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 Se reconstruire ensemble ft Ophelia.

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MessageSujet: Se reconstruire ensemble ft Ophelia. Jeu 23 Jan - 22:54

Se reconstruire ensemble.

Avec la retraite forcée du Batman une part de Bruce s’est dissipée dans l’ombre. Le masque est tombé ; la couverture n’a plus besoin d’être maintenue. Il n’y a plus d’image à travailler pour étouffer les suspicions, plus de mensonge à maintenir afin de distraire. Ne reste qu’un homme brisé dont la plus proche compagne se nomme culpabilité.

Aussi, les apparitions publiques du milliardaire se font tant sporadiques que glaciales, toujours à l’initiative d’un Alfred inquiet à qui il ne peut refuser quelques heures d’exposition.
Mais Bruce n’a plus rien de l’homme qu’il feignait être ; il est cynique et mordant face à cette Gotham mondaine qui l’arrache des bras de la réclusion et qui l’use à force de l’observer de son œil inquisiteur.

Le milliardaire n’aspire qu’à se replier sur lui-même et sur ses blessures encore ouvertes. Il voudrait oublier le monde mais ce dernier s’accroche fermement à lui ; les lamentations nocturnes de la ville sont, pour son esprit, acérées comme une pluie de lames.
Et même se noyer dans l’excès n’y change rien. Il ne s’y perd que temporairement et le contrecoup est brutal, le rejet de soi amplifié. L’homme se trouve à un tournant de sa vie difficile à négocier. Et à cet instant crucial toute détermination semble l’avoir abandonné. S’il le pouvait il tendrait les bras à la passivité et laisserait la rancœur le consumer afin de ponctuer la finalité de son combat.

Mais cette reddition totale était impossible à considérer. Bruce n’était pas le seul concerné par ses décisions et cela restait un frein conséquent – Certainement le dernier. Il y avait son majordome, ce presque père, qu’il ne pouvait pas torturer davantage. Mais surtout il y avait Ophelia cette jeune fille – sa fille désormais – qui avait bien trop vécu pour son jeune âge et dont l’avenir dépendait en grande partie de lui.

Ophelia. Il y avait dans le regard de cette enfant quelque chose de poignant ; une lueur à la fois tenace et craintive. Elle semblait intrépide mais ses réactions la trahissaient. Le détective savait lire entre les lignes. Il savait que la carapace de cette jeune fille était une réponse à un passé bien trop lourd, que cette façade dissimulait des cicatrices trop profondes pour être laissées à la vue. Quelque part il se reconnaissait en elle ; lorsque la vie nous isole, nous dérobe nos repères, être fort n’est plus une option. C’est une lutte sans fin qui s’amorce. La sienne s’était tournée contre l’injustice et le poursuivait encore ; une obsession dévorante, presque corrosive. Il ne voulait pas d’une telle perspective pour elle. Il voulait l’aider à se reconstruire autrement et sur des bases plus saines. Cette petite méritait une chance. Mais était-il réellement apte à la lui donner, lui si instable ?

L’héritier de la firme Wayne avait toujours emprunté un chemin solitaire, pourtant Ophelia avait marqué une exception à sa ligne de conduite. Son adoption était une responsabilité de poids et ce revirement était complexe à appréhender avec justesse pour Bruce. L’homme n’avait jamais réellement travaillé sa tendresse, il n’avait jamais tissé autre chose que des liens artificiels. Il devait maintenant trouver un équilibre qu’il n’avait jamais atteint. Et bien qu’il conserve précieusement les souvenirs lui venant de ses propres parents, toutes ces années de lutte n’avaient rien épargné ; ce passé heureux semblait douloureusement lointain, nébuleux. Le milliardaire ne savait pas comment s’y prendre au-delà de la théorie, lorsque l’implication personnelle rentrait en ligne de compte. Il ne voulait pas brusquer Ophelia en tentant d’abaisser ses défenses trop tôt aussi la laisser venir vers lui semblait être la meilleure démarche.

Mais l'industriel avait certainement fait preuve de maladresse. Depuis qu’Ophelia s’était installée au manoir, le malaise de la jeune fille semblait s’intensifier de jour en jour et cette dernière semblait profondément rejeter sa nouvelle vie, Bruce y compris. Le changement était certainement trop brutal ; les habitudes s’intègrent - qu’elles soient bonnes ou mauvaises - et finissent par être rassurantes tant elles en deviennent familières. Aussi le milliardaire voulait lui laisser le temps de trouver ses marques en lui permettant d'articuler leur rapprochement à sa convenance. L'ancien justicier devait également le reconnaître ; lui-même ne savait guère comment amorcer la conversation avec justesse. Son esprit tourmenté l'emmurait régulièrement dans le mutisme. Et leurs interactions se limitaient bien trop souvent à quelques mots échangés.

Seulement, la discussion était maintenant un impératif ; par deux fois Ophelia s’était enfuie. Alfred avait dans un premier temps tenté de couvrir ces fugues mais devant l’ampleur du problème il n’avait pas eu d’autres choix que d’en référer au détective. La réaction de Bruce ne se fit pas attendre, la culpabilité et l’inquiétude l'atteignirent frontalement. Mais la surprise ne se mêla pas réellement à l'équation ; Bruce avait conscience du mal-être de sa fille d'adoption. Il se devait d'intervenir, de comprendre. Il ne pouvait pas laisser la jeune fille se perdre une nouvelle fois dans les rues au gré de son malaise. C’était inacceptable et dieu seul sait ce qu’il pouvait lui arriver. Plus encore maintenant que son image était connue, que tout le monde l’associait au nom de Wayne.

Bruce n’avait pas bougé de son salon depuis de longues minutes. Ses traits étaient contractés en une expression concernée, le regard impénétrable. Il attendait. Le silence était assourdissant ; seul le crépitement des flammes de cheminée ne venait le compromettre. Son majordome avait pris l’initiative d’aller chercher Ophelia dans ses appartements. Et elle n’allait plus tarder. Les bras du détective se croisèrent machinalement, la conversation n’allait certainement pas être facile. Des échos de pas extirpèrent le milliardaire hors de ses pensées et il se retourna vers la porte. Lorsque la jeune fille apparut dans son champ de vision, l'ombre d'un sourire réconfortant se dessina sur ses lèvres.

« Bonjour Ophelia. » Son regard se fit légèrement plus sérieux lorsqu'il poursuivit en l’observant. « Il me semble que nous devons parler. Je suis au courant de tout mais rassure-toi je ne compte pas te blâmer. » Le détective n’emploie volontairement pas le terme ‘fugue’ pour ne pas la confondre car malgré le sérieux de sa voix, là n’était pas sa volonté.  « Je voudrais simplement comprendre ce qui te pousse à fuir ainsi. » Il est sincère son regard peut en témoigner. Mais il est également maladroit. Il amorce un pas vers elle et lui désigne le canapé de la main. « Nous devrions nous asseoir. Tu sais je suis apte à t’écouter. Ensemble nous pouvons remédier à ce problème, j’en suis convaincu. » Son ton ne déborde pas réellement de chaleur puisque sa nature est froide. Mais son implication est pourtant réelle.


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MessageSujet: Re: Se reconstruire ensemble ft Ophelia. Sam 25 Jan - 12:11

Assise sur son lit, O. était pensive. Depuis son arrivée au Manoir Wayne, elle n'était pas heureuse et elle avait rejeté la faute sur Bruce et sa froideur et sur la grandeur de ce lieu, si froid et si sinistre à ses yeux. Mais depuis sa discussion avec Aaron, elle commençait à avoir une autre vision de cette histoire. Peut-être que finalement il n'y avait pas que Bruce en cause, peut-être que son propre comportement n'aidait en rien à arranger les choses ? Etre adoptée était la chose dont elle rêvait le plus et se voir atterrir à 16 ans dans une nouvelle maison, une nouvelle famille était inespéré et inattendu. Se dire que sa nouvelle famille avait les moyens de lui payer un avenir digne de ce nom et qu'elle n'aurait plus à avoir peur de "demain" était franchement quelque chose dont elle n'arrivait pas à se faire à l'idée. Seulement voilà, malgré tous les avantages qu'offraient sa nouvelle vie, Ophelia n'arrivait pas à sourire à la vie. Etait-ce parce qu'elle avait eu peur si longtemps qu'elle ne savait plus sourire ? Non, elle était d'une nature enjouée et naïve et préférait croire en un monde bon, malgré tous ses malheurs. Ophelia était déçue et frustrée, elle qui rêvait d'une belle petite maison chaleureuse et douillette, avec un père et une mère et pourquoi pas un chien - fantasme enfantin qui revient régulièrement chez la jeune fille - se retrouvait dans un grand manoir où elle s'y perdait régulièrement, où se succédaient des pièces aussi froides que mornes, remplies de meubles recouverts de draps comme une armée de fantômes qui viendraient la hanter. Il n'y avait aucune présence féminine au manoir Wayne, Ophelia ne pourrait pas compter sur les avis avisés et les bons conseils d'une mère de substitution, elle pourrait faire une croix sur les câlins qu'elle aurait pu lui octroyer ou les baisers qu'elle aurait pu déposer le soir sur son front, au moment d'aller se coucher. Elle ne connaîtrait jamais la fierté d'une mère, même si ce n'était pas la sienne ou pas complètement. Non à la place elle avait en face d'elle un homme froid et distant, qui se fondait parfaitement dans le décors lugubre de sa demeure. Heureusement qu'Alfred était là pour sauver la mise et la rassurer, même si cela ne suffisait pas. Son père de substitution, à l'heure actuelle, n'était pas Bruce, malgré les papiers qui tendaient à prouver que pourtant il l'était bien légalement, mais bien Alfred.

Cela faisait quelques jours que sa dernière fugue avait eu lieu et aucun signe avant coureur d'une quelconque punition ou remontrance. Ophelia commençait à penser que ses supplications pour qu'Alfred ne dise rien à Bruce avaient fonctionné, même s'il l'avait surprise la nuit dernière a errer dans les couloirs du manoir à 3 heures du matin. Elle avait inventé une histoire de somnambulisme, mais se doutait que le majordome n'avait absolument pas mordu à l'hameçon. Ophelia était une piètre menteuse et tout en elle trahissait le fait qu'elle mentait. Le groupe d'Aaron qui sortait de ses écouteurs la rassurait, elle avait l'impression qu'il était le seul - en dehors d'Elya - à la comprendre. L'entendre jouait avait toujours eu le don de la rassurer mais aujourd'hui plus encore qu'hier. C'était encore extraordinaire pour Ophelia de se dire qu'elle connaissait une rock star, quelqu'un qui était envié de beaucoup, adulé par un grand nombre et qui lui avait fait l'honneur de devenir son ami ... Ils s'étaient certes vu que deux fois, mais il lui avait promis que si un jour elle avait besoin de lui, il lui suffirait de le demander et il viendrait, sans qu'elle est besoin de dramatiser l'histoire ou jouer des pieds et des mains pour attirer son attention. Elle le trouvait toujours aussi beau et aussi fantastique mais l'idée qu'il était plus devenu un frère de coeur qu'un véritable béguin avait fait son bout de chemin depuis leur dernière rencontre et c'était plus ainsi qu'elle appréciait de le voir. Les béguins ça va, ça vient, on les oublie assez rapidement, mais le frère de coeur reste et c'était ce que voulait la jeune fille. Des pas résonnèrent dans le couloir et instinctivement O. sentit son coeur se serrer avant de battre plus fort. Elle avait l'impression que c'était le jugement dernier alors que ce n'était peut-être rien. Alfred frappa à sa porte puis entra, O. tourna son visage vers lui et arrêta sa musique. " Maître Bruce aimerait vous voir dans le salon !" Ophelia envie de s'enfuir en courant, pourtant elle ne le pouvait pas, bien malheureusement pour elle et puis de toute façon pour aller où ? Elle suivit docilement Alfred jusqu'en bas de les escaliers et le regarda regagner la cuisine.

Le salon était ouvert et une vague de chaleur s'en échappa. Les flammes de l'Enfer ? Non juste un feu agréable qui y crépiter, rien de plus. A son entrée, Bruce esquissa un sourire qui se voulait rassurant, mais cela ne l'aidait en rien. « Bonjour Ophelia. » La jeune fille ne brillait pas en cet instant et après une légère hésitation, entra dans le salon Bonjour Elle avait la sensation d'affronter le jugement dernier alors que Bruce voulait peut-être que parler, simplement, même si elle en doutait fortement. « Il me semble que nous devons parler. Je suis au courant de tout mais rassure-toi je ne compte pas te blâmer. » "Hé merde" voilà la première pensée d'O. Alfred l'avait balancé, il n'avait pas été cool sur ce coup là Ah bon ?! Alors pourquoi je suis là alors ? Oui parce qu'il était évident pour la jeune fille que si on voulait la voir, c'était forcément pour l'engueuler, elle ne voyait pas ce qu'il voulait lui dire et elle n'avait rien à lui dire en tout cas pas pour le moment. Elle était en mode défensif et n'était pas franchement prête à baisser les armes tout de suite. « Je voudrais simplement comprendre ce qui te pousse à fuir ainsi. » Un regard courroucé vers Bruce, avant de se fermer comme une huitre. Non définitivement elle n'était pas prête à la discussion et encore moins à la confrontation imminente. Pourquoi ? Qu'est ça changera de toute façon ? Pauvre Bruce qui tentait de faire des efforts pour entamer la discussion, voilà que sa jeune disciple n'était pas prête à capituler tout de suite. Etre père n'était pas de tout repos et surtout pas avec une jeune sauvageonne qui n'accepte ni la critique, ni les reproches et qui a toujours vécu selon ses propres lois. « Nous devrions nous asseoir. Tu sais je suis apte à t’écouter. Ensemble nous pouvons remédier à ce problème, j’en suis convaincu. » Il l'invita à s'assoir et pendant un instant la jeune fille fixa le canapé puis Bruce. Après une hésitation, elle finit par capituler pour la première fois de la discussion et daigna s'installer sur le canapé qu'il venait de lui désigner. Elle n'était pas à l'aise, il était encore un parfait inconnu à ses yeux et elle n'était ni prête à le considérer comme son père, ni prête à le laisser diriger sa vie. Y'a pas de problème, j'avais juste besoin de prendre un peu l'air, c'pas un crime à ce que je sache .... J'peux y aller ? Demanda-t-elle plein d'espoir ... vain bien entendu !

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MessageSujet: Re: Se reconstruire ensemble ft Ophelia. Sam 8 Fév - 1:04

Se reconstruire ensemble.

Bruce se sentait désarmé. Le milliardaire était en effet devant un lourd conflit interne. Il voulait sincèrement apporter à Ophelia ce que la vie lui avait refusé ; une famille et la chance d’un avenir stable. Mais c’était précisément ce qu’il était incapable de fournir à quiconque. Il n’avait jamais connu le moindre équilibre durable.

Et aujourd’hui il n’était qu’un homme brisé à la lisière de la rupture. Une enfant ne devrait pas se reposer sur de telles bases. La jeune fille méritait mieux. Elle méritait que ses rêves deviennent enfin une réalité. L’industriel avait – douloureusement – conscience qu’il n’avait pas l’étoffe d’un père. Et il admirait davantage encore le sien qui, malgré les années passées, marquait son esprit d’un réconfort indélébile. Thomas Wayne est un modèle qu’il n’atteindra jamais. Il se sentait bien petit devant un tel héritage. Ses souvenirs étaient encore imprégnés de son éthique et de ses valeurs. Mais aussi de ses sourires et de sa tendresse.  Seulement ce bonheur-ci était bien plus flou. Bien plus étranger ; l’homme s’était construit sur des bases infiniment plus froides.

Son père était un médecin dévoué à sa cause mais n’ayant pourtant jamais oublié sa famille derrière son rôle. Le milliardaire se savait incapable d’en faire autant. Lorsqu’il endossait encore le costume il faisait corps avec ce dernier jusqu’à sacrifier Bruce Wayne et son entourage potentiel. Aussi il ne se liait pas dans l’idée de pleinement s’offrir à Gotham, sans déposséder quiconque. Son besoin de justice était viscéral, si loin de toute raison. Si loin de l’exemple paternel.  Définitivement il n’avait rien d’un père. Et il n’en avait jamais été un.

Alfred avait toujours incarné une figure paternelle. Evidemment il y avait dans leur relation une certaine réserve, teintée d’un respect mutuel. Ils avaient des rôles à conserver ;  Bruce n’avait jamais été chaleureux. Et il ne s’accordait pas réellement le privilège d’être soutenu, se condamnant à une solitude consentie. Malgré tout, le majordome était un pilier dans la vie du milliardaire. C’était indiscutable. Aussi il ne fut pas étonné de voir Alfred se rapprocher d’Ophelia comme lui l’aurait dû.
Il savait toutefois que sa bonne volonté n’était qu’un baume temporaire, qu’un palliatif faute de mieux. Il lui en était reconnaissant, tout en se maudissant lui-même en parallèle. Il ne devrait pas tant se reposer sur lui. Il lui en demandait bien trop.
L’homme craignait surtout de blesser les espoirs de sa fille d’adoption. Il savait que ces plaies-là ne cicatriseraient pas facilement. Pourtant il empruntait ce chemin. La jeune fille avait certainement imaginé de nombreuses fois son adoption dans une famille unie et aimante. L’espoir toujours ; seul rempart pour ne pas céder quand tout nous est retiré. Aussi il comprenait parfaitement son rejet. N’était-il pas en train d’aggraver les choses en lui causant la désillusion de trop ? Il craignait de ne pas être à la hauteur.  Personne n’avait jamais rien espéré de l’homme qu’il était. Les gens ne misaient que sur le symbole du Batman. Un symbole qui – encore une fois –n’existait plus. A cette pensée le visage de Bruce se ferma imperceptiblement. L’heure n’était pas à ces pensées. Non. Il ne pouvait certainement pas s’ouvrir à Ophelia dans ces conditions.

D’ailleurs la discussion n’allait pas être simple. Bruce n’était pas aveugle. Il avait senti l’hésitation de la jeune fille à la simple idée de pénétrer dans la pièce. Redoutait-elle à ce point la confrontation ? Elle semblait acculée, forcée, prête à fuir à chaque instant. En montrant les griffes s’il le fallait. Le milliardaire associait toutefois la froideur d’Ophelia à un mécanisme de défense légitime. Aussi son visage ne se ferma pas ; le regard qu’il déposait sur elle se voulait serein et plein de considération. Il prenait en compte ce qu’elle vivait, ce qu’elle disait, il voulait en témoigner. Il était incertain mais son attitude n’en montrait rien. Il savait donner le change et il lui devait d’assumer son rôle autant que possible.

Lorsque la jeune fille lui répond, le milliardaire capte toute sa colère. Mais il ne la pense pas foncièrement dirigée vers lui. C’est certainement le sentiment d’emprisonnement qui la faisait agir ainsi. C’est une fois encore très compréhensible ; elle devait avoir peur que sa vie ne lui appartienne plus comme avant. Elle devait également redouter d’être confrontée à une piètre incarnation de ses espoirs. Et en retour la rancœur n’effleure pas l’homme une traitre seconde. Il répond à son regard courroucé par une expression calme. Bruce réalise qu’il allait falloir du temps. Et qu’il ne devait pas forcer l’accès à sa confiance.

A la façon dont Ophelia rejette aussi sec le dialogue, il comprend qu’insister ne pourrait que davantage la faire se fermer. Elle prendrait certainement cette tentative pour une agression supplémentaire ; être ici contre son grès la poussait déjà vers la défensive, inutile d’enfoncer le clou. D’une certaine façon Bruce se surprenait. Alors qu’il ne cherchait que la solitude et qu’il ne voulait plus se soucier du monde extérieur, son intention de comprendre Ophelia était pourtant sincère. Ce n’était pas sa morale qui dictait ses actes. Non, c’était bien plus personnel. Cette enfant lui était semblable en trop de points pour qu’il puisse fermer les yeux. Et une fois encore, même ses blessures n’étaient pas assez douloureuses pour lui faire oublier la responsabilité qu’il entretenait à son égard.

L’Homme ne cède pourtant pas lorsque la jeune fille le regarde, hésitante. Son attitude n’a rien d’impérieuse mais elle est résolue. Il devait également montrer que sa présence n’était pas une illusion, qu’il n’était pas désintéressé. Pas comme les journaux  à scandale pouvaient le dire ; cette adoption avait fait couler bien trop d’encre.

Finalement Ophelia avait accepté de s’asseoir. Et Bruce l’imita en occupant l’autre moitié du canapé. Son regard se perd une fraction de seconde vers les flammes dansant dans la cheminée, seule source de chaleur ; définitivement cette situation n’était pas aussi confortable qu’il le voudrait. Reportant son attention vers son interlocutrice il lui accorde l’ombre d’un sourire pour tenter d’apaiser la tension. Cette attitude n’est pas naturelle venant de lui. Mais l’effort, lui, l’est.  « Y'a pas de problème, j'avais juste besoin de prendre un peu l'air, c'pas un crime à ce que je sache .... J'peux y aller ? » Le milliardaire l’observe un instant en silence. Ses bras se croisent machinalement. Pourtant son visage ne se ferme toujours pas, au contraire. Ses traits affichent une expression bien plus concernée qu’autoritaire. Lorsque sa voix répond, cette dernière n’a rien d’agressive.  « Bien sûr que tu peux y aller Ophelia. »  Sa réponse est d’un naturel désarmant ; c’était bien le but. Il voulait désamorcer ses appréhensions. Ne pas lui imposer sa volonté. « Tu n’es pas ma prisonnière. D’ailleurs tu es totalement libre de prendre l’air quand tu le veux. Je te demanderais simplement de ne pas sortir tard sans prévenir. Uniquement pour ta sécurité. » L’expression du milliardaire se fait légèrement plus sérieuse. Il prévoyait déjà la réponse de sa fille d’adoption. Aussi, il ajoute aussitôt « Je ne doute pas de toi. Mais le nom Wayne n’est pas toujours facile à porter. » Il insinuait – non sans que son regard se voile légèrement – que cela pouvait attirer les plus sombres convoitises. Surtout quand la presse s’en mêlait.  Bruce n’était évidemment pas dupe. Il savait parfaitement qu’il y avait bien un problème entre eux. Mais une fois encore il ne devait pas la forcer à s’exprimer. Aussi d’un geste de la main il désigne la porte encore ouverte. « Maintenant que ce point est clarifié. Comme je disais, je ne te force pas à rester. Mais j’aimerais simplement que nous parlions un peu tous les deux. » Sa main retombe, il s’adosse davantage au fauteuil feignant d’être à l’aise. « Pas forcément de ce qui fâche. Mais pourquoi pas de toi ? Nous n’allons pas rester de parfaits étrangers éternellement. » Il marque une pause. Ce genre d’interactions n’étaient absolument pas son fort. Il esquisse pourtant un bref sourire, se voulant aussi convainquant que possible. «  D’ailleurs, est-ce que ta chambre te convient ? » Une question faussement banale pour mettre en confiance ; Bruce pensait que la réponse de la jeune fille trahirait certainement les raisons de son inconfort au manoir. Peut-être que la question l’irriterait ? L’ancien détective sondait le terrain, il fallait l’avouer.



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MessageSujet: Re: Se reconstruire ensemble ft Ophelia. Sam 15 Fév - 11:25

O. avait envie de s’enfuir, d’être loin d’ici. Bruce pourtant ne lui avait rien fait de particulier, mais elle n’arrivait pas à être à l’aise avec lui ou pas pour le moment en tout cas. Elle ne savait pas à quoi s’attendre avec lui, alors elle restait sur la défensive. Etait-il du genre colérique ? Violent ? Autoritaire ? Impérieux ? Froid ? Despotique ? Raisonnable ? Patient ? Sympathique ? Elle ignorait dans quelle case le mettre, elle le savait froid et distant, mais en même temps il faisait tout pour tenter de la mettre à l’aise, grâce à Alfred qui avait – il fallait bien l’avouer – plus de tact que son maitre. Ne sachant pas quoi dire ou quoi faire, elle resta droite comme un i et distante, se protégeant tant bien que mal. Elle était prête à parer à toute attaque, toute remontrance, tout reproche, pourtant rien ne vint, bien au contraire, Bruce se montra très patient et très ouvert, lui offrant la possibilité de s’enfuir si elle le voulait.

« Tu n’es pas ma prisonnière. D’ailleurs tu es totalement libre de prendre l’air quand tu le veux. Je te demanderais simplement de ne pas sortir tard sans prévenir. Uniquement pour ta sécurité. »

La jeune fille resta sans voix, n’en croyant pas ses oreilles. Il lui laissait l’opportunité de s’en aller, il fallait qu’elle en profite, pourtant elle n’y parvint pas, trop abasourdie pour réaliser ce qu’il venait de se passer. Il lui expliqua qu’elle avait tout à fait le droit de sortir, mais pas s’en prévenir et pas trop tard. Aurait-elle le droit à un couvre-feu ? Souvent entendu parler, jamais vu appliquer. Elle ouvrit la bouche une fois, sans pouvoir sortir un seul son, elle la referma donc presque aussitôt. Il prétendit que le nom Wayne n’était pas toujours facile à porter et je ne pouvais qu’être d’accord avec lui, même si cela ne faisait pas trop longtemps qu’elle était officiellement la fille adoptive de Bruce, elle avait déjà vu beaucoup d’encre couler à son sujet. Tout le monde voulait savoir qui elle était, pourquoi il avait soudainement décidé d’adopter une enfant et pourquoi avoir choisi une ado de 16 ans ? Beaucoup parlé de choses peu catholique, mais O. n’avait pas envie de les écouter, Bruce n’avait jamais eu de geste déplacé à son encontre, il n’y avait aucune raison de penser que cela changerait.

De toute façon c’est pas comme s’il fallait 2h à pied pour rejoindre la ville … C’pas franchement pratique.

Evidemment il ne fallait pas autant de temps pour rejoindre la ville, l’exagération ne servait qu’à démontrer que ses tentatives l’avaient déjà un peu dégoûtée de sortir « prendre l’air ». Elle qui avait l’habitude de sortir quand elle le voulait, se trouvait un peu prisonnière dans ce manoir si loin du centre de la ville. Si au moins elle avait le permis, elle pourrait au moins s’y rendre plus rapidement et éviter de passer dans des quartiers qui craignaient la nuit. C’était un sujet qu’elle devrait aborder avec Bruce, mais pas maintenant, lui demander cette faveur la mettrait en position d’infériorité, elle allait se sentir dans l’obligation de lui obéir, d’être gentille juste pour obtenir le droit de passer son permis et il en était hors de question pour la jeune fille. Il voulait parler, de tout, d’elle, de choses qui ne fâchent pas. Il lui demanda si sa chambre lui convenait et O. ne sut pas quoi répondre. Elle observa la porte un instant, avant de baisser le regard. Elle pourrait s’en aller, là maintenant, mais la conversation avec Aaron avait fait son bout de chemin et elle se trouverait injuste de s’en aller maintenant alors que Bruce tentait de faire des efforts. Il avait l’air d’être à l’aise mais elle ne l’était pas. Elle était encore perdue, déboussolée, à ne plus savoir qui elle était vraiment et ce qu’elle voulait dans la vie.

Oui … elle est bien plus grande que celle que j’avais à l’orphelinat … mais … j’aimerais bien des tapis, ça fait plus chaleureux et c’est agréable.

Oui O. aimait bien les tapis, de toutes formes et toutes couleurs. Elle avait envie de personnaliser un peu sa chambre, histoire qu’elle tente de se sentir chez elle ici, même si ce n’était pas encore gagné. Elle releva les jambes et posa ses pieds nus sur le canapé, recroquevillée sur elle-même. Elle voulait bien faire des efforts, mais elle ne se sentait pas encore bien à l’aise pour le moment. Elle ne savait pas trop quoi lui dire, alors elle ne disait rien. Elle observa ses mains, le feu, ses jambes, repensa à sa vie d’avant et à celle qui s’ouvrait maintenant. Il voulait qu’elle parle d’elle, qu’elle s’ouvre un peu à lui. Il voulait la connaitre mais elle ne savait si elle avait envie qu’il la connaisse. Cela dit ça pouvait très bien fonctionner dans les deux sens, elle se sentait prête à répondre à ses questions s’il consentait à faire de même.

J’ai pas grand-chose à dire … mais j’veux bien faire un effort si vous répondez à mes questions, histoire que je ne me sente pas la seule à me dévoiler ! Elle l’observa un instant, silencieuse, le jaugeant du regard. Personne ne pouvait vraiment dire qui était Bruce Wayne. Certains prétendaient qu’il n’était qu’un gosse de riche qui aimait dépenser sa fortune, mais depuis qu’elle était ici, elle avait l’impression de vivre avec une toute autre personne que ce qu’on racontait sur lui. Qu’est-ce que vous voulez savoir ? L’interrogea-t-elle avant de penser à sa propre question. Comment vous avez connu mes parents ?

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MessageSujet: Re: Se reconstruire ensemble ft Ophelia.

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