait jamais cherché à être comblée par l'argent mais plutôt par la présence de la science et celle de son amoureux. Elle déviait de ses objectifs. Elle restait assez dépassée quand elle analysait son propre cas, d'où sa philosophie « faisons avec ». Présentement, la jeune femme observait son ami. Il la rendait triste avec ses airs malheureux. Elle se rapprocha de lui, et elle lui prit amicalement la main. Oui tu n'as que vingt-cinq ans, rien n'est perdu. Tu n'es pas seul, je suis là. Ne t'en fais pas, tu auras tout le temps de t’appesantir sur ton sort à l'âge de la vieillesse. Suite aux dernières paroles balancées par son ami, l'irlandaise laissa une once de lassitude perler ses dires et une forme d'indifférence s'installer dans son regard. Tu sais, mon rêve est de devenir une grande scientifique. J'ai rien fait de bien dans ma vie non plus. Mon quotidien est pas mal mais ne va pas t'imaginer que j'en suis fière à 100%. Sa carapace de femme satisfaite par son existence présente céda. Les masques tombaient. Le passé n'est pas ma préoccupation, mon présent me convient, mais mes rêves me manquent.... et ce constat est le pire à supporter, j'ai raté quelque chose en somme... j'suis pas mieux lotie que toi.

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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 3 Déc - 1:28

Yet, disappointment, oh, can't you see,
is still the cause and the cardinal symptom
of my sick, sad reality.

Sopor Aeternus - In Der Palästra


    Sortez les violons ! La discussion tournait vaguement au mélodrame. Aaron s'apitoyait sur son sort, entraînant O'Donnell dans sa descente aux enfers. C'était toujours comme ça : tel un poids attaché à la cheville de ses amis, il les entrainait vers le fond dès qu'il nageait en eaux troubles. Cette culpabilité se décuplait sous le poids de la honte : il n'était pas en droit de se plaindre. Il menait une vie de rêve, était admiré et même aimé par quelques âmes courageuses. Alors pourquoi cette éternelle insatisfaction ?
    Les mots de la jeune femme trouvèrent cependant un écho. Aaron coula un regard teinté d'un espoir désespéré vers elle.

    Tu crois ? articula t-il d'un ton enfantin.

    Il avait une peur incommensurable de l'abandon. Cela expliquait en grande partie son impossibilité de se lier de façon adéquate aux personnes de son entourage : il était soit dans une fusion intrusive et embarrassante, soit dans une distance glaciale et méprisante.  Aslinn jouissait de la première position. Aaron la voulait pour lui, développant une jalousie excessive au vu de la précocité de leurs retrouvailles. Cette abolition des distances ne cessait d'interpeler la jeune femme qui ne savait comment s'ajuster. Red sentait l'inconfort de son interlocutrice qui ne savait pas sur quel pied danser. Mais il était incapable de faire autrement. Lentement mais surement, Aslinn O'Donnell devenait une béquille sur laquelle Aaron allait se reposer.

    Te sens-tu jamais accomplie ?

    La question, de nature rhétorique, venait appuyer la remarque de la jeune femme quant à sa vie. Au fond, tous deux vivaient dans une certaine insatisfaction, mais le monde ne s'était écroulé que pour l'un des deux. Aaron appesantit son regard sur la main qui s'était perdue sur les siennes. Aslinn savait-elle à quoi elle s'engageait ? Certainement pas. D'un soupir, le musicien essaya de balayer la morosité ambiante.

    Bref... On ne va pas sortir les mouchoirs non plus. Mais j'apprécie ta sincérité : c'est devenue une chose trop rare de nos jours.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Ven 6 Déc - 22:58

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”

Aslinn O'Donnell pensait sincèrement que son ami ne trouvait pas le bonheur car il se l'interdisait royalement. Il demeurait assez sévère avec lui même. Un rêve réalisé et sa vie semblait terminée. Or, il pouvait toujours entreprendre de nouvelles choses, réfléchir à des projets d'avenir, trouver des envies qui le bottent. Un recentrage devenait nécessaire pour le guitariste. La pause prise par son groupe tomber à pic ! Analyser sa situation ne représentait pas la pire action à effectuer. Aaron pourrait enfin se situer dans sa propre existence. Présentement, il semblait juste au bord d'un précipice, il tentait de l'investir en se jetant pleinement dedans mais ce dernier le repoussait avec conviction. Aaron débutait sa vie, voilà ce que le gouffre voulait lui rappeler en lui interdisant l'entrée dans un monde morne, où l'envie d'en finir paraîtrait plus proche que n'importe quelle autre option.

Oui je le crois. Je pourrai t'aider si tu le souhaites, parler cela peut aider à y voir plus clair. Je serai là pour t'écouter et te donner mon avis si tu le veux.

La mélancolie allait de paire avec l'atmosphère ancienne que dégageait la pièce. La nostalgie éprouvée par Ron' venait contaminer l'irlandaise. Tout semblait fonctionner par deux. Ensemble, ils arriveraient à démêler les idées floues de Redfield pour les transposer en désirs. Seul, le musicien continuerait à accueillir le vide. Sa frustration était légitime. Or, As' l'aiderait à pallier à ce sentiment un peu collant et réellement déconcertant. Se sentir peu accompli justement. Aaron pointait du doigt le souci de son amuie, alors qu'il détenait le même. Il le savait au fond de lui, il l'évoqua précédemment. A part mettre des mots sur une situation, bon début, il ne lui restait plus qu'à y ajouter les actions qui parlent plus.

Sûrement, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose dans ma vie : la science. Je pourrai peut-être espérer bosser dans le labo de mon mari mais je ne crois pas lui être plus utile que cela, je connais les problématiques qu'ils travaillent et je sais que je lui apporterai rien de plus. Puis, travailler ensemble en étant mariés, je ne crois pas aux bienfaits de cette méthode ! Je vais penser à contacter des structures, Scott doit avoir des contacts... .

Il pourrait mal le prendre aussi. D'abord, il fallait qu'elle finisse le reste de son année chez Papi S. Elle aidait son époux entre temps pour organiser son emploi du temps de ministre, pour gérer quelques tâches au labo mais rien pour elle. Tout ce qu'elle effectuait dans la vie se rapportait à Ledger, il tenait une place importante dans son quotidien, dans son esprit mais à voir dans l'entièreté de son existence, il écrasait son être, son identité. Elle appréciait en retour toute la considération qu'il lui offrait : il représentait son homme, son ami, son confident, son meilleur ami mais aussi un père. Il la considérait parfois comme sa petite poupée, il la gâtait. L'amour rendait les personnes étranges. Par la suite, Aaron préféra couper court au feeling de nostalgie. Il avait raison.

Tu veux peut-être que je te laisse pour que tu te reposes ? On discutera une autre fois de tes aspirations. Je ne souhaite pas forcément partir.. mais.. tiens-tu peux me jouer un morceau ? Elle contemplait la vieille guitare du musicien, la rousse trouva une parade intéressante à cette visite, fini la morosité !


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 10 Déc - 2:24




    Le regard brillant d'une lueur désespérée, Aaron fixa le visage de son amie : tous deux ne vivaient pas dans le bonheur. Mais qui y vivait ? Dès notre plus jeune âge on nous vantait les mérites d'une vie remplie de bonheur. Mais ce qu'on ne nous disait pas, c'était que tout cela était aussi consistant que les rêves. Personne n'accédait au bonheur, au Nirvana suprême. Et quand bien même une âme aurait-elle eu la chance de l'atteindre ? Serait-ce vraiment de la chance ? A quoi bon vivre si tout besoin se voit aussitôt épanché dans une satisfaction totale ? Au bout du compte, si cette éternelle insatisfaction troublait les âmes, elle leur permettait cependant de donner de la substance à leur vie, un but, un idéal. Jamais le mythe d'Icare n'aurait fait sens s'il avait pu toucher le soleil...
    Un maigre sourire souleva les pommettes du musicien. Ils étaient mignons à jouer les adolescents en crise. Toutefois, il apprécia la sollicitude de la jeune femme : il se sentait compris, et même rassuré. Le sentiment d'inachevé, aussi dévastateur pouvait-il être, était le lot commun de tout le monde. Aslinn se permit d'exprimer ses désirs inavoués au musicien qui essaya d'être aussi réceptif que possible. Hélas, il avait toujours été une merde en science, et la chimie devait être le cours qu'il avait le plus séché à l'époque du secondaire.

    J'espère bien que tu arriveras à intégrer un labo' : tu as largement le potentiel ! Je suis sur qu'on peut faire quelque chose de très prometteur à partir de H2O et du carb...

    Il se tut, affichant un sourire stupide mais qui exprimait à merveille son ignorance et son inintérêt pour la chose.
    Certainement assommée par l'ambiance morose qui les berçait mollement au rythme d'une douce mélodie mélancolique, Aslinn manifesta son envie de partir. Aaron n'eut pas le temps d'essayer de répliquer quelque chose pour qu'elle reste que la rousse enchaina sur tout autre chose. Redfield se laissa aller à un sourcil surpris, mais ne tarda pas à se lever et à saisir la vieille guitare qui prenait gentiment la poussière à côté de son lit. Il saisit un médiator resté coincé entre les cordes et gratta ces dernières. Un son terriblement faux lui donna la chair de poule. Il s'excusa d'un regard et accorda la guitare. Une corde lui péta à la gueule. Il ferait sans.

    Bon, on va essayer de faire un truc avec cette antiquité. Je pense que tu reconnaitras... j'espère en fait. Tu m'en verrais terriblement vexé sinon.

    Aaron pinça quelques cordes et tâtonna entre deux sons avant de finalement se lancer sur la mélodie désespérée de Dream On d'Aerosmith. Les premiers accords passés, il desserra les mâchoires pour s'oser à un chant assez grave. Par chance, il ne possédait pas une voix trop dégueulasse. Certes, pas de quoi sortir un album solo, mais il se défendait très bien sur un karaoké.

    Every time when I look in the mirror
    All these lines on my face getting clearer
    The past is gone
    It went by, like dusk to dawn
    Isn't that the way
    Everybody's got the dues in life to pay

    I know nobody knows
    Where it comes and where it goes
    I know it's everybody sin
    You got to lose to know how to win

    Half my life
    Is books, written pages
    Live and learn from fools and
    From sages
    You know it's true, oh
    All these feelings come back to you


    Ses doigts trouvèrent machinalement les notes malgré la corde manquante. Il évita les aigus alambiqués de Steven Tyler, favorisant une voix claire teintée d'une certaine nonchalance qui se prêtait bien à la mélodie.

    Sing with me, sing for the years
    Sing for the laughter, sing for the tears
    Sing with me, just for today
    Maybe tomorrow, the good Lord will take you away

    Yeah, sing with me, sing for the year
    Sing for the laughter, sing for the tear
    Sing with me, just for today
    Maybe tomorrow, the good Lord will take you away

    Dream on
    Dream on
    Dream on
    Dream until your dreams come true
    Dream on
    Dream on
    Dream on
    Dream until your dreams come true
    Dream on
    Dream on


    Il ne finit pas la chanson, préférant de pas endommager plus que nécessaire les oreilles de la jeune rousse. Ses mains quittèrent la guitare et d'un regard interrogateur, il questionna la jeune femme.

    Je sais, Steven Tyler n'a plus qu'à se rhabiller ! Blague à part, j'aime bien cette chanson, et je la trouvais de circonstances : rêve jusqu'à ce que tes rêves soient vrais.

    Aaron n'arrivait pas faire disparaître le sourire enfantin qui lui fendait les lèvres. Il était tout fier de lui.
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mar 10 Déc - 22:16

Aaron Redfield & Aslinn O'Donnell

“ From this day... ”


Aslinn O'Donnell retrouva un ami. Elle ne souhaitait pas l'abandonner. Au début, elle se montra peu réceptive, distante et assez froide lors de leurs retrouvailles. La jeune femme restait une personne discrète, peu expressive par moment. Il fallait parfois creuser pour trouver les états d'âmes de la rousse. Ce côté indifférent qui demeurait involontaire lui donnait des airs mystérieux qu'elle ne recherchait pas du tout. La belle sortait difficilement des émotions. Elle perdit son univers trop sarcastique qu'elle chopa lors de l'adolescence, mais elle conserva cette prise de distance avec les autres. Elle se contrôlait au travail pour paraître la plus impliquée possible. Il fallait que le client se sente exister, qu'il se considère comme un roi, un chanceux parmi les autres alors faire preuve d'une apparente chaleur devenait une donnée obligatoire, indispensable. En effet, le récepteur représentait la part d'émotion. Avancer un élément tactile aidait bien aussi. As' prenait beaucoup sur elle mais avec le temps, elle se détachait des caractéristiques qui la constituaient. Autrement, elle savait invoquer une part de sensibilité face à ses proches, notamment ses amis. Aaron se comptait comme l'un d'eux. Alors, l'irlandaise serait se montrer à la hauteur d'une possible complicité récupérée. Le jeune homme lui sauva la vie. Elle lui devait beaucoup ! Présentement, il la soutenait un peu dans ses dires. Ce détail faisait chaud au cœur. Les attitudes se répondaient, la compréhension était de mise et le compassion également. Ils vivaient le même dilemme, comme tout un chacun, tous au même niveau, le partage avait l'air plus facile. Aaron fit rire son interlocutrice par sa remarque totalement légère, pleine d'ignorance. La rouquine ne se moquait pas. Le musicien ne détenait pas les mêmes aspirations qu'elle, il n'avait jamais été un élève assidu à ce cours alors il possédait le droit de ne pas comprendre cette passion pour des éléments chimiques. Pourtant, il y avait de l'avenir dans ce secteur. La jeune femme retint les encouragements du brunet, son sourire ne faiblissait pas.

Merci beaucoup, elle rougit, avec le temps on verra bien, j'ai peut-être tout perdu ! Pas vrai, elle se dévalorisait. Elle accompagnait encore son mari dans ses recherches, elle connaissait le sujet en long, en large et en travers.

Pour éviter de partir maintenant, la jeune femme réclama un morceau à son petit-ami de l'époque. A la faculté, elle posait souvent ce genre de requêtes et un jour, la musique, en plus du comportement du guitariste, les sépara. Cela faisait un entraînement au jeune homme de l'époque qui rêvait de monter une tournée avec son groupe, de signer un contrat et de faire un album avant la scène bien évidemment. A l'instant, il s'agissait de continuer à laisser une place au passé dans ce débat, d’inviter la nostalgie à planer encore plus fort et de se concentrer ensemble sur un élément qui pouvait adoucir les mœurs : une belle conclusion avant un départ peut-être.

Tu me fais peur, tu me feras quoi si je ne reconnais pas l'air ? J'suis pas aussi calée que toi même si j'ai eu un bon prof et que j'entretiens une culture dans le domaine.

La rousse le laissa faire. Elle était contente qu'il accepte son deal. Elle le lança de manière inattendue mais ce geste fonctionna. Aaron connut des soucis au démarrage: il devait accorder sa guitare, une corde céda mais il était quand même prêt à surmonter les difficultés pour se lancer dans un numéro musical. Aérosmith, Grand classique ! La jeune femme écouta attentivement l'air joué par son ami, elle admirait ce qu'il effectuait : surmonter de telles difficultés et rendre la chose « écoutable ».

Tu dois d'abord perdre pour apprendre à gagner. Chacun sa conclusion. Redfield gardait la problématique des rêves: une belle concordance avec le sujet précédent! Elle sourit. Merci pour ce morceau ! Tyler a un bon successeur tu veux dire ! Elle marqua une légère pause. Je te félicite pour ton exploit, c'était pas gagné au départ avec cette vieille guitare mais tu as bien géré ! J'espère que tu mesures ton travail à sa juste valeur. Elle restait sincère. La seule chose que je sais jouer, dont je me rappelle, c'est Zombie de Cranberries. Gros cliché ! Soudainement la maman de Aaron fit irruption dans la pièce. Oh mon fiston, tu es le meilleur, je t'ai entendu... je ne vous ai pas écouté aux portes hein je tiens à le préciser car tu vas encore dire que ta mère est envahissante mon chéri, elle fixait son enfant, vous êtes sûrs que vous avez besoin de rien?


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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell] Mer 11 Déc - 23:13

    Et son public fut apparemment réceptif. Aaron ne put s'empêcher de rougir niaisement. Ce n'était pas la même chose de jouer devant une foule anonyme en délire, et d'offrir une petite chanson dans l'intimité de sa cambre à une ex. Il prit les compliments, gorgeant son ego d'une fierté futile mais agréable. A l'écouter, il était un virtuose. D'un sourire amusé, il ajouta :

    Oui, enfin, si tes références sont les Cranberries, je suis le nouveau Mozart de l'alternatif !

    Aaron souleva la guitare afin de la donner à son amie, histoire qu'elle mette en pratique ce qu'elle avançait. Mais c'était sans compter sur la super-intervention super-utile et super-pas-gênante de sa mère. Redfield vira au rouge, partagé entre la colère et la honte. Il se hérissa à l'appellation de mon chéri. Elle régressait grave... Le regard dur, il fusilla sa mère et articula, très lentement, hstoire de bien faire passer le message une fois pour toute :

    Comme tu viens de la dire : on n'a besoin de rien. RIEN. Alors dégage ! Putain, faut que je te le dise comment ? Tu... tu m'énerves !!

    Un mélodrame adolescent se rejouait. La voix du musicien se brisa sous le poids de l'agacement, lui redonnant des airs avec le gamin mal fini en train de muer qu'il fut. Sa mère ne s'offusqua pas de l'attitude de rejet de son fils et se contenta de sourire stupidement. L'envie de lui claquer la gueule le démangea méchamment, mais il préféra étrangler le manche de sa guitare, ignorant les cordes de métal qui s'imprimaient sur sa paume. Percevant l'état de colère profonde de son fils adoptif, Madame Redfield se renfrogna subitement, décidée à faire preuve d'autorité.

    Aaron Redfield. Nous sommes attendus chez ta chère tante, que ça te plaise ou non. Alors tu perds de suite cet air de petit chien colérique et tu salues ton amie.

    Aaron s'étrangla. Depuis quand ils devaient aller chez sa tante. Ses parents devaient y aller, pas lui : il devait se reposer. Les Redfield s'affrontèrent, le regard venimeux. Le musicien fut le premier à détourner les yeux, et lâcha en un soupir un va te faire foutre tout à fait audible. Il ne laissa cependant pas à sa mère le temps de commenter.

    Ok. Je raccompagne Aslinn, et on en reparle. La voix dure et autoritaire, il se leva, invitant la jeune rousse à faire de même d'une main tendue. Ils passèrent devant la visage rougi par la colère de sa mère, pour qui Aaron n'eut même pas un regard. L'escalier dévalé , ils se retrouvèrent rapidement sur le porche où leur rencontre avait commencé. La boucle était bouclée.

    Je suis désolé de... de ça. Je sais qu'à l'époque ça ne te choquait pas, mais cinq ans ont passé depuis... c'était déplacé mais elle... Bref, j'en peux plus. Encore désolé. Il se frotta la nuque, sensiblement gêné. Pris de passion pour ses pieds, il poursuivit : Si jamais tu veux qu'on se revoit, mieux vaudrait un endroit neutre. 'fin, où tu veux sauf ici. J'ai pas compris la scène qu'elle m'a faite. Mais bref. Il se décida enfin à la regarder dans les yeux. Ce fut un plaisir cependant ! Merci d'avoir fait le chemin pour venir me voir. A une prochaine fois, je l'espère.

    Spoiler:
     
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MessageSujet: Re: From this day... [Aslinn O'Donnell]

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From this day... [Aslinn O'Donnell]

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